Un tribunal espagnol suspend pour dix jours l'expulsion d'un physicien de l'université de Valence après une mobilisation
Plus de 100 manifestants se sont rassemblés à Burjassot pour empêcher l'expulsion prévue de Daniel González, chercheur en technologie satellitaire à l'Universitat de València, visé par des demandes judiciaires d'un fonds d'investissement.
Une mobilisation suspend l'expulsion à Burjassot
Plus de 100 personnes se sont rassemblées mercredi matin devant un immeuble de Burjassot, à 10 kilomètres de Valence, pour empêcher l'expulsion judiciaire de Daniel González. La manifestation était organisée par le Sindicat d'Habitatge de València et a réuni des habitants du quartier, des militants du logement et des collègues universitaires. Des agents de la police locale et nationale ont pris position autour du bâtiment sans déployer d'unités anti-émeutes ni fermer les rues adjacentes. À l'arrivée de la commission judiciaire sur place, ses membres se sont entretenus avec la police, les représentants du syndicat et González pour formaliser la situation. Après discussions, la commission a signé un document officiel suspendant l'expulsion pour 10 jours, accordant un répit temporaire.
Si les gens n'étaient pas venus aujourd'hui, ils m'auraient jeté dehors. Je suis éternellement reconnaissant envers toutes ces personnes et je crois que c'est ainsi que les choses changent dans ce pays.
Transfert de propriété et paiements contestés
González, physicien de 38 ans né à Tarragone, s'est installé dans l'appartement de Burjassot en 2009 en tant qu'étudiant, dans le cadre d'un bail assorti d'une option d'achat du logement pour environ 70 000 €. Les problèmes sont apparus après l'ouverture d'une procédure d'insolvabilité de la société propriétaire d'origine, qui a conduit à une saisie immobilière et au transfert du bien à des entités bancaires et au fonds d'investissement Coral Homes S.L. En janvier 2018, l'administrateur judiciaire a demandé à González de cesser de verser son loyer sur le compte du tribunal. Entre janvier 2018 et février 2020, González n'a disposé d'aucun compte bancaire de bailleur actif sur lequel verser ses paiements, ce qui l'a conduit à déposer des requêtes en juridiction volontaire pour contraindre les nouveaux propriétaires à accepter son loyer.
- Daniel González loue l'appartement de Burjassot avec une option d'achat.
- L'administrateur judiciaire demande à González de cesser de verser son loyer sur le compte du tribunal.
- González reprend ses paiements après avoir été privé des coordonnées bancaires du bailleur.
- Le tribunal de Paterna ordonne l'expulsion et réclame 35 620,88 euros d'arriérés présumés.
- La commission judiciaire suspend l'expulsion pour 10 jours après une mobilisation devant l'immeuble.
Décision de justice et créances financières
González avait déjà obtenu deux décisions de justice favorables confirmant la validité de son contrat de location et son droit légal d'acheter le logement. Malgré ces décisions, Coral Homes S.L. et le propriétaire actuel ont engagé des poursuites contre lui. En mars 2026, le tribunal de Paterna a ordonné son expulsion de l'appartement et l'a condamné à payer 35 620,88 € de loyers impayés. González affirme que le tribunal a rejeté ses recours formels et ignoré les documents attestant de ses efforts prolongés pour obtenir les coordonnées bancaires nécessaires au paiement des loyers mensuels.
Soutien universitaire et réponse juridique
Des directeurs et des collègues de l'Instituto de Física Corpuscular, institut de recherche associé à l'Universitat de València où González développe des technologies satellitaires, se sont joints à la mobilisation devant son domicile. Ses directeurs de recherche ont salué son parcours académique, rappelant qu'il a reçu le prix extraordinaire de doctorat de l'université pour sa thèse. Bien que González indique disposer de solutions de logement alternatives chez ses parents ou chez sa compagne, il a confirmé qu'il utiliserait ces 10 jours pour travailler avec son avocat sur de nouveaux recours judiciaires. Le Sindicat d'Habitatge de València a déclaré qu'il entendait explorer tous les mécanismes juridiques avant l'expiration de la suspension.
Malheureusement, beaucoup de gens ne peuvent pas se battre de cette manière. Nous devons continuer à protester parce que c'est injuste. J'espère que les choses changeront pour que personne d'autre n'ait à vivre cela, pour que personne ayant un bail légal avec option d'achat n'ait à subir qu'un fonds d'investissement le mette à la porte de chez lui. Nous continuerons à nous battre.
