
L'Assemblée de la CPI vote à 82-13-15 la destitution du procureur Karim Khan pour accusations d'inconduite sexuelle
L'organe de contrôle de la Cour pénale internationale a voté massivement vendredi en faveur de la destitution du procureur en chef Karim Khan pour des allégations d'inconduite sexuelle, une première dans l'histoire du tribunal. Khan, qui nie les faits, affirme être puni pour avoir demandé des mandats d'arrêt contre des dirigeants israéliens.
Le vote
L'Assemblée des États parties de la Cour pénale internationale a destitué le procureur en chef Karim Khan vendredi 24 juillet 2026, lors d'une séance à huis clos au siège des Nations unies à New York. Le vote a été de 82 voix pour, 13 contre et 15 abstentions, bien au-dessus de la majorité absolue de 63 requise par le Statut de Rome. La présidente de l'Assemblée, Päivi Kaukoranta, diplomate finlandaise, a annoncé le résultat, déclarant que Khan avait commis une « violation grave » de ses devoirs.
Je suis convaincue de pouvoir compter sur votre coopération afin que nous puissions gérer cette affaire dans le respect de la vie privée de l'individu et de la Cour en tant qu'institution.
La réunion a débuté à 10 heures, heure locale, par une brève séance plénière publique avant de se dérouler à huis clos. Un comité de vérification des pouvoirs a été nommé, composé du Belize, de Chypre, de la France, de l'Allemagne, du Ghana, du Sénégal, de la Slovaquie, de la Slovénie et de l'Ukraine. Les Pays-Bas, État hôte de la Cour, avaient indiqué qu'ils voteraient en faveur de la destitution de Khan, car le procureur doit être une personne d'une « haute intégrité morale ».
Les allégations
Khan, un avocat britannique de 56 ans d'origine pakistanaise, entré en fonction en 2021 avec un mandat de neuf ans, a été accusé par une ancienne collègue féminine de contacts sexuels non consentis entre mars 2023 et avril 2024. Les faits présumés se seraient produits lors de voyages officiels et dans des locaux liés au Bureau du procureur. Le Bureau des services de contrôle interne de l'ONU a ouvert une enquête, et Khan s'est temporairement retiré en mai 2025. En juin 2026, le Bureau de l'Assemblée, l'organe exécutif de 21 membres de la Cour, a recommandé sa destitution et l'a suspendu en attendant le vote final.
Khan a constamment nié tout comportement pouvant être qualifié d'« inapproprié, non désiré ou abusif ». Son équipe juridique a fait valoir que les rapports à l'origine de l'enquête, qui n'ont pas été rendus publics, ne soutenaient pas une conclusion de faute.
La décision n'est étayée par aucune conclusion juridique ni constatation dûment motivée.
Contexte politique et défense de Khan
Khan soutient que la procédure disciplinaire est une campagne pour l'évincer après qu'il a demandé des mandats d'arrêt en mai 2024 contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense de l'époque, Yoav Gallant, pour la guerre à Gaza. La Cour a également émis des mandats contre de hauts responsables du Hamas, qui ont ensuite été tués. En février 2025, les États-Unis ont imposé des sanctions à Khan, gelant ses avoirs et lui interdisant l'entrée sur leur territoire, en représailles aux mandats.
Le procureur de cette cour a été destitué par un vote exécutif alors qu'il était sous sanctions et sous une pression politique immense.
Khan a déclaré que la procédure violait ses droits fondamentaux et a annoncé qu'il contesterait la décision par « toutes les voies légales disponibles ».
## Réactions
Les responsables israéliens ont salué la destitution. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar a qualifié Khan de « corrompu », tandis que l'ambassadeur auprès de l'ONU, Danny Danon, a posté sur X que la « chasse aux sorcières politique contre Israël » du procureur avait échoué.
Le procureur pensait que sa chasse aux sorcières politique contre Israël et ses mandats d'arrêt scandaleux détourneraient l'attention des graves accusations d'inconduite sexuelle, mais il avait tort.
Les membres de l'Union européenne, l'Espagne, la France et l'Allemagne, figuraient parmi les États ayant participé au vote. La décision est sans précédent pour le tribunal, chargé de poursuivre les génocides, les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le crime d'agression.
La suite
L'équipe juridique de Khan s'est réservé tous les droits et entend contester la légalité et l'équité de la destitution. Aucun successeur immédiat n'a été nommé. La Cour, basée à La Haye, doit désormais sélectionner un nouveau procureur tout en gérant les enquêtes en cours, y compris les dossiers politiquement sensibles impliquant les dirigeants israéliens et du Hamas.
- Une ancienne collègue féminine dépose une plainte alléguant des contacts sexuels non consentis entre mars 2023 et avril 2024.
- Khan demande des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant pour la guerre à Gaza.
- Les États-Unis imposent des sanctions à Khan, gelant ses avoirs et lui interdisant l'entrée sur leur territoire, en représailles aux mandats.
- Khan se retire temporairement de ses fonctions de procureur pendant que le Bureau des services de contrôle interne de l'ONU enquête.
- Le Bureau de l'Assemblée des États parties recommande la destitution et suspend Khan.
- L'Assemblée vote à 82-13-15 la destitution de Khan, dépassant la majorité absolue requise de 63 voix.


