
Figure du grand banditisme corse Jean-Pierre Giacomoni abattu devant son domicile près de Sartène
Jean-Pierre Giacomoni, 61 ans, condamné pour association de malfaiteurs en lien avec des factions criminelles corses et ayant survécu à deux tentatives d'assassinat, a été abattu devant son domicile à Foce, près de Sartène.
Embuscade à Foce
Jean-Pierre Giacomoni, né en octobre 1961, a été abattu devant son domicile à Foce, près de Sartène en Corse-du-Sud, vers 00h30 le vendredi 28 août 2026. Les autorités judiciaires et le procureur de la République d'Ajaccio ont ouvert une enquête pour assassinat immédiatement après l'attaque mortelle. La section de recherches de la gendarmerie de Corse a été chargée de l'enquête sur place. Des magistrats spécialisés de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille devaient prendre le contrôle de l'affaire dans la journée en raison du contexte de crime organisé. Giacomoni, connu dans les milieux du grand banditisme insulaire sous le surnom de « Bazooka », avait auparavant travaillé comme directeur commercial d'un camping et d'une station-service.
Fusillades passées et condamnation pénale
La fusillade mortelle à Foce était la troisième attaque ciblée contre Giacomoni en seize ans. Le 14 mai 2010, des hommes armés lui ont tendu une embuscade alors qu'il conduisait un véhicule à Sartène, lui infligeant de graves blessures par balle. Les assaillants ont frappé à nouveau en février 2017 à Sartène, tirant quatre balles sur Giacomoni alors qu'il rentrait chez lui et le laissant pour mort. Au-delà des attaques, Giacomoni était impliqué dans des procédures judiciaires corses. En novembre 2019, après un acquittement initial en première instance, la cour d'appel de Bastia l'a condamné à huit ans de prison pour association de malfaiteurs. La condamnation découlait de son rôle dans un règlement de comptes du grand banditisme visant un entrepreneur du bâtiment et des travaux publics.
- Giacomoni est grièvement blessé par balle alors qu'il conduit à Sartène.
- Giacomoni est touché par quatre balles à Sartène et laissé pour mort.
- Jean-Luc Codaccioni senior est assassiné à l'aéroport de Bastia-Poretta.
- La cour d'appel de Bastia condamne Giacomoni à huit ans de prison pour association de malfaiteurs.
- Giacomoni est abattu devant son domicile à Foce près de Sartène.
Factions criminelles rivales en Corse-du-Sud
Les enquêteurs judiciaires relient ce meurtre à des rivalités durables entre des groupes de crime organisé établis en Corse. Les responsables de la justice considéraient Giacomoni comme une figure centrale du grand banditisme de la microrégion du Sartenais-Valinco en Corse-du-Sud. Selon des informations de l'affaire communiquées à l'AFP, Giacomoni était étroitement allié au clan Mocchi pendant une période de vive antagonisme avec un réseau rival désormais connu sous le nom de gang des Africains. Un rapport confidentiel du renseignement de la police judiciaire datant de 2025 décrit le groupe Mocchi comme structuré autour des héritiers de Jean-Jé Colonna, une figure décédée longtemps considérée comme un parrain du crime organisé en Corse-du-Sud. Le document note que la faction Mocchi entretient des alliances de longue date avec le groupe criminel du Petit Bar et rassemble d'influents propriétaires terriens locaux qui gèrent de multiples commerces.
La vendetta de l'aéroport de Bastia-Poretta
La faction adverse, connue sous le nom de gang des Africains, est liée à l'homme d'affaires Michel Tomi, qui a établi un vaste réseau d'établissements de jeux et de casinos en Afrique. Les archives du renseignement policier indiquent que le groupe est actuellement commandé par Jean-Luc Codaccioni junior. Codaccioni mène une vendetta ciblée contre les personnes qu'il lie à l'assassinat de son père en décembre 2017, abattu à l'aéroport de Bastia-Poretta. Le rapport du renseignement de la police judiciaire de 2025 attribuait une dizaine d'opérations criminelles et au moins cinq assassinats à l'organisation des Africains. Les enquêteurs de la gendarmerie continuent de collecter des preuves balistiques devant le domicile de Foce tandis que les procureurs interrégionaux de Marseille préparent le dossier de crime organisé.


