Gouvernement · Madrid

Le gouvernement espagnol nomme un nouveau président du gendarme de la concurrence, contournant l'opposition et suscitant une polémique politique

Le gouvernement espagnol a proposé Juan José Ganuza comme nouveau président de la CNMC, ainsi que trois membres du conseil, suscitant des accusations de partisanerie de la part du PP, principal parti d'opposition.

Texte IA fondé sur les articles de EL MUNDO, ABC TU DIARIO EN ESPAÑOL, europa press et d’autres médias. Modifié . Comment il est fait

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Madrid · Espagne

La nomination

Le Conseil des ministres, sur proposition du ministre de l'Économie Carlos Cuerpo, a approuvé mardi la nomination de Juan José Ganuza Fernández à la présidence de la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC). Il remplace Cani Fernández, dont le mandat a expiré le 16 juin. Trois nouveaux membres du conseil ont également été proposés : Carmen Balsa, Marina Echebarría Sáenz et Joan Capdevila. Ils exerceront tous un mandat de six ans, sans possibilité de réélection, une disposition destinée à isoler le régulateur du cycle politique. Les candidats doivent d'abord se présenter devant la Commission économique du Congrès pour un examen d'aptitude avant leur nomination formelle par décret royal.

Réaction politique

Le principal parti d'opposition, le Parti populaire (PP), a immédiatement dénoncé l'absence de consultation préalable. Alberto Nadal, le porte-parole économique du parti, a déclaré que le gouvernement s'était contenté de les informer quelques minutes avant l'annonce.

« Ils se sont contentés de nous informer quelques minutes avant. Ensuite, ils s'étonnent que les gens doutent de l'indépendance de la CNMC. »

Alberto Nadal, porte-parole économique du PP

Ces nominations privent le PP de toute représentation au sein du conseil, rompant avec la pratique traditionnelle d'un accord entre partis pour les organismes de régulation. Le gouvernement a plutôt choisi des candidats issus de ses propres rangs et de ses alliés parlementaires, Sumar et Esquerra Republicana.

Qui est Juan José Ganuza

Ganuza, né en 1968, est titulaire d'une licence de physique de l'Université Complutense de Madrid et d'un doctorat en économie de l'Université Carlos III. Il est professeur d'économie et de commerce à l'Université Pompeu Fabra et dirige depuis dix ans le programme de master en concurrence et régulation des marchés à la Barcelona School of Economics. Depuis 2014, il dirige la division concurrence et régulation du think tank Funcas. Son profil académique contraste avec celui de son prédécesseur ; il a déjà critiqué l'idée qu'un seul organisme puisse superviser efficacement la concurrence, l'énergie, les télécommunications et les transports simultanément.

Les autres membres du conseil

Carmen Balsa, technicienne commerciale d'État et ancienne chef de cabinet de l'ex-ministre de l'Économie Nadia Calviño, a été proposée par le Parti socialiste. Marina Echebarría, professeure de droit commercial à l'Université de Valladolid et ancienne candidate de Sumar en Castille-et-León, a été mise en avant par le ministère de l'Économie pour son activisme.

« Elle a une carrière remarquable en tant que militante pour les droits LGTBI. »

Ministère de l'Économie

Joan Capdevila, vétérinaire et ancien député d'ERC qui a été délégué du gouvernement catalan à Madrid jusqu'en septembre 2025, complète la liste.

Inquiétudes institutionnelles

Ce renouvellement intervient à un moment sensible pour la crédibilité institutionnelle de l'Espagne. Le gouvernement est sous pression en raison d'enquêtes judiciaires visant l'entourage du Premier ministre, et le journal ABC a éditorialisé que ces nominations risquaient d'éroder davantage l'apparence de neutralité. La CNMC supervise les fusions, les secteurs réglementés et des décisions impliquant des milliards d'euros, ce qui rend son indépendance une condition préalable à sa légitimité. Le PP, par la voix de Nadal, a averti que la manière dont les nominations ont été faites ne ferait que renforcer les doutes sur l'autonomie de l'organisme.

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