Des procureurs polonais demandent l'internement psychiatrique d'une femme ayant avoué le meurtre de son mari
Le parquet de district de Mińsk Mazowiecki a demandé l'abandon des poursuites pénales contre Elżbieta P. et sollicité son placement obligatoire en hôpital psychiatrique.
L'enquête à Mrozy
Le 4 décembre 2025, Dariusz P., 51 ans, propriétaire d'une station-service locale, a été retrouvé assassiné à son domicile dans la ville de Mrozy, dans la région de Mazovie. Les forces de l'ordre ont interpellé son épouse, Elżbieta P., le 5 décembre 2025 et lui ont formellement notifié des chefs d'homicide. Au cours de trois interrogatoires distincts en qualité de suspecte, elle a reconnu avoir tué son mari, tout en exerçant son droit de refuser de fournir des explications détaillées. La fille du couple, âgée de 17 ans, se trouvait à l'intérieur du domicile familial au moment de l'homicide, les enquêteurs ayant toutefois relevé que l'adolescente n'a pas entendu l'agression.
Expertise psychiatrique et irresponsabilité pénale
Les enquêteurs ayant relevé des questions sur son état mental lors de la phase initiale de la procédure, le parquet a ordonné une expertise psychiatrique et psychologique formelle. Elżbieta P. a été placée en observation dans un établissement médical spécialisé afin que les experts puissent évaluer son état au moment des faits. Les médecins légistes ont conclu qu'elle souffrait d'une maladie mentale ayant totalement aboli sa capacité à comprendre la portée de ses actes ou à diriger sa conduite. En droit pénal polonais, un constat d'irresponsabilité pénale totale exclut la culpabilité pénale ordinaire et empêche l'affaire d'être portée devant un tribunal.
Au cours de la procédure préparatoire, en raison de doutes justifiés quant à la santé mentale de la suspecte Elżbieta P., il a été décidé de solliciter l'avis de psychiatres et d'un psychologue experts. Elle a été placée en observation hospitalière. À l'issue de celle-ci, les psychiatres et le psychologue experts ont diagnostiqué chez elle une maladie mentale. Selon l'avis des experts, au moment de la commission des faits reprochés, la suspecte présentait une capacité abolie de comprendre la signification de ces faits et de diriger sa conduite.
Requête de placement en milieu fermé
Le 30 septembre 2026, le parquet de district de Mińsk Mazowiecki a formellement saisi le tribunal régional de Siedlce d'une requête tendant à l'arrêt des poursuites pénales contre Elżbieta P. La conclusion selon laquelle elle ne peut être jugée n'entraîne pas sa remise en liberté. Les experts ont déterminé que son état mental actuel présente un risque élevé de commission d'un nouvel acte illicite aux conséquences sociales graves. Le parquet a ensuite demandé l'application d'une mesure de protection imposant son placement dans un établissement psychiatrique fermé.
Selon l'appréciation du parquet, ces circonstances justifient le prononcé à l'encontre d'Elżbieta P. d'une mesure de protection sous la forme d'un placement en hôpital psychiatrique, et une telle requête a également été soumise au tribunal.
Contrôle judiciaire et suites familiales
En vertu de l'ordonnance judiciaire demandée, Elżbieta P. restera dans un hôpital psychiatrique fermé, où des collèges médicaux examineront son état de santé tous les quelques mois. Elle ne pourra être libérée que si un collège de psychiatres experts certifie que les symptômes de sa maladie ont entièrement disparu. L'homicide de décembre 2025 s'est accompagné d'autres événements pour la famille. Quatre jours après le meurtre de Dariusz P., le 8 décembre 2025, le fils du couple est mort après s'être jeté devant un train à la gare de Dębe Wielkie. Plusieurs mois avant cet incident, une jeune femme prénommée Angelika, dont il était amoureux, était morte au même endroit sur la voie ferrée.
- Dariusz P. est assassiné à son domicile à Mrozy.
- Elżbieta P. est interpellée, inculpée d'homicide et passe aux aveux lors de son interrogatoire.
- Le fils du couple meurt à la gare de Dębe Wielkie.
- Le parquet dépose une requête tendant à l'abandon des charges et au placement en hôpital psychiatrique.

