L'ancien patron d'eMAG Iulian Stanciu et Adrian Crețoiu autorisés à reprendre les stations-service Gazprom en Roumanie
Le Conseil de la concurrence roumain a approuvé la prise de contrôle indirecte de NIS Petrol, qui exploite le réseau de 19 stations Gazprom en Roumanie, par Argenta SRL, contrôlée conjointement par Iulian Stanciu et Adrian Crețoiu.
L'autorisation
Le Conseil de la concurrence roumain (Consiliul Concurenței) a rendu la décision 211/2026 autorisant l'acquisition du contrôle conjoint et indirect de NIS Petrol SRL par Iulian Stanciu, ancien patron d'eMAG, et Adrian Crețoiu, propriétaire du cabinet de conseil First All Energy Europe (FAEE). Le Conseil a estimé que, bien que l'opération notifiée relève de la loi sur la concurrence, il n'existe pas de doutes sérieux quant à sa compatibilité avec un environnement concurrentiel normal. La notification a été déposée le 4 mai 2026 et est devenue effective le 12 août 2026, date à laquelle le Conseil a reçu des informations complètes.
La structure de l'opération
L'opération repose sur un contrat de vente entre NIS a.d. Novi Sad, en Serbie, comme vendeur, et Argenta, comme acheteur, portant sur 100 % des droits de vote et du capital social de NIS Petrol. Argenta est une entreprise roumaine de construction métallique contrôlée conjointement par les deux entrepreneurs, Adrian Crețoiu détenant 60 % et Iulian Stanciu 40 %. Le duo a repris Argenta en 2025 auprès du groupe GSP de Gabriel Comănescu. Adrian Crețoiu et Iulian Stanciu contrôlent également Foraj Sonde Videle, qui a récemment acquis Raffles Energy, une holding britannique propriétaire de Raffles Energy SRL et Zenith Resources SRL, deux entreprises énergétiques roumaines actives dans le gaz naturel et la production d'électricité.
L'analyse concurrentielle
Le Conseil n'a relevé aucun chevauchement horizontal entre les activités des parties. Il a qualifié l'opération d'intégration verticale, les acquéreurs opérant en amont comme prestataires de services tandis que NIS Petrol intervient sur un marché en aval du développement, de la production et de la vente de pétrole brut. Les parts de marché des parties restent inférieures à 30 %, ce qui, selon le Conseil, exclut la création d'une position dominante sur le marché roumain. Les acheteurs doivent acquitter la taxe d'autorisation dans les 30 jours, calculée sur le chiffre d'affaires déclaré par les parties notifiantes.
Les finances et les sanctions visant NIS Petrol
NIS Petrol est présente en Roumanie depuis 2012 et a enregistré des pertes chaque année depuis sa création. Selon les données du ministère des Finances, l'entreprise a déclaré des pertes de plus de 94 millions de lei en 2025 pour un chiffre d'affaires total d'environ 205 millions de lei, et les pertes cumulées sur les 13 dernières années dépassent 600 millions de lei. La maison mère serbe, NIS, est détenue majoritairement par le russe Gazprom, et la reprise est présentée par un média comme s'inscrivant dans un processus de réduction des activités de NIS en Roumanie, dans le contexte des sanctions économiques américaines contre Gazprom. HotNews a rapporté que NIS Petrol figure sur la liste des sanctions américaines en raison de ses actionnaires russes. L'entreprise exploite également quatre périmètres pétroliers dans le département de Timiș, en vertu de concessions accordées à partir de 2010.
La chronologie de l'information
La vente est apparue pour la première fois en juillet 2026, lorsque des informations ont indiqué que les stations roumaines de Gazprom avaient changé de propriétaire sans nommer l'acheteur. La décision du Conseil a été rapportée par plusieurs médias roumains le 15 octobre 2026.

