
Un tribunal de Hong Kong condamne les dirigeants de la veillée de Tiananmen Lee Cheuk-yan et Chow Hang-tung pour incitation à la subversion
Deux anciens dirigeants de la désormais dissoute Alliance de Hong Kong risquent jusqu'à 10 ans de prison en vertu de la loi sur la sécurité nationale pour avoir organisé les commémorations annuelles du 4 juin et appelé à la fin du régime à parti unique.
Verdict de la Haute Cour
Vendredi, la Haute Cour de Hong Kong a condamné deux anciens dirigeants de la désormais dissoute Alliance de Hong Kong en soutien des mouvements démocratiques et patriotiques de Chine pour incitation à la subversion du pouvoir de l'État. Lee Cheuk-yan, 69 ans, et Chow Hang-tung, 41 ans, risquent jusqu'à 10 ans de prison en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin en 2020. Un troisième accusé, Albert Ho, 74 ans, ancien député et ancien président de l'Alliance, a précédemment plaidé coupable de la même accusation. Lee et Chow sont restés en détention depuis 2021 après leur arrestation. Les audiences de clémence devraient commencer plus tard en août 2026 avant que les peines définitives ne soient prononcées.
Raisonnement juridique et accusations principales
Le jugement de 16 pages a été rendu par trois juges de la sécurité nationale nommés par le gouvernement. Les procureurs se sont concentrés sur le slogan politique de longue date du groupe appelant à « mettre fin à la dictature du parti unique ». La cour a estimé que l'utilisation répétée de cette expression visait à saper l'ordre constitutionnel de l'État chinois en érodant la confiance du public dans le Parti communiste chinois.
Les accusés voulaient que les autres perdent confiance dans le PCC en attisant l'hostilité et en semant la division, afin d'atteindre l'objectif de saper le système fondamental.
Les juges ont estimé que même si les accusés entendaient que leur plaidoyer reste non violent, l'objectif politique lui-même violait la loi.
Même s'ils croyaient et envisageaient que les actes de résistance ne pouvaient pas nécessairement impliquer l'usage de la violence ou la menace de violence, ces actes violeraient la LSN et comporteraient un risque d'emprisonnement de longue durée.
- Les unités militaires chinoises dispersent les manifestations pro-démocratie à Pékin.
- Les autorités de Hong Kong interdisent la veillée annuelle et Pékin promulgue la loi sur la sécurité nationale.
- L'Alliance de Hong Kong vote sa dissolution dans le cadre d'enquêtes policières.
- La Haute Cour de Hong Kong condamne Lee Cheuk-yan et Chow Hang-tung pour incitation à la subversion.
Des décennies de commémoration de Tiananmen
L'Alliance de Hong Kong organisait chaque 4 juin depuis 1989 des veillées aux chandelles à Victoria Park, commémorant la répression militaire chinoise des manifestants pro-démocratie à Pékin. Hong Kong était longtemps l'un des seuls endroits sous souveraineté chinoise où la commémoration publique des événements était autorisée. Lee se trouvait à Pékin lors de la répression en juin 1989 pour remettre des dons de résidents de Hong Kong avant d'être brièvement détenu et relâché le 8 juin. Chow, diplômée en sciences naturelles de l'Université de Cambridge et avocate, assistait aux veillées depuis l'école primaire. Pendant le procès, Lee a rejeté les accusations de malveillance envers le parti au pouvoir.
Je n'ai aucune inimitié dans mon cœur, seulement de l'amour.
Les autorités ont interdit les veillées annuelles en 2020, et l'Alliance a voté sa dissolution en septembre 2021 après que la police a demandé ses registres de fonctionnement et financiers.
Réactions diplomatiques et des droits de l'homme
Le jugement a suscité la condamnation des gouvernements européens et des organisations internationales de défense des droits de l'homme. L'Allemagne et la France ont publié une déclaration commune exigeant la libération immédiate de Chow, qui a reçu le Prix franco-allemand des droits de l'homme et de l'État de droit en 2023. L'Union européenne a appelé les autorités de Hong Kong à protéger l'espace dédié à la société civile indépendante, à la liberté d'expression et au droit de réunion pacifique. Elaine Pearson, directrice pour l'Asie à Human Rights Watch, a déclaré que ce verdict montre comment des actes publics de deuil ont été transformés en infractions pénales à Hong Kong.


