
Des procureurs allemands enquêtent sur un extrémiste en ligne accusé d'incitation au meurtre dans une école via une messagerie
Le Parquet fédéral allemand a pris en charge une enquête sur un jeune homme accusé de diriger un groupe extrémiste en ligne qui incitait des mineurs du monde entier à commettre des meurtres, des incendies criminels et des automutilations graves.
Crimes internationaux et incitation
Le Parquet fédéral allemand a pris la compétence d'une enquête sur un jeune homme accusé d'avoir dirigé des mineurs à l'international pour commettre des attaques violentes via des groupes de discussion en ligne. Les enquêteurs affirment que le suspect a agi comme meneur à la fois d'une organisation terroriste et d'une organisation criminelle. Parmi les principales infractions citées par les autorités fédérales, le suspect aurait persuadé un garçon mineur en Russie, via des communications par messagerie, de poignarder mortellement un enfant dans une école. Il est également accusé d'avoir incité des mineurs aux États-Unis et en Suède à mettre le feu à des véhicules à moteur.
Outre les incendies criminels et la violence scolaire, les procureurs allèguent que le suspect a appelé au meurtre d'un citoyen américain non identifié dans un groupe de discussion. Dans une autre affaire impliquant une victime dans un pays européen hors d'Allemagne, le suspect a pris contact avec un enfant en ligne et a contraint la victime à se livrer à des actes sexuels avec un couteau, ce qui a entraîné de graves blessures corporelles. Le suspect a ensuite compilé et diffusé des séquences vidéo des actes violents sur les réseaux numériques.
Violence extrême et recrutement en ligne
Les procureurs fédéraux allèguent que le suspect a établi une organisation animée par une idéologie d'extrême droite au plus tard fin mars 2024. L'organisation opérait avec l'objectif déclaré de provoquer un effondrement complet de l'ordre sociétal par l'exécution et l'incitation d'infractions graves, notamment le meurtre et l'homicide involontaire. Les médias enregistrés des attaques étaient systématiquement partagés entre les membres du groupe de discussion pour recruter de nouveaux adeptes et promouvoir de futures agressions.
Le Parquet fédéral a détaillé la stratégie médiatique de l'organisation dans son communiqué officiel :
Les images et les séquences vidéo de ces actes sont délibérément partagées dans des groupes de discussion pour promouvoir l'organisation et de futures attaques.
La liste complète des charges retenues contre le suspect comprend l'incitation au meurtre, de multiples chefs d'incendie criminel, le viol et l'abus sexuel d'un enfant. Les autorités ont également porté des accusations pour la distribution en bande organisée de pornographie infantile, l'incitation publique à commettre des actes criminels, l'approbation formelle de crimes et la diffusion illégale de représentations de violence.
- Le suspect met en place un réseau extrémiste visant l'effondrement de l'ordre social
- Le suspect est arrêté en Rhénanie-Palatinat et placé en détention provisoire
- Le Parquet fédéral assume la compétence sur la procédure de Coblence
Liens avec la scène COM et réseaux parallèles
Les enquêteurs fédéraux ont lié les deux groupes de l'affaire à la scène COM en ligne, une sous-culture apparue sur les plateformes internet il y a plusieurs années. Les membres de ce réseau numérique recherchent délibérément des utilisateurs vulnérables sur les réseaux sociaux et les services de jeu pour les manipuler afin qu'ils commettent des actes dangereux.
Le Parquet fédéral a expliqué les méthodes utilisées par les acteurs au sein du réseau :
Ses membres recherchent spécifiquement sur les réseaux sociaux ou les plateformes de jeu des individus très jeunes, principalement de sexe féminin, qui doivent être poussés, par la manipulation et la coercition, à des actes dégradants et/ou à l'automutilation pouvant aller jusqu'au suicide.
Les autorités ont noté des parallèles entre cette enquête et un procès en cours devant le Tribunal régional de Hambourg impliquant un prévenu connu sous le pseudonyme en ligne White Tiger. Dans l'affaire de Hambourg, l'accusé fait face à des accusations pour plus de 200 infractions internet en tant que chef présumé du réseau sadique international 764, qui ciblait systématiquement les adolescents psychologiquement vulnérables sur les forums en ligne.
Procédure judiciaire à Karlsruhe
Le suspect a été arrêté le 17 mars dans le Land allemand de Rhénanie-Palatinat et reste en détention provisoire. La procédure pénale a d'abord été ouverte et menée par le Parquet général de Coblence avant d'être transférée aux procureurs fédéraux de Karlsruhe. L'accusé doit être présenté à un juge d'instruction de la Cour fédérale de justice. La chaîne de radiodiffusion Südwestrundfunk a été la première à rapporter la reprise fédérale de l'enquête.


