
Les pêcheurs grecs cessent le travail et ferment les marchés aux poissons face à la hausse du carburant marin
Les pêcheurs grecs ont lancé un arrêt de travail national le 1er octobre 2026, immobilisant leurs chalutiers et fermant les marchés de gros aux poissons de Keratsini et de Thessalonique pour protester contre la hausse des prix du gazole marin.
Arrêt de la flotte à l'échelle nationale
Les pêcheurs professionnels grecs ont entamé un arrêt de travail illimité le 1er octobre 2026, refusant d'ouvrir la saison de pêche au chalut prévue à l'automne. Les armateurs ont immobilisé leurs bateaux dans les ports du pays et cessé leurs activités sur les marchés de gros aux poissons. Des dizaines de pêcheurs professionnels se sont rassemblés pour protester à la criée centrale de Keratsini, près du Pirée, et au marché de gros de Thessalonique. Les organisateurs ont appelé les grossistes et les poissonniers de détail à rejoindre la mobilisation, affirmant que la hausse des prix de l'énergie rend l'activité quotidienne financièrement intenable.
Hausse des charges d'exploitation et de carburant
Les meneurs de la protestation ont désigné la hausse des prix du carburant marin comme le principal facteur menaçant la filière. Des représentants ont calculé que le renchérissement du gazole a multiplié les frais nécessaires à l'exploitation des chalutiers de taille moyenne, contraignant les armateurs à garder leurs navires à quai.
Nous avons entamé un arrêt de travail au lieu d'ouvrir la nouvelle saison de pêche au chalut, parce que la forte hausse du prix du carburant rend nos entreprises non viables. Les charges ont triplé. Un navire de pêche moyen de type chalutier a besoin de 30 000 à 40 000 euros supplémentaires par mois, et jusqu'à 50 000 euros.
Selon les calculs présentés par l'association des chalutiers, un navire de pêche standard de taille moyenne consomme environ 1 000 litres de carburant marin par journée de travail. Avec une hausse du prix du gazole marin de 0,80 euro par litre, chaque navire supporte un coût de carburant supplémentaire de 800 euros par jour. Sur un mois d'exploitation standard de 30 jours, cela représente 24 000 euros de dépenses de carburant en plus par bateau, avant de compter les salaires d'équipage et l'entretien.
- Dépense supplémentaire de carburant par jour
- 800 EUR
- Dépense supplémentaire de carburant par mois
- 24000 EUR
Revendications gouvernementales et coûts d'emballage
Les représentants de la filière ont indiqué que la pression financière ne se limite pas au carburant. La hausse des prix des fournitures d'exploitation essentielles, notamment les caisses d'emballage en polystyrène, les bacs de stockage et les filets de pêche de remplacement, a alourdi les frais généraux. Les représentants ont demandé au ministre du Développement rural d'intervenir et d'allouer un soutien financier comparable aux programmes d'aide mis en place dans d'autres États membres de l'Union européenne. Les responsables syndicaux ont fait valoir que des subventions publiques sur le carburant sont nécessaires pour éviter une flambée des prix de détail des produits de la mer nationaux vendus sur les marchés publics de rue et chez les poissonniers locaux.
Pressions sur la filière et concurrence régionale
Les pêcheurs côtiers ont fait état de pressions identiques sur les coûts, ainsi que de difficultés environnementales et concurrentielles plus larges. Outre les factures de carburant élevées, les exploitants ont signalé des dégâts récurrents sur les captures et le matériel causés par les dauphins et les populations envahissantes de tétrodons à joues argentées dans les eaux grecques. Les représentants de la flotte ont averti que la production nationale pourrait disparaître si les conditions d'exploitation restent inchangées.
Nous sommes dans une impasse majeure, pour la pêche côtière comme pour la pêche moyenne. Le carburant est extrêmement cher, nous ne pouvons pas nous en sortir. Nous avons aussi des problèmes avec les poissons-lapins et les dauphins. Nous allons droit à la destruction. Avec la façon dont le gouvernement et le ministère gèrent la situation, dans trois ans vous ne mangerez pas de poisson grec, vous mangerez du turc.
Les responsables syndicaux ont noté que les navires de pêche turcs continuent d'opérer dans les zones maritimes adjacentes, comblant les lacunes d'approvisionnement pendant que les équipages grecs restent à quai.

