En bref
Le nombre de personnes déplacées de force a chuté de 4 % à 117,8 millions en 2025, soit la première diminution en dix ans, selon le rapport Global Trends du HCR.
Les retours de réfugiés ont triplé pour atteindre 4,4 millions, dont 90 % vers l'Afghanistan, la Syrie et le Soudan, souvent dans des conditions coercitives et hostiles.
Le plan de rapatriement du Pakistan a expulsé de force 1 million d'Afghans, tandis que l'Iran a poussé 1,4 million de réfugiés enregistrés à partir par le biais de restrictions de résidence et d'emploi.
L'Allemagne a entamé des discussions avec les talibans, qu'elle ne reconnaît pas, en vue de déporter des réfugiés afghans, reflétant la position plus dure de l'Europe.
5,4 millions de personnes ont fui à travers les frontières en 2025, dont plus de 70 % originaires de six pays touchés par des conflits, soulignant la persistance des crises mondiales.
Une baisse trompeuse
Le nombre total de déplacements forcés dans le monde est tombé à 117,8 millions en 2025, soit 5,4 millions de moins que l'année précédente, marquant la première diminution en dix ans. Mais le HCR prévient que cette baisse n'est pas due à une amélioration dans les zones de conflit. Elle est plutôt le résultat de pays d'accueil qui ont poussé des millions de réfugiés à rentrer, souvent sous la contrainte.
« Parfois, ces conditions sont si difficiles et hostiles que les gens ont l'impression de ne pas avoir d'autre choix. Ce n'est pas un choix libre. »
Retours forcés en Iran et au Pakistan
L'Afghanistan a été le plus durement touché par les retours forcés. Près de 2 millions d'Afghans ont été expulsés d'Iran et du Pakistan en 2025. Le « Plan de rapatriement des étrangers illégaux » du Pakistan a impliqué des perquisitions nocturnes sans mandat, la démolition de camps et de l'extorsion, entraînant 1 million d'expulsions. L'Iran a suivi avec des restrictions de résidence et d'emploi, des arrestations arbitraires et l'expiration des documents de recensement, forçant le retour d'environ 1,4 million de réfugiés enregistrés. De nombreux retours ont entraîné des séparations familiales et la déportation de mineurs non accompagnés.
Syrie, Soudan et Europe
Plus de 1,3 million de Syriens sont également rentrés dans des conditions hostiles, tout comme 651 500 Soudanais, malgré la violence persistante dans les deux pays. La concentration à 90 % en Afghanistan, en Syrie et au Soudan montre que les retours ciblent des nations toujours en crise. En Europe, l'Allemagne a ouvert des négociations avec les talibans pour déporter des réfugiés afghans, bien qu'elle ne reconnaisse pas les talibans comme un gouvernement légitime. Le rapport du HCR qualifie nombre de ces retours de "bajo condiciones coercitivas y de extrema hostilidad".
- Afghanistan
- 1950000 personnes
- Syrie
- 1300000 personnes
- Soudan
- 651500 personnes
Données tirées du texte de l’article
Le tableau plus large des déplacements
Les nouveaux déplacements transfrontaliers sont restés élevés : 5,4 millions de personnes ont fui vers un autre pays en 2025, dont plus de 70 % originaires d'Afghanistan, du Soudan du Sud, du Soudan, de la Syrie, de l'Ukraine et du Venezuela. La population totale de réfugiés a diminué de 3 %, à 41,6 millions, dont 35,6 millions de personnes relevant du mandat du HCR et 6 millions de réfugiés palestiniens relevant de l'UNRWA. Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur de leur pays est tombé à 68,6 millions, soit une baisse de 4,9 millions. Pourtant, 70 % des réfugiés vivent dans un déplacement prolongé, tandis que le nombre de demandeurs d'asile a augmenté pour atteindre près de 9 millions.
Une lueur positive
Le rapport indique que 46 000 apatrides ont obtenu la citoyenneté dans 24 pays en 2025. Barham Salih, le nouveau Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, a qualifié les niveaux actuels de déplacement d'"inaceptablemente altos" et a appelé à des solutions durables pour éviter que l'aide humanitaire ne devienne "el destino final".