
L'ancien entraîneur olympique irlandais de natation George Gibney condamné à quinze ans et demi de prison pour abus sexuels sur mineures
La Central Criminal Court de Dublin a condamné lundi 12 octobre 2026 George Gibney, 78 ans, pour des agressions sexuelles commises sur quatre filles dans les années 1970 et 1980. Un jury l'avait déclaré coupable en juillet de 39 chefs d'attentat à la pudeur et d'un chef de tentative de viol.
La peine
Lundi 12 octobre 2026, la Central Criminal Court de Dublin a condamné George Gibney, 78 ans, à quinze ans et demi de prison pour des agressions sexuelles commises sur quatre filles dans les années 1970 et 1980. Un jury l'avait déclaré coupable le 6 juillet de 39 chefs d'attentat à la pudeur et d'un chef de tentative de viol sur l'une des plaignantes. Gibney avait entraîné l'équipe olympique irlandaise de natation aux Jeux de Séoul en 1988 et avait emmené une équipe à Los Angeles en 1984. Le juge Mícheál O'Higgins l'a qualifié de « prédateur manipulateur » et a déclaré que les infractions étaient systématiques et de nature prédatrice, un abus grave de sa position d'entraîneur de natation.
- Charges de 1993, abus sexuels sur mineurs
- 27 chefs
- Verdict de culpabilité de 2026, attentat à la pudeur
- 39 chefs
- Verdict de culpabilité de 2026, tentative de viol
- 1 chefs
Les infractions
Les agressions ont eu lieu entre 1971 et 1981 à plusieurs endroits du sud du comté de Dublin, selon TheJournal.ie. Ouest France indique que les victimes étaient âgées de huit à 13 ans à l'époque, tandis que TheJournal.ie rapporte huit à 15 ans. The Irish Times rapporte que les agressions ont eu lieu notamment dans la voiture de Gibney pendant qu'il conduisait les filles à l'entraînement, dans son bureau et à son domicile, où il a agressé deux sœurs qui gardaient ses enfants. L'accusation la plus grave, une tentative de viol, émane d'une plaignante, qui a déclaré que Gibney l'avait agressée au Newpark Sports Complex, dans le sud de Dublin. Elle a également décrit des agressions dans un parking d'hôpital à Leopardstown et dans l'allée d'une vieille maison en ruine de la même localité.
Les charges antérieures et le podcast de 2020
En 1993, Gibney avait été inculpé de 27 chefs d'abus sexuels sur mineurs. Il a obtenu un contrôle juridictionnel et a réussi à empêcher le Director of Public Prosecutions de le poursuivre en raison du temps écoulé, selon la BBC. L'ancien journaliste de l'Irish Times Johnny Waterson avait révélé pour la première fois des accusations d'abus contre Gibney en 1994, et Gibney n'était pas revenu en Irlande depuis plus de 30 ans avant son extradition.
- Début des infractions, qui se poursuivent jusqu'en 1981 à plusieurs endroits du sud du comté de Dublin
- Inculpé de 27 chefs d'abus sexuels sur mineurs ; un contrôle juridictionnel bloque les poursuites en raison du temps écoulé
- L'ancien journaliste de l'Irish Times Johnny Waterson révèle pour la première fois des accusations d'abus contre Gibney
- Le podcast de la BBC « Where is George Gibney? » suscite de nouvelles accusations et une nouvelle enquête policière
- Gibney arrêté aux États-Unis et extradé vers l'Irlande
- Un jury déclare Gibney coupable de 39 chefs d'attentat à la pudeur et d'un chef de tentative de viol
- Gibney condamné à quinze ans et demi de prison
En 2020, le podcast de la BBC « Where is George Gibney ? » a suscité de nouvelles accusations et poussé la police irlandaise à rouvrir l'enquête. Le podcast l'avait localisé en Floride. Gibney a été arrêté aux États-Unis, où il vivait, en 2025, puis extradé vers l'Irlande. Le Director of Public Prosecutions a alors ordonné qu'il soit poursuivi pour des dizaines d'infractions.
Demande de la défense sur les notes de suivi psychologique
Avant le procès, l'équipe juridique de Gibney a demandé les notes de suivi psychologique des quatre plaignantes, rapporte TheJournal.ie. Lors d'une audience préliminaire deux mois avant le début du procès, l'avocat de l'accusation James Dwyer SC a déclaré que trois des quatre plaignantes avaient suivi une thérapie et qu'aucune des trois ne consentait à ce que ses notes soient transmises au tribunal. L'accusation a indiqué qu'elle ne considérait pas ces documents comme pertinents après les avoir lus. James Dwyer a déclaré au tribunal :
Nous soutenons que l'accusé n'a pas exposé de motif qui nous obligerait à rechercher et à conserver ces documents.
Patrick Gageby SC, pour Gibney, a déclaré au tribunal que la particularité de l'affaire résidait dans le « long délai » des plaintes. Le gouvernement travaille à l'introduction de réformes limitant la communication des notes de suivi psychologique dans les procès pénaux, mais la défense a demandé ces notes avant cette modification.
Les survivantes et les photographies de 1988
Sur les marches du tribunal, une femme agressée par Gibney dans son enfance a renoncé à son droit à l'anonymat et exhorté d'autres survivantes à se manifester, leur déclarant « vous serez entendues et vous serez crues ». Elle a dit avoir passé des décennies dans le silence à cause de Gibney. Le photographe de sport Billy Stickland avait pris les photographies de Gibney au Newpark Sports Centre en 1988 pour un portrait du Sunday Tribune intitulé « Making a Splash », consacré aux espoirs irlandais aux Jeux de Séoul sous la direction de Gibney. Billy Stickland a déclaré qu'il n'avait alors « aucun soupçon » que Gibney abusait des jeunes nageurs qu'il entraînait.
Ce n'est qu'après coup que les gens ont découvert qu'il se passait quelque chose de bien plus sinistre. Je trouve cela tout simplement atroce.

