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Diplomatie·-1 h

Accord de paix États-Unis-Iran : une trêve fragile laisse des questions clés en suspens

Après plus de 100 jours de guerre, les États-Unis et l'Iran ont conclu un protocole d'accord pour mettre fin aux hostilités. Pourtant, Israël a rejeté l'accord et la question nucléaire reste non résolue.

Un protocole d'accord fragile

Les États-Unis et l'Iran ont annoncé dimanche un protocole d'accord pour mettre fin à plus de 100 jours de conflit militaire, avec une signature officielle prévue vendredi en Suisse. L'accord prolonge un cessez-le-feu fragile de 60 jours et engage les deux parties à poursuivre les négociations. Sa priorité immédiate est la réouverture complète du détroit d'Ormuz, un goulet d'étranglement par lequel transite un cinquième du pétrole mondial. Washington a accepté de suspendre les sanctions sur les exportations de pétrole iranien et de libérer 24 milliards de dollars d'avoirs gelés, tandis que le programme nucléaire iranien est reporté à des discussions ultérieures.

La réouverture du détroit d'Ormuz est le résultat le plus important de ce protocole. Bien sûr, le détroit était déjà ouvert avant la guerre. Maintenant, nous payons pour le rouvrir en échange de la levée des sanctions.

Crucialement, le protocole ne traite ni de l'avenir de l'enrichissement nucléaire iranien ni de ses proxys régionaux. Le sort de 450 kilogrammes d'uranium enrichi à plus de 60 % reste inconnu, une conséquence directe du retrait américain de l'accord nucléaire de 2015 en 2018.

Événements clés du conflit et du processus de paix américano-iranien
  1. Les États-Unis et Israël lancent une offensive militaire contre l'Iran, invoquant un changement de régime et la menace nucléaire.
  2. La police iranienne signale plus de 6 500 personnes détenues pour liens avec l'ennemi ; 38 prisonniers politiques exécutés pendant la guerre.
  3. Israël bombarde Beyrouth pour empêcher l'Iran d'étendre sa dissuasion au Hezbollah.
  4. Les États-Unis et l'Iran annoncent un protocole d'accord pour mettre fin à la guerre.
  5. Netanyahou tient une conférence de presse, affirmant que la campagne a sauvé Israël de l'anéantissement nucléaire.
  6. Les marchés réagissent avec prudence : le pétrole près de son plus bas niveau en trois mois, les actions japonaises battent des records ; la Banque du Japon relève son taux.

Israël sur la touche

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou, qui a poussé à la guerre aux côtés de Donald Trump, se retrouve isolé par cet accord. Lors d'une conférence de presse lundi, il a rejeté toute suggestion d'échec, demandant : « Quel échec ? Regardez Israël le 7 octobre et aujourd'hui. Comment pouvez-vous comparer ? Je n'ai pas eu tort du tout. » Il a affirmé que la campagne avait sauvé les Israéliens d'une « menace immédiate d'anéantissement » en empêchant l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire.

Pourtant, l'accord ne dit rien sur le désarmement du Hezbollah au Liban, et les ministres israéliens insistent sur le fait que leur pays n'est pas lié par ses termes. Samedi, Israël a bombardé Beyrouth précisément pour empêcher l'Iran d'étendre son parapluie de dissuasion à son allié libanais.

Après avoir restauré sa propre dissuasion, Téhéran tentait maintenant de l'étendre à ses alliés dans le cadre d'un effort plus large visant à reconstruire sa posture de défense avancée. Comme prévu, Israël a vu cela comme un défi direct à sa liberté de manœuvre traditionnelle et a agi rapidement pour empêcher la nouvelle doctrine de s'implanter.

Avec des élections israéliennes dans quatre mois et des sondages défavorables, l'avenir politique de Netanyahou semble précaire.

Consolidation intérieure du régime iranien

Loin de s'effondrer, la République islamique a utilisé la guerre pour renforcer son emprise à l'intérieur. Pendant le conflit, 38 prisonniers politiques ont été exécutés et plus de 6 500 personnes ont été arrêtées pour collaboration avec l'ennemi, selon Iran Human Rights et les médias locaux. Pendant 87 jours, le régime a imposé de sévères restrictions sur internet, qui persistent en partie.

La guerre a fourni ce que les chercheurs appellent une « opportunité d'autorité » : une crise qui permet à un régime contesté d'étendre son contrôle et de réduire au silence la dissidence. Avant la guerre, les manifestations de janvier 2026 contre l'inflation, la corruption et le chômage avaient montré un mécontentement généralisé. Le guide suprême Ali Khamenei a été tué pendant les combats, mais son fils Mojtaba Khamenei lui a succédé et présente désormais le régime comme des « vainqueurs indestructibles ».

Les marchés soufflent prudemment

Les marchés financiers mondiaux ont réagi avec un optimisme prudent. Les prix du pétrole ont glissé à leur plus bas niveau en trois mois, le Brent s'échangeant à 82,90 $ le baril, en baisse de 0,3 %. Les actions asiatiques ont bondi : le Kospi sud-coréen a bondi de 2,3 % et le Nikkei japonais a atteint un sommet historique au-dessus de 70 000 après que la Banque du Japon a relevé ses taux de 25 points de base à 1 %. Les contrats à terme européens pointaient vers une ouverture stable, tandis que l'indice mondial MSCI fluctuait. Les économistes d'ANZ ont noté qu'« il faudra du temps pour que les marchés se stabilisent, pour que les flux pétroliers via le détroit d'Ormuz se normalisent ».

Doutes et critiques internationales

Malgré le soulagement, le scepticisme est profond. Antonio Maíllo, leader de la Gauche unie espagnole, a déclaré aux journalistes qu'il doutait que la paix tienne, citant « peu de confiance » envers des « génocidaires comme Netanyahou ou Trump ». Il a insisté sur le fait que leur place était à la Cour internationale de justice de La Haye. Les analystes avertissent que le protocole d'accord est un accord minimal né de l'épuisement mutuel plutôt que d'une résolution stratégique. Comme l'a observé un éditorial, la guerre s'est terminée sans vainqueur, si ce n'est peut-être le régime iranien lui-même.

Téhéran · Beyrouth · Washington · Genève

8 sources

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