
Plus de 200 tonnes de méduses perturbent les six réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines en France
Plus de 200 tonnes de méduses ont obstrué les filtres d'admission d'eau de mer de refroidissement de la centrale nucléaire de Gravelines, dans le nord de la France, dans la nuit du 27 août, forçant l'opérateur EDF à arrêter deux réacteurs et à réduire la puissance de deux autres.
Un essaim déclenche des arrêts préventifs
Une invasion massive de plus de 200 tonnes de méduses a obstrué les systèmes d'admission d'eau de refroidissement de la centrale nucléaire de Gravelines, dans le nord de la France, dans la nuit du 27 août. L'exploitant EDF a arrêté le réacteur 6 par précaution après que de grands essaims de ces animaux marins ont atteint la station de pompage d'eau de mer. Les méduses se sont accumulées directement contre les pré-filtres mécaniques et les tambours filtrants rotatifs qui nettoient l'eau de la mer du Nord avant qu'elle n'entre dans les circuits de refroidissement de l'installation. La perturbation de l'admission a forcé l'opérateur à réduire la production des réacteurs 1 et 2 tout en mettant les réacteurs 3 et 6 complètement hors service. EDF a confirmé que les interventions de sécurité automatisées et manuelles ont empêché tout dommage physique aux équipements de pompage internes.
Il n'y a pas d'impact sur la sûreté des installations.
État opérationnel des six réacteurs
Suite aux actions menées pendant la nuit, aucun des six réacteurs du site de Gravelines ne fonctionne dans des conditions d'exploitation normales. Les réacteurs 1 et 2 restent connectés au réseau de transport à des niveaux de production réduits pour éviter un nouveau blocage de leurs canaux d'admission. Le réacteur 3, qui avait repris la production d'électricité le 18 août après un précédent arrêt dû aux méduses, a été arrêté à nouveau neuf jours plus tard. Le réacteur 4 est hors service en raison d'un dysfonctionnement technique indépendant, tandis que le réacteur 5 reste déconnecté pour des travaux de maintenance décennale programmés. L'entreprise a déclaré que les arrêts combinés de l'installation, située sur la côte de la mer du Nord entre Calais et Dunkerque, ne menacent pas la stabilité du réseau électrique national.
- Puissance réduite (méduses)
- 2 réacteurs
- À l'arrêt (méduses)
- 2 réacteurs
- Panne technique
- 1 réacteurs
- Maintenance décennale
- 1 réacteurs
Confinement en mer et incidents précédents
Pour dégager les prises d'eau de refroidissement, EDF a déployé sept bateaux spécialisés opérant 24 heures sur 24 dans les eaux côtières près de la centrale. Les équipes maritimes travaillent aux côtés de l'organisation environnementale France Pêche Durable pour collecter les animaux dans des filets et les transporter plus au large pour les relâcher. L'exploitant avait déjà introduit des protocoles de détection renforcés le 8 août suite à une activité récurrente de méduses le long de la côte. Des essaims similaires ont causé des perturbations d'exploitation à Gravelines en août 2025 et plus tôt en août 2026, lorsqu'un afflux le 10 août a déclenché des arrêts automatiques des réacteurs 3 et 4, ainsi qu'une réduction manuelle de puissance au réacteur 2. Les porte-parole de l'entreprise ont noté que les causes environnementales exactes de ces augmentations soudaines de population restent à l'étude.
- EDF met en place des systèmes de surveillance renforcés pour détecter les essaims de méduses
- Des méduses obstruent les prises d'eau, provoquant l'arrêt automatique des réacteurs 3 et 4 ainsi que la réduction de puissance du réacteur 2
- Le réacteur 3 est reconnecté au réseau électrique français après les opérations de dégagement
- Plus de 200 tonnes de méduses arrivent pendant la nuit, provoquant l'arrêt des réacteurs 3 et 6 et la réduction de la production des réacteurs 1 et 2
Conditions climatiques et production nucléaire
La perturbation liée aux méduses coïncide avec des contraintes météorologiques plus larges au sein du parc nucléaire français, qui comprend 57 réacteurs opérationnels répartis sur près de 20 sites. L'énergie nucléaire fournit généralement environ 70 % de la production d'électricité en France. À la mi-août, les fortes températures estivales, les conditions de sécheresse et les infestations marines ont temporairement réduit environ 20 % de la capacité nucléaire installée du pays, laissant jusqu'à 13 réacteurs indisponibles ou fonctionnant à capacité réduite. Alors que les centrales de l'intérieur doivent réduire leur production pendant les périodes de canicule pour éviter de réchauffer les écosystèmes fluviaux au-delà des limites réglementaires, les centrales côtières comme Gravelines dépendent directement de l'eau de mer, où le réchauffement des tendances marines contribue aux proliférations saisonnières de méduses.


