
Les troupes israéliennes construisent une barrière dans un village libanais tenu par l'armée, Beyrouth dénonce une violation de l'accord de juin
Les forces israéliennes ont érigé une barrière en terre à Zawtar al-Gharbiya, un village du sud du Liban sous contrôle de l'armée libanaise depuis le 21 juillet, ce qui a conduit Beyrouth à dénoncer une violation de l'accord-cadre de juin parrainé par les États-Unis.
Incursion nocturne
Des troupes israéliennes sont entrées dans le village de Zawtar al-Gharbiya, dans le sud du Liban, peu après minuit dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 août, avançant près de la place du village et érigeant une nouvelle barrière en terre, selon l'Agence nationale d'information (NNA) libanaise publique. Un correspondant de l'AFP a vu la barrière bloquer une route à l'entrée est du village. Le maire, Abed Ezzeddine, a déclaré à l'AFP qu'une cinquantaine de familles revenues au village depuis fin juillet ont été surprises de découvrir la barrière samedi matin, située à environ 100 mètres de la place du village. Les autorités locales ont indiqué ignorer si des forces israéliennes restaient dans la zone. La NNA a rapporté que la force a avancé peu après minuit et a érigé la barrière près de la place du village.
Une "zone pilote" dans le cadre de l'accord de juin
Zawtar al-Gharbiya était l'une des deux "zones pilotes" désignées où l'armée libanaise devait prendre le contrôle de la sécurité dans le cadre d'un accord-cadre parrainé par les États-Unis, signé avec Israël en juin à Washington. L'armée libanaise s'est déployée dans le village le 21 juillet, et les troupes israéliennes étaient auparavant présentes à la périphérie du village avant ce déploiement. Ce déploiement faisait partie de la première phase de l'accord-cadre, l'armée libanaise prenant le contrôle des zones dont les forces israéliennes s'étaient retirées. Selon l'accord, le Liban doit désarmer le Hezbollah tandis qu'Israël doit progressivement retirer ses forces du sud. Le retrait est conditionné au désarmement du mouvement pro-iranien, qui refuse de désarmer et n'est pas partie aux discussions.
- Signature de l'accord-cadre à Washington sous le parrainage américain
- Déploiement de l'armée libanaise à Zawtar al-Gharbiya comme première zone pilote
- Environ 50 familles reviennent au village
- Septième cycle de négociations Liban-Israël achevé à Rome
- Incursion nocturne des troupes israéliennes à Zawtar al-Gharbiya, construction d'une barrière en terre
- Les résidents découvrent la barrière ; le Liban la qualifie de violation de l'accord
Condamnation libanaise et déni israélien
Une source militaire libanaise a confirmé l'incident à l'AFP et l'a qualifié de violation de l'accord-cadre. Un porte-parole de l'armée israélienne a donné une version différente.
Nous n'avons connaissance d'aucun incident de ce type dans cette zone.
Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis juin, Israël continue de mener des frappes sélectives et des démolitions de bâtiments dans le sud du Liban. Samedi, la NNA a fait état de plusieurs frappes dans la région, s'ajoutant au schéma d'activité militaire persistante malgré la trêve.
Négociations au point mort
Le Liban et Israël ont achevé leur septième cycle de négociations directes à Rome jeudi. Selon une source au sein de la présidence libanaise, les Israéliens ont refusé de désigner de nouvelles "zones pilotes", exigeant d'abord de s'assurer du contrôle effectif de l'armée libanaise dans les zones déjà prévues par l'accord. Un responsable israélien a déclaré à l'AFP que l'extension du processus n'était "pas automatique" et dépendrait des résultats observés. Aucune nouvelle zone pilote n'a été désignée, laissant l'expansion de l'accord en suspens.
Contexte du conflit
Israël a envahi le sud du Liban après que le Hezbollah a rouvert les hostilités début mars en soutien à l'Iran, qui était la cible d'une offensive israélo-américaine. Les forces israéliennes continuent d'occuper une large bande de territoire dans le sud, le long de la frontière. L'invasion et la campagne de bombardements généralisée ont tué plus de 4 300 personnes, selon le ministère libanais de la Santé, et déplacé des centaines de milliers d'autres. Le Hezbollah est entré dans la guerre du Moyen-Orient aux côtés de son parrain iranien, provoquant l'invasion israélienne et l'occupation ultérieure du territoire du sud du Liban.


