
L'épidémie d'Ebola en RDC fait 438 morts et atteint Kisangani, à 600 km de l'épicentre ; l'OMS lance un essai clinique
L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo a fait 438 morts sur 1 406 cas, avec un nouveau cas confirmé à Kisangani, à 600 km de l'épicentre de l'Ituri, suscitant des craintes de propagation plus large. L'Organisation mondiale de la santé a lancé un essai clinique pour la rare souche Bundibugyo, pour laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement.
Déclarée en mai, provoquée par la souche Bundibugyo
La 17e épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo a été officiellement déclarée le 15 mai 2026, causée par le rare virus Bundibugyo. Contrairement à la souche Zaïre plus courante, il n'existe ni vaccin ni traitement approuvé pour Bundibugyo. Au 2 juillet, l'épidémie avait entraîné 438 décès et 1 406 cas confirmés, soit un taux de létalité de 31,2 %, selon l'Institut national de santé publique (INSP). L'épidémie reste concentrée dans la province de l'Ituri, qui représente 91,2 % des cas et 83,6 % des décès, bien que le Nord-Kivu et le Sud-Kivu aient également signalé des infections.
Propagation à Kisangani et au-delà
Un nouveau cas détecté à Kisangani, une ville de 1,5 million d'habitants dans la province de la Tshopo, à près de 600 km de l'épicentre, a suscité l'alarme. Les autorités sanitaires indiquent que le corps d'une femme enceinte de 24 ans a été transporté clandestinement de la zone de santé de Nia Nia en Ituri jusqu'à Kisangani à moto, et s'est révélé positif par la suite. Un décès supplémentaire et une transmission ont été signalés dans la province du Haut-Uélé, mais les autorités congolaises considèrent ces cas comme importés, maintenant que seules trois provinces sont touchées. L'Ouganda a enregistré 20 cas et deux décès, sans nouveau cas depuis le 21 juin, bien qu'un cas du virus Marburg apparenté y ait été détecté le 30 juin. Le Sud-Kivu n'a signalé aucun cas confirmé depuis le 26 mai.
Le corps de la défunte a été transporté clandestinement à moto jusqu'à Kisangani.
Essai clinique de l'OMS lancé
L'Organisation mondiale de la santé a déclenché une alerte internationale et a annoncé le 2 juillet le lancement d'un essai clinique pour deux thérapies expérimentales : un anticorps monoclonal et un antiviral, testés séparément et en combinaison. L'essai est coordonné par l'Institut national de recherche biomédicale de la RDC avec le soutien de l'OMS.
L'essai clinique sur deux traitements a commencé avec le recrutement du premier patient.
Réponse politique transfrontalière
Le président de la RDC, Félix Tshisekedi, s'exprimant après une visite du président sud-africain Cyril Ramaphosa et du chef d'Africa CDC Jean Kaseya à Kinshasa, a souligné la nécessité d'une coopération régionale. Ramaphosa a déclaré que 1,5 milliard de dollars avaient été mobilisés par les partenaires.
La coopération sanitaire transfrontalière n'est pas une option, c'est une nécessité stratégique.
Quand un pays frère a besoin d'aide, nous répondons à cet appel.
Sur le terrain : baisse des décès mais défis profonds
Le porte-parole du gouvernement a indiqué que les décès quotidiens dans la zone de santé de Mongbwalu, l'épicentre, sont passés de 10 à 15 par jour au début de l'épidémie à 2 à 5 par jour il y a deux semaines, grâce à une surveillance renforcée. La recherche des contacts dépasse désormais 80 %, avec un objectif de 95 %. Cependant, les agents de santé sont confrontés à un conflit armé dans l'est de la RDC et à une méfiance généralisée : un centre de traitement Ebola a été incendié à Nia Nia le 1er juillet, et au moins une personne infectée a fui la zone de santé.
- L'épidémie est officiellement déclarée en RDC, causée par le virus Bundibugyo.
- La province du Sud-Kivu enregistre son dernier cas confirmé d'Ebola.
- L'Ouganda signale son dernier nouveau cas d'Ebola. Un cas de virus Marburg y est détecté le 30 juin.
- 438 morts, 1 406 cas signalés. Cas confirmé à Kisangani. L'OMS lance un essai clinique.


