
Israël ouvre une enquête criminelle sur la mort de Hind Rajab, cinq ans, à Gaza en 2024
L'armée israélienne a ordonné une enquête criminelle après avoir admis que ses forces avaient tiré sur une voiture familiale transportant Hind Rajab, cinq ans, et bombardé une ambulance arrivée sur les lieux à Gaza en janvier 2024.
L'armée admet les tirs et ouvre une enquête criminelle
Plus de deux ans et demi après l'incident, l'armée israélienne a annoncé le 19 août 2026 qu'elle avait ouvert une enquête criminelle sur la mort de Hind Rajab, cinq ans, de six membres de sa famille et de deux secouristes. L'armée avait précédemment nié avoir des troupes stationnées dans le quartier de Tel al-Hawa à Gaza le 29 janvier 2024, lorsque la voiture familiale a essuyé des tirs. Après un examen interne, des responsables militaires ont reconnu que des soldats israéliens avaient tiré sur le véhicule parce qu'il roulait en sens inverse des consignes d'évacuation données aux habitants. L'enquête, menée par la division d'enquête criminelle de la police militaire, porte également sur le bombardement d'une ambulance du Croissant-Rouge palestinien envoyée pour secourir l'enfant. Des responsables militaires ont déclaré qu'un obus avait touché le véhicule de secours à son arrivée, tuant les deux ambulanciers à bord malgré une coordination préalable.
L'appel d'urgence depuis Tel al-Hawa
L'incident a commencé le 29 janvier 2024 alors que Hind et six membres de sa famille tentaient de fuir le nord de Gaza dans une Kia Picanto noire. Des tirs de soldats israéliens ont tué cinq occupants sur le coup, laissant Hind et sa cousine Layan Hamada, 15 ans, blessées et piégées dans le véhicule. Layan a composé le numéro des urgences du Croissant-Rouge palestinien, signalant que des chars israéliens avaient encerclé leur voiture avant qu'une deuxième salve ne la tue en plein appel. La standardiste Rana Faqih est restée en ligne avec Hind pendant environ trois heures, mettant en relation l'enfant avec sa mère Wissam et récitant des versets du Coran avec elle.
La voix de Hind continuera de résonner jusqu'à ce que justice soit faite.
La communication a été coupée après que Hind a annoncé avoir vu le véhicule de secours approcher au loin, suivie d'une explosion.
Enquêtes indépendantes et reconnaissance à Venise
Douze jours se sont écoulés avant que les équipes médicales ne puissent accéder au site après le retrait des forces israéliennes du quartier, découvrant les corps en décomposition dans l'épave. Une reconstitution menée par Forensic Architecture, Earshot et Al Jazeera a documenté 335 impacts de balles sur le véhicule et déterminé qu'un char israélien avait tiré depuis une distance de 13 à 23 mètres. Les enregistrements audio de l'appel d'urgence ont ensuite constitué la pièce maîtresse du docufiction « La voix de Hind Rajab », réalisé par la cinéaste tunisienne Kaouther Ben Hania. Le film a remporté le Lion d'argent à la Mostra de Venise et a reçu une nomination aux Oscars.
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- L'armée israélienne ouvre des enquêtes criminelles sur les tirs de 2024 à Tel al-Hawa et l'incident de 2025
Portée des enquêtes militaires et examen juridique
L'annonce a coïncidé avec la publication des conclusions d'un examen militaire portant sur quatre autres opérations dans la bande de Gaza. L'armée israélienne a ouvert une deuxième enquête criminelle sur une opération menée en mars 2025 qui a tué 15 Palestiniens, dont des secouristes, des humanitaires et un employé des Nations unies. Dans ce cas, le procureur militaire a estimé que les troupes avaient tiré lors de trois épisodes distincts sur des véhicules d'urgence au cours d'une embuscade, même si un colonel a reçu un blâme formel et qu'un commandant adjoint de bataillon a été relevé de ses fonctions. La grand-mère de Hind a publiquement rejeté l'enquête interne israélienne, appelant les tribunaux internationaux à se saisir de l'affaire, tandis que des organisations de défense des droits humains ont observé que les enquêtes militaires israéliennes aboutissent rarement à des condamnations pénales.


