
Europol démantèle des réseaux en ligne d'hommes qui droguent et violent leurs partenaires ; 57 arrestations, 158 victimes mises en sécurité
Une opération de police internationale baptisée Projet Méduse, coordonnée par Europol, a identifié 156 suspects et victimes dans le cadre d'un système de drogue et d'agression sexuelle de femmes par leurs partenaires, avec 57 arrestations et 158 victimes mises en sécurité à ce jour.
L'opération Méduse
Une opération de police internationale coordonnée, lancée en avril 2026 et intensifiée en juin, a pour la première fois ciblé systématiquement des réseaux en ligne où des hommes droguent et agressent sexuellement leurs propres partenaires. Le projet Méduse, dirigé par l'Office fédéral de police criminelle allemand (BKA) avec l'Agence nationale de lutte contre la criminalité britannique et coordonné par Europol, a couvert neuf pays : l'Allemagne, le Royaume-Uni, le Brésil, le Canada, la France, la Hongrie, les Pays-Bas, l'Espagne et les États-Unis. L'opération a identifié 156 suspects et victimes présumés et généré 274 nouvelles pistes d'enquête.
Depuis avril, 57 hommes ont été arrêtés et 158 victimes mises en sécurité. En juin, la police néerlandaise a interpellé quatre suspects supplémentaires grâce aux renseignements fournis par des collègues britanniques et allemands. Quatre réseaux en ligne inconnus jusqu'alors ont été découverts lors de l'opération.
- Lancement du projet Méduse pour cibler les réseaux en ligne de viols sous soumission chimique.
- Action coordonnée dans neuf pays intensifiée ; 274 nouvelles pistes d'enquête générées.
- Quatre suspects présumés arrêtés aux Pays-Bas sur la base de renseignements britanniques et allemands.
- Europol annonce 156 suspects/victimes identifiés, 57 arrestations et 158 victimes mises en sécurité.
Comment les auteurs opéraient
Selon Europol, les suspects sont majoritairement des hommes issus de l'entourage immédiat des victimes. Ils sédatent les femmes, généralement leurs partenaires, avec des mélanges amateurs d'antidouleurs, d'autres médicaments et d'alcool, une combinaison qui peut être mortelle. Les victimes sont ensuite agressées sexuellement, et les actes filmés. Les images sont partagées dans des groupes misogynes sur les réseaux sociaux, messageries cryptées et plateformes pornographiques, où les auteurs échangent également des expériences, des conseils pour se procurer des sédatifs et des informations sur les dosages.
Les enquêtes ont mis au jour des réseaux en ligne où les auteurs objectifient et déshumanisent les victimes. Ils utilisent des services de messagerie cryptée, des forums et des groupes de discussion fermés pour échanger des expériences, normaliser les comportements abusifs, faciliter le trafic illégal de médicaments sur ordonnance et de stupéfiants, et coordonner des actes criminels.
Le BKA a noté que de nombreuses victimes ignorent avoir été agressées car les sédatifs administrés provoquent une perte de mémoire ou empêchent une reconnaissance physique immédiate du viol. Les indicateurs possibles incluent un sommeil anormalement long, une somnolence inexpliquée, des trous de mémoire ou des anomalies physiques.
Parallèles avec l'affaire Pelicot
Les crimes font écho à l'affaire de Gisèle Pelicot, une Française dont le mari de l'époque l'a droguée pendant près d'une décennie et a permis à des dizaines d'hommes de la violer. Europol a déclaré que les conclusions actuelles démontrent que ces infractions ne sont pas des incidents isolés mais font partie d'un schéma plus large de comportement organisé et interconnecté. L'infrastructure des réseaux permettait la déshumanisation systématique des victimes et la normalisation des agressions, à l'instar de ce qu'a révélé l'affaire Pelicot.
Conseils aux victimes potentielles
Le BKA a exhorté toute personne soupçonnant avoir été victime d'une agression sexuelle sous soumission chimique à déposer une plainte et à consulter rapidement un médecin, car les substances sédatives ne sont détectables dans les urines ou le sang que pendant une courte période. Les efforts continus de l'enquête visent à démanteler définitivement l'infrastructure en ligne et à prévenir de nouveaux abus.


