Climat · Antalya et Washington
Le chef de l'ONU, António Guterres, avertit d'un « moment de vérité » sur le climat avant la Cop31
Le secrétaire général de l'ONU, dont le second et dernier mandat s'achève à la fin de l'année, compte presser les dirigeants réunis à la Cop31, à Antalya, d'agir davantage et sans attendre.
Texte IA fondé sur les articles de The Independent et Irish Examiner. Publié . Comment il est fait
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En bref
Les États-Unis devraient être la seule grande économie à ne pas participer à la conférence Cop31 d'Antalya, après avoir rejeté les subventions aux énergies propres, les règles antipollution et la recherche climatique.
L'USAID a été démantelée en 2025, laissant peu d'espoir que les pays en développement frappés par un puissant El Niño obtiennent de nouveaux financements climatiques à la Cop31.
António Guterres, dont le second et dernier mandat s'achève à la fin de l'année, a employé l'expression « moment de vérité » trois fois en vingt minutes lors d'un entretien avec l'AP.
Après neuf ans à soutenir que la limite de 1,5 °C restait atteignable, António Guterres indique que des scientifiques lui ont dit l'an dernier que ce n'était plus vrai.
Dix ans plus tard, un recul climatique qui dépasse les frontières
Dix ans après la première victoire électorale de Donald Trump, une analyse qui dresse le bilan de son mouvement soutient que les dégâts causés à l'action climatique vont bien au-delà de son passage au pouvoir. Les États-Unis, présentés comme le pays le plus riche du monde et le plus gros émetteur de l'histoire, ont rejeté les subventions aux énergies propres, les règles antipollution et la recherche climatique. Ils devraient être la seule grande économie absente des négociations de la Cop31 à Antalya. Les espoirs de financement climatique sont faibles : l'USAID, l'agence d'aide au développement, a été démantelée en 2025, alors que les pays en développement affrontent un puissant El Niño.
Pourquoi Washington n'a jamais bâti de consensus
Le système américain compte de nombreux points de blocage au sein de son pouvoir législatif, et son lobby des énergies fossiles est puissant. Cette combinaison a empêché le pays de former le consensus transpartisan sur le climat observé au Royaume-Uni et dans l'Union européenne. Le projet de loi Waxman-Markey de Barack Obama, qui visait à imposer des plafonds contraignants aux gaz à effet de serre, a échoué au Sénat. Le Build Back Better Act de Joe Biden a été largement édulcoré après les objections du sénateur Joe Manchin, qui représentait l'État charbonnier de Virginie-Occidentale. L'analyse note qu'un nouveau Congrès contrôlé par les démocrates pourra ouvrir des enquêtes dotées de pouvoirs de convocation sur les reculs environnementaux, et bloquer les coupes dans les énergies propres, la recherche climatique et le financement climatique.
La politique anti-climat gagne l'étranger
L'influence de Donald Trump à l'intérieur du pays peut s'estomper, mais la politique anti-climat qu'il a contribué à rendre respectable sera plus difficile à inverser à l'étranger. Au Brésil, Jair Bolsonaro, et en Argentine, Javier Milei, sont tous deux arrivés au pouvoir en attaquant les protections environnementales et en contestant l'action climatique. En Allemagne, l'AfD progresse nettement dans les urnes avec une approche similaire. Les dégâts, conclut l'analyse, dépassent largement les frontières américaines.
Le dernier avertissement de Guterres avant la Cop31
António Guterres, dont le second et dernier mandat de secrétaire général de l'ONU s'achève à la fin de l'année, compte dire aux dirigeants réunis à la Cop31 que le temps des reports est passé. Dans un entretien exclusif accordé à l'Associated Press, il a employé l'expression « moment de vérité » trois fois en vingt minutes. Il a déclaré :
« C'est un moment de vérité. Nous ne pouvons plus attendre, nous ne pouvons plus avoir des discussions sans fin où chacun s'efforce de refiler la responsabilité à quelqu'un d'autre. »
Au cours d'un mandat de dix ans, António Guterres est devenu l'un des avocats les plus visibles pressant les pays réticents de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Il a déjà affirmé que l'ère de l'ébullition planétaire était arrivée, et la multiplication des canicules, tempêtes, inondations et sécheresses, conjuguée à El Niño, un phénomène climatique naturel, donne à son message son urgence.
Un choc scientifique et un sentiment d'échec
En 2025, avant un discours important sur le climat, António Guterres a consulté des scientifiques. Pendant neuf ans, il avait soutenu que l'objectif de l'accord de Paris de limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle restait atteignable, et il comptait le redire. Les scientifiques lui ont dit le contraire, et il a qualifié cette découverte de choc considérable. Il indique que l'ONU cherche désormais à limiter l'ampleur du dépassement de ce seuil.
« Les scientifiques m'ont dit que je ne pouvais pas dire cela, parce que ce n'est plus vrai. »
Il a dit avoir eu le sentiment d'un échec, et il en attribue la responsabilité aux gouvernements plutôt qu'à la planète.
« Mais ce n'est pas le monde qui a échoué, c'est le leadership politique qui a échoué. »
António Guterres estime que protéger la planète exige une vision stratégique de long terme, qu'il oppose aux horizons courts de nombreux systèmes politiques.
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Sources et contexte
- The IndependentLa trahison climatique de l'Amérique a toujours été bien plus grande que TrumpAmerica's climate betrayal has always been much bigger than Trump · original en anglais
- Irish ExaminerLe chef sortant de l'ONU met en garde contre un « moment de vérité » dans les efforts pour freiner le réchauffement climatiqueDeparting UN chief warns of 'moment of truth' in efforts to curb global warming · original en anglais
- António Guterres
- Secrétaire général de l'ONU, dont le second et dernier mandat s'achève à la fin de l'année
- Donald Trump
- Figure dont la première victoire électorale remonte à dix ans et dont la politique climatique est au cœur de l'analyse
- Barack Obama
- Ancien président américain dont le projet de loi Waxman-Markey a été rejeté au Sénat
- Joe Biden
- Ancien président américain dont le Build Back Better Act a été édulcoré
- Joe Manchin
- Sénateur de l'État charbonnier de Virginie-Occidentale qui s'est opposé au Build Back Better Act
- Jair Bolsonaro
- Dirigeant brésilien cité comme étant arrivé au pouvoir en attaquant les protections environnementales
- Javier Milei
- Dirigeant argentin cité comme étant arrivé au pouvoir en attaquant les protections environnementales
- Lieux
- Antalya, Turquie, Washington, États-Unis, Australie, France
- Organisations
- Organisation des Nations unies
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