
Israël bombarde le Liban après la trêve américano-iranienne, rejetant les conditions du cessez-le-feu et tendant ses relations avec Washington
Les forces israéliennes ont lancé plus de 130 projectiles sur le sud du Liban quelques heures après l'annonce du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, tuant au moins une personne et provoquant de vives critiques de la part de Donald Trump, qui a accusé Benjamin Netanyahu de mettre en péril l'accord.
Un accord fragile
Un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran, négocié par le Pakistan, a été annoncé le dimanche 14 juin, avec une cérémonie de ratification officielle prévue vendredi à Genève. Le texte appelle à un cessez-le-feu immédiat sur tous les fronts, y compris au Liban, au déblocage du détroit d'Ormuz et à une négociation de soixante jours sur le programme nucléaire iranien et l'allègement des sanctions. Donald Trump a confirmé l'accord dans une publication sur les réseaux sociaux, le qualifiant de "début d'une paix longue et belle".
Le défi immédiat d'Israël
Quelques heures plus tard, les forces israéliennes ont frappé la banlieue de Dahieh à Beyrouth, tuant trois personnes et en blessant quinze, selon l'Agence nationale de presse libanaise. Lundi, un drone a touché un véhicule près de Kafr Tebnet dans le sud, tuant son conducteur. La mission de l'ONU au Liban (FINUL) a enregistré 133 projectiles et deux frappes aériennes attribuées aux Forces de défense israéliennes entre minuit et 16h00 heure locale, sans aucun tir de projectile par le Hezbollah. Le ministre israélien de la Sécurité, Itamar Ben-Gvir, a déclaré : "L'accord de Trump ne nous lie pas. Nous ne sommes pas partie à cet accord."
Nous ne devons accepter rien de moins que le démantèlement du Hezbollah. Nous ne nous retirerons pas d'un seul centimètre des territoires conquis par nos soldats.
La réaction de Washington
Un haut responsable de l'administration Trump, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a déclaré lundi aux journalistes qu'un retrait israélien du Liban "n'est pas une condition de l'accord". Ce responsable a présenté l'accord comme un cessez-le-feu bilatéral : si le Hezbollah attaque Israël, "Israël aura le droit de se défendre et de répondre". Cette position contredit l'insistance de l'Iran, et la compréhension du Pakistan, selon laquelle le front libanais était couvert. Donald Trump lui-même a exprimé sa frustration après le raid de Beyrouth dimanche, écrivant sur Truth Social que l'attaque "n'aurait pas dû se produire" et qu'Israël doit s'abstenir de toute nouvelle frappe.
Israël a le droit de se défendre contre les menaces, mais l'attaque à laquelle il répondait était de peu d'importance et sans conséquence ; personne n'a été blessé ou tué, et cela ne devrait pas perturber ce processus vital.
Les calculs de Netanyahu
Le Premier ministre Netanyahu, confronté à des élections dans quatre mois et devancé dans les sondages par l'ancien chef de l'armée Gadi Eisenkot, a laissé entendre que les troupes israéliennes resteraient dans les zones occupées de Gaza, de Syrie et du Liban "aussi longtemps que nécessaire". Son ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a qualifié l'accord de "mauvais pour Israël et pour tout le monde libre", tandis que les figures de l'opposition ont réagi vivement. Gadi Eisenkot l'a qualifié de "résultat déprimant d'un gouvernement en échec", et Naftali Bennet a mis en garde contre "un tournant dangereux pour la sécurité d'Israël". La rupture personnelle entre Trump et Netanyahu s'est accentuée, le président américain ayant, selon certaines informations, qualifié le dirigeant israélien d'"homme sans jugement" et de "foutu fou", affirmant que sans lui, Netanyahu serait en prison.
La suite des événements
Israel Katz, le ministre israélien de la Défense, a confirmé lundi que l'armée ne quitterait pas ses positions dans le sud du Liban. Le Hezbollah a déclaré qu'il continuerait à tirer tant que les soldats israéliens resteraient sur le sol libanais. Les conseillers de Trump insistent sur le fait que la fenêtre de négociation de soixante jours peut absorber les turbulences, mais les vingt-quatre premières heures ont mis en évidence le fossé entre le texte de l'accord et la réalité sur le terrain.
- Les États-Unis et l'Iran annoncent un protocole d'accord de cessez-le-feu, négocié par le Pakistan.
- Une frappe aérienne israélienne touche Dahieh, dans la banlieue de Beyrouth ; trois morts, quinze blessés. Trump avertit que l'attaque a failli faire échouer l'accord.
- La mission de l'ONU enregistre 133 projectiles et deux frappes aériennes d'Israël vers le sud du Liban. Aucun tir du Hezbollah n'est signalé.
- Une frappe de drone israélien tue un conducteur à Kafr Tebnet, dans le sud du Liban. Netanyahu déclare que les troupes resteront "aussi longtemps que nécessaire".
- Cérémonie de ratification officielle prévue à Genève.


