
Grève des salariés de SFR dans toute la France contre la vente par démantèlement de 20,35 milliards d'euros aux concurrents des télécoms
Des milliers d'employés ont manifesté devant le siège d'Altice à Paris et dans les directions régionales le 24 septembre 2026, pour protester contre les suppressions d'emplois liées au rachat par Bouygues Telecom, Orange et Free.
Manifestations au siège d'Altice
Le 24 septembre 2026, les employés de SFR ont organisé des grèves et des débrayages nationaux contre la vente prévue de 20,35 milliards d'euros et le démantèlement de l'opérateur de télécommunications français. Devant le siège d'Altice France dans le 15e arrondissement de Paris, environ 1 000 travailleurs se sont rassemblés face au ministère des Armées, brandissant des fumigènes syndicaux de l'Unsa et de la CFDT. Altice, contrôlé par Patrick Drahi, avait accepté environ quatre mois plus tôt de vendre SFR à un consortium formé par Bouygues Telecom, Orange et Free d'Iliad pour rembourser une dette importante du groupe. Des manifestations régionales ont également eu lieu, notamment sur le site de Saint-Herblain près de Nantes où 190 employés de SFR et 240 collègues techniques se sont rassemblés.
Les manifestants ont exprimé leur frustration quant aux conditions du rachat, estimant que le coût social de l'acquisition est ignoré. Geneviève, une employée ayant 17 ans d'ancienneté chez SFR, s'est adressée à ses collègues devant les bureaux parisiens.
On ne se voile pas la face, on sait que ce rachat va se faire. Mais ce qu'on veut, c'est être entendu, qu'il y ait plus de nos collègues qui soient repris.
Répartition des effectifs et incertitude dans le réseau de distribution
Les représentants syndicaux, notamment de la CFDT, de l'Unsa et de la CFTC, ont déclaré que la scission laisse des milliers de travailleurs sans emploi à long terme. SFR emploie actuellement environ 8 000 salariés. Selon le schéma de transition décrit par François Monéger, délégué de l'Unsa, Bouygues Telecom reprendra 2 300 employés, tandis qu'Orange et Free en absorberont 500 à eux deux. 2 000 autres travailleurs resteront sous contrat temporaire pendant plusieurs années pour démanteler le réseau de l'opérateur avant la fin de leur mission.
Le réseau de distribution est confronté à des perturbations similaires. Le personnel d'environ 120 des 400 magasins de SFR sera transféré aux opérateurs acheteurs, bien que les emplacements précis des agences ne soient pas encore choisis. Dans des villes comme Nantes, où SFR exploite sept points de vente, le personnel des magasins s'est joint aux manifestations. Les représentants syndicaux ont exigé que le consortium propose au moins trois propositions de reclassement à chaque employé plutôt que l'option unique actuellement prévue.
- Bouygues Telecom
- 2300 employés
- Démantèlement du réseau
- 2000 employés
- Orange et Free
- 500 employés
Répercussions sur les sous-traitants et action en justice
Les calculs syndicaux indiquent que le nombre total de postes menacés atteint près de 12 500 si l'on tient compte des sous-traitants externes. Les techniciens d'ERT, une filiale d'Altice Technical Services qui gère les installations de fibre, ont exprimé leur inquiétude car SFR représente leur unique client. Les employés d'ERT, dont la responsable des travaux Christine Valverde et le spécialiste du bureau d'études Samuel Anisis, ont déclaré n'avoir reçu aucune information concernant leur avenir, ce qui a incité les syndicats d'ERT à programmer une grève pour le 30 septembre 2026.
Les syndicats de SFR ont également intenté une procédure d'urgence (référé) contre Altice France et le consortium acquéreur pour obtenir la divulgation des documents détaillés de la transaction. Le consortium a déclaré avoir mené six séries de discussions avec les représentants du personnel, et que d'autres réunions sont prévues. L'Autorité de la concurrence ne devrait pas rendre sa décision réglementaire avant fin 2027, ce qui reporte la clôture finale de l'acquisition au plus tôt en 2028.
- Altice conclut un accord pour vendre SFR pour 20,35 milliards d'euros au consortium concurrent
- Les employés de SFR organisent des grèves nationales et manifestent au siège parisien
- Les techniciens fibre d'ERT programment une nouvelle grève
- Décision attendue de l'Autorité de la concurrence
- Clôture finale attendue au plus tôt

