
Ebola en RDC : plus de 9 000 cas confirmés, l'OMS prépare un essai de vaccin contre la souche Bundibugyo
Les données du ministère congolais de la Santé, arrêtées au 12 octobre, font état de 9 066 infections confirmées et de 4 381 décès, soit un taux de létalité de 48,3 %. Les conseillers vaccinaux de l'OMS ont annoncé une plateforme d'essai randomisé pour la souche Bundibugyo.
Bilan des cas et des décès
Le dernier rapport du ministère congolais de la Santé, portant sur des données collectées jusqu'au 12 octobre et publié le mardi 13 octobre, recense 9 066 infections confirmées d'Ebola et 4 381 décès en République démocratique du Congo (RDC). Le taux de létalité rapporté est de 48,3 %. Selon le même rapport, 2 389 patients sont guéris et 895 autres sont hospitalisés ou placés en isolement, tandis que le taux de suivi des contacts s'établit à 79,5 %. L'épidémie a été déclarée le 15 mai. Les chiffres continuent d'augmenter, avec 56 nouveaux cas enregistrés en Ituri et 28 au Nord-Kivu dans les 24 heures précédant le rapport.
- Décès
- 4381 personnes
- Guéris
- 2389 personnes
- Hospitalisés ou en isolement
- 895 personnes
Propagation entre provinces et frontières
L'épidémie touche des zones de santé dans sept des 26 provinces du pays : Ituri, Nord-Kivu, Tshopo, Bas-Uélé, Haut-Uélé, Sud-Kivu et Sud-Ubangi. Les rapports font état de 64 à 65 zones de santé touchées, selon les documents. L'Ituri et le Nord-Kivu sont les territoires les plus durement frappés. Le virus a également atteint l'Ouganda voisin, où l'OMS a déclaré la fin de l'épidémie le 26 août après 20 cas confirmés, dont 15 importés de RDC, et deux décès. Début octobre, le Kenya a confirmé un cas chez un ressortissant arrivé à Nairobi en provenance de RDC ; l'homme est décédé et ses contacts ont été placés en quarantaine. La France et les Pays-Bas ont chacun enregistré un cas importé lié à l'épidémie, sans déclarer de nouvelle flambée.
Comparaison avec les épidémies précédentes
L'épidémie est décrite comme la deuxième plus meurtrière et la plus contagieuse de l'histoire mondiale d'Ebola. Elle a déjà dépassé l'épidémie qui a frappé la même région de RDC entre 2018 et 2020, mais reste loin de l'épidémie d'Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016, qui a touché la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone et infecté plus de 28 000 personnes et tué plus de 11 000, selon les chiffres cités par Reuters. La souche Bundibugyo à l'origine de l'épidémie actuelle ne dispose d'aucun vaccin approuvé ni traitement spécifique. Les intervenants tentent au moins de ralentir la propagation du virus. La chronologie ci-dessous retrace les dates clés rapportées dans les sources.
- La RDC déclare l'épidémie d'Ebola
- L'OMS déclare la fin de l'épidémie en Ouganda
- Le Kenya confirme un cas importé chez un ressortissant arrivé à Nairobi en provenance de RDC
- Date d'arrêté des données du ministère : 9 066 cas confirmés et 4 381 décès
- Publication du rapport du ministère ; le SAGE de l'OMS annonce la plateforme d'essai vaccinal Tumaini
Essais vaccinaux et riposte
Le Groupe stratégique consultatif d'experts sur la vaccination (SAGE) de l'OMS a tenu sa réunion semestrielle dans la semaine du 5 octobre et annoncé une plateforme d'essai clinique randomisé, baptisée Tumaini, pour tester des vaccins contre la souche Bundibugyo. La plateforme testerait également le vaccin existant contre la souche Zaïre. Les experts indépendants du SAGE ont conclu que les résultats d'immunogénicité du vaccin Zaïre ne sont pas encore suffisants pour évaluer la protection clinique qu'il pourrait offrir contre Bundibugyo. Deux vaccins candidats sont à un stade d'essai plus avancé : l'un développé par l'Université d'Oxford avec le Serum Institute of India, et l'autre de Moderna utilisant la technologie de l'ARN messager, la même approche que certains vaccins contre le Covid-19. Les essais de vaccins chez l'homme ont commencé et n'ont montré aucun problème de sécurité jusqu'à présent, même si le développement pourrait prendre plusieurs mois. Le président du SAGE a exhorté les régulateurs à se préparer afin qu'il n'y ait pas de retard une fois les vaccins approuvés. L'insécurité et les déplacements de population en RDC continuent d'entraver l'accès aux soins, d'interrompre la surveillance et de retarder la recherche nécessaire pour répondre à l'épidémie, et le SAGE s'est dit très préoccupé par le nombre élevé de décès d'enfants.


