
Les États-Unis et la Syrie accusent Israël de huit frappes aériennes sur la base aérienne d'Abou Douhour à Idleb
Les médias d'État syriens et l'envoyé américain Tom Barrack ont rapporté que des avions israéliens ont mené huit frappes contre l'aéroport militaire d'Abou Douhour dans la province d'Idleb tôt mardi, touchant la piste sans faire de victimes.
Frappes matinales à Idleb
Huit frappes aériennes ont touché l'aéroport militaire d'Abou Douhour dans l'est de la province d'Idleb tôt mardi matin. La télévision d'État syrienne a cité une source militaire non identifiée indiquant que des avions israéliens ont visé la piste et les installations de stockage de la base. Le bombardement a causé des destructions matérielles aux infrastructures de l'aérodrome sans faire de victimes signalées parmi le personnel. Une source sécuritaire syrienne a confirmé que l'installation militaire était hors service et protégée par du personnel du ministère syrien de la Défense. Ni l'armée israélienne ni les responsables du gouvernement turc n'ont publié de déclaration publique immédiate après les frappes matinales.
Réactions diplomatiques à Damas et Washington
Le ministère syrien des Affaires étrangères a condamné la frappe comme un acte d'agression injustifié et a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à s'opposer aux violations de la souveraineté syrienne. À Washington, l'envoyé spécial présidentiel américain pour la Syrie et l'Irak, Tom Barrack, a confirmé que des avions israéliens avaient mené le raid sur la base. Barrack, qui est également ambassadeur des États-Unis en Turquie, a déclaré que les États-Unis étaient profondément préoccupés par l'action militaire et a exhorté les acteurs régionaux à privilégier un discours logique plutôt qu'une escalade militaire.
Les États-Unis sont profondément préoccupés par les frappes aériennes israéliennes confirmées contre la base aérienne d'Abou Douhour, une escalade inutile qui ne contribue pas à la stabilité régionale.
Historique de la base et réhabilitation turque
L'installation d'Abou Douhour est hors service depuis 2012 en raison des destructions subies pendant la guerre civile syrienne. Des factions armées de l'opposition ont capturé l'installation en 2015, avant que les forces fidèles à l'ancien président Bachar al-Assad ne reprennent le territoire fin 2018. Les nouvelles autorités syriennes ont pris le contrôle de la base après l'effondrement du régime Assad en décembre 2024. L'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé au Royaume-Uni, a déclaré que les combattants étrangers qui séjournaient auparavant à la base avaient récemment reçu l'ordre de partir. Le groupe de surveillance a ajouté qu'une délégation militaire turque avait inspecté le site ces derniers jours dans le cadre d'un projet actif d'Ankara visant à réparer et à réactiver l'aérodrome.
- La base aérienne est mise hors service en raison de lourds dégâts pendant la guerre civile
- Les forces de l'opposition prennent le contrôle de la base aérienne des troupes gouvernementales
- Les forces fidèles à Bachar al-Assad reprennent l'installation
- Les nouvelles autorités syriennes prennent le contrôle après la chute du gouvernement Assad
- Huit frappes aériennes touchent la piste et les infrastructures de la base aérienne
Contexte des opérations israéliennes en Syrie
Les frappes de mardi représentent la première attaque contre la base aérienne d'Abou Douhour depuis la chute du gouvernement Assad en décembre 2024. Israël a mené des centaines de frappes aériennes en Syrie au cours des vingt mois suivants, cherchant à détruire les actifs militaires syriens et à empêcher les nouvelles autorités de restaurer leur capacité aérienne. Les actions précédentes comprenaient une frappe de drone dans une banlieue sud de Damas qui a tué huit soldats. Israël a également déployé des troupes au sol dans la zone tampon des Nations unies sur le plateau du Golan pour imposer une zone de sécurité. Bien que les autorités de Damas aient affirmé ne pas chercher un conflit avec Israël, les tensions entre Israël et la Turquie au sujet de la Syrie ont augmenté depuis fin 2024. En outre, la Syrie est désormais membre de la coalition internationale dirigée par les États-Unis contre l'État islamique.


