
L'épidémie d'Ebola en RDC s'étend à une sixième province alors que le nombre de morts dépasse les 2 100
L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo s'est propagée à une sixième province alors que le nombre de morts dépasse les 2 100, l'OMS avertissant que l'épidémie pourrait éclipser la crise de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest qui a tué plus de 11 000 personnes.
L'épidémie atteint une sixième province
L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo s'est propagée à une sixième province le jeudi 13 août, lorsqu'un homme est décédé dans le Bas-Uélé après avoir voyagé d'Isiro (Haut-Uélé) à Buta, la capitale provinciale. Jean Kaseya, directeur général de l'Africa CDC, a confirmé le décès lors d'un échange en ligne avec des journalistes. Le Bas-Uélé, qui borde la République centrafricaine, avait été jusqu'alors épargné. L'épidémie touche désormais six des 26 provinces de la RDC : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé, Tshopo et Bas-Uélé. L'Ituri concentre environ 80 % de tous les décès. L'épidémie menace également de se propager au Soudan du Sud voisin.
Le dernier bulletin du ministère de la Santé, daté du 11 août, fait état de 2 128 décès sur 4 566 cas confirmés. L'OMS estime que les autorités n'ont visibilité que sur un tiers des cas, ce qui signifie que le bilan réel est nettement plus élevé. Au cours de la semaine écoulée, le taux de mortalité quotidien moyen a atteint 30 personnes par jour.
- L'épidémie commence selon le séquençage de l'OMS
- La RDC déclare sa 17e épidémie d'Ebola avec plusieurs semaines de retard
- Les essais cliniques de deux traitements potentiels commencent en Ituri
- Le bulletin du ministère de la Santé fait état de 2 128 décès et 4 566 cas confirmés
- L'épidémie se propage à une sixième province, le Bas-Uélé, avec un décès à Buta
Un virus en avance sur la riposte
Le séquençage de l'OMS montre que l'épidémie a commencé en février, des mois avant qu'elle ne soit officiellement déclarée le 15 mai, avec plusieurs semaines de retard. Il s'agit de la 17e épidémie d'Ebola en RDC, déjà considérée comme la plus importante de l'histoire du pays. L'épidémie actuelle est causée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n'existe aucun vaccin ni traitement approuvé. Les autorités sanitaires signalent que 60 % à 70 % des nouveaux cas sont enregistrés en dehors des contacts suivis, ce qui indique que la maladie se propage au-delà des chaînes de transmission suivies.
Le Dr Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, a décrit la situation en termes très durs lors d'un point de presse cette semaine.
La situation de l'Ebola est catastrophique. En trois mois, nous n'avons eu accès qu'à un tiers de la situation. Nous devons nous asseoir, nous poser des questions difficiles et changer notre approche.
L'OMS a appelé à une stratégie révisée axée sur des campagnes de détection communautaire pour identifier plus rapidement les cas et les contacts. La Dre Gisèle Mbuyi, qui supervise la surveillance des cas, a cité la méfiance envers les équipes de riposte comme un obstacle majeur, notant que certaines communautés continuent de nier l'existence d'Ebola.
Grève des soignants, essais de traitements
Les soignants du centre de traitement de Nizi, dans la province de l'Ituri, ont fait grève jeudi, entraînant la fermeture temporaire de l'établissement. Les travailleurs ont déclaré n'avoir pas été payés depuis trois mois. La grève aggrave un environnement déjà difficile marqué par les menaces des groupes rebelles, la colère des communautés et la désinformation affirmant qu'Ebola n'existe pas.
Les essais cliniques de deux traitements potentiels pour la souche Bundibugyo d'Ebola ont débuté le mois dernier en Ituri, la province la plus touchée. Le nombre de morts dans cette épidémie a été atteint presque trois fois plus rapidement que lors de l'épidémie de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest, qui a tué plus de 11 000 personnes. Mercredi, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que l'épidémie actuelle pourrait éclipser ce record.
Défis de financement et de coordination
Le coût de la riposte a considérablement augmenté. Le plan national initial, conçu pour trois mois, était budgété à 240 millions de dollars. Le nouveau plan présenté par le gouvernement s'élève désormais à 940 millions de dollars, selon Anne Ancia, la représentante de l'OMS en RDC. Le plan élargi couvre à la fois la lutte contre le virus et la continuité des services de santé essentiels.
- Plan national initial
- 240 $ millions
- Nouveau plan national
- 940 $ millions
- Engagements totaux des États-Unis
- 512 $ millions
Les États-Unis ont annoncé 242 millions de dollars de financement supplémentaire, portant l'engagement total des États-Unis à 512 millions de dollars pour la riposte directe à Ebola et la préparation. Cependant, l'OMS a noté que cet argent ne transite pas par l'organisation, car Washington utilise ses propres mécanismes et opérateurs. Le ministre de la Santé congolais a appelé à « un seul plan, un seul budget, une seule coordination », et le président Tshisekedi a demandé une cartographie des donateurs et de leurs activités. Kinshasa veut gérer directement une plus grande part du financement extérieur, notamment le paiement des médecins et infirmières.


