La DFB qualifie Infantino d'« irresponsable » alors que l'UEFA et les fédérations européennes retirent leur confiance après l'effondrement du plan d'investissement de la FIFA
La Fédération allemande a exigé une « enquête complète » et la DBU danoise a déclaré ne plus pouvoir soutenir Gianni Infantino, un jour après que le président de la FIFA a abandonné un plan de plusieurs milliards de dollars visant à vendre des droits commerciaux à des investisseurs privés.
L'échec de l'accord
Au petit matin de samedi, la FIFA a mis fin à son projet de vendre des parts des droits commerciaux de ses compétitions (dont les Coupes du monde masculine et féminine et la Coupe du monde des clubs) à des investisseurs privés. La proposition, poussée par le président de la FIFA Gianni Infantino, s'est effondrée après une opposition intense décrite par l'Association danoise de football (DBU) comme une « résistance massive et une indignation mondiale ».
La seule décision correcte était de retirer la proposition – et c'était prévisible.
La vive critique de l'UEFA
L'instance dirigeante européenne a publié une déclaration samedi après-midi exigeant un changement culturel au sein de la FIFA. L'UEFA a accusé Infantino d'avoir orchestré ce qu'elle a appelé un « accord minable et opaque » et a déclaré que la direction actuelle de la FIFA avait perdu la confiance de l'UEFA et de nombreux autres membres de la famille du football.
Nous ne pouvons plus continuer avec des plans secrets précipités à toute allure, concoctés par des acteurs anonymes et n'apportant qu'un bénéfice douteux au football. Nous devons identifier les responsables et les tenir pour comptables.
L'UEFA a également directement confronté Infantino sur deux promesses de campagne de 2015 : la transparence et l'utilisation des fonds de la FIFA pour le développement du football. Le communiqué a noté que la FIFA détenait des réserves de plus de cinq milliards de dollars mais n'avait pas réussi à déployer cet argent pour le bien du football. L'UEFA a remercié tous ceux qui ont fait comprendre à Infantino que « le football n'est pas à vendre » et a qualifié le résultat de « victoire pour tout le football », tout en insistant sur le fait que « cela ne doit pas être la fin de l'histoire ».
Les fédérations nationales retirent leur soutien
La Fédération allemande de football (DFB) a été l'une des voix les plus fermes. Le président de la DFB, Bernd Neuendorf, a exigé une « enquête complète » sur les origines du projet et a déclaré qu'Infantino avait agi « de manière autocratique, non transparente et finalement irresponsable pour le football ».
Nous devons travailler ensemble avec l'UEFA et les autres confédérations pour garantir qu'une culture fondamentalement différente s'installe à la FIFA. Une culture dans laquelle les décisions sont à nouveau discutées et prises par les membres dans les comités.
Neuendorf a attribué l'effondrement de l'accord à la « position très unie de toutes les associations membres de l'UEFA ». La DBU danoise est allée plus loin : son président Jesper Møller a déclaré être entièrement d'accord avec l'UEFA sur le fait que la confiance en Infantino était perdue, et a affirmé sans détour : « Par conséquent, je ne peux plus le soutenir. » Møller a félicité l'UEFA et son président Aleksander Ceferin d'avoir parlé d'une seule voix si rapidement, notant que l'UEFA avait non seulement critiqué les plans mais avait même menacé d'un boycott.
La KNVB néerlandaise a publié un communiqué déclarant que l'affaire n'était pas réglée par le retrait. « La manière dont ce processus a été mené a conduit à une rupture fondamentale de confiance dans le style de leadership du président de la FIFA Gianni Infantino », a-t-elle déclaré. « La KNVB n'a plus confiance en son leadership. » La Fédération anglaise (FA), postant sur X, a appelé à « un examen complet et approfondi du leadership et de la gouvernance de la FIFA pour garantir que le jeu mondial soit géré de manière transparente ».
Cette situation exige une conversation sérieuse sur l'avenir de la gouvernance et du leadership au sein de la FIFA.
Quelle est la suite
L'UEFA a annoncé qu'elle entamerait immédiatement des discussions avec des partenaires et parties prenantes du monde entier pour faire pression en faveur d'une réforme de la gouvernance. Neuendorf a fait écho à cet appel, exigeant un processus dans lequel les associations membres reprennent le contrôle des décisions majeures. Les déclarations coordonnées de l'Allemagne, du Danemark, des Pays-Bas et de l'Angleterre samedi signalent la crise la plus profonde de la présidence d'Infantino depuis son élection en 2015, la confiance ayant été formellement retirée par la confédération continentale et au moins quatre de ses membres nationaux les plus influents.
- La FIFA abandonne son projet de vendre des parts des droits commerciaux des Coupes du monde et de la Coupe du monde des clubs à des investisseurs privés.
- L'UEFA publie un communiqué accusant Infantino d'un « accord minable et opaque » et déclare que la confiance dans la direction de la FIFA est perdue.
- Le président de la DFB, Bernd Neuendorf, exige une « enquête complète » et une « culture fondamentalement différente » à la FIFA.
- La DBU danoise déclare ne plus pouvoir soutenir Infantino ; la KNVB néerlandaise déclare une « rupture fondamentale de confiance » dans son leadership.
- La Fédération anglaise appelle à un « examen complet et approfondi » du leadership et de la gouvernance de la FIFA.


