
Les attaques de missiles houthies contre l'aéroport de Riyad font au moins 12 morts et mettent sous pression le prince héritier saoudien
La frappe de missile de samedi 10 octobre a été présentée comme l'attaque houthie la plus meurtrière sur le sol saoudien depuis plus de dix ans, selon la BBC. Une deuxième attaque, dimanche 11 octobre, a entraîné la suspension des opérations de l'aéroport, et les houthis ont affirmé lundi 12 octobre avoir frappé de nouveau.
Attaques contre l'aéroport de Riyad
Les houthis ont tiré un missile contre l'aéroport international de Riyad samedi 10 octobre. Les bilans font état d'au moins douze morts et de plus de 300 blessés, ce que newsORF a décrit comme l'attaque la plus meurtrière contre l'aéroport à ce jour. Les houthis ont qualifié la frappe d'« opération de représailles », tandis que Riyad l'a décrite comme une « attaque terroriste et lâche » et a promis une réponse « résolue ». Une nouvelle attaque, dimanche 11 octobre, a maintenu les opérations de l'aéroport suspendues jusqu'au week-end suivant.
- Un missile touche l'aéroport international de Riyad, faisant selon les informations au moins 12 morts et plus de 300 blessés
- Deuxième attaque contre l'aéroport de Riyad ; les opérations de l'aéroport suspendues jusqu'au week-end suivant
- La coalition déclare avoir intercepté un missile balistique ; les houthis revendiquent une nouvelle frappe contre l'aéroport de Riyad et une attaque contre une base aérienne à Khamis Mushait
Les frappes de lundi
Lundi 12 octobre, la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite a déclaré avoir intercepté et détruit un missile balistique tiré par les houthis. Les houthis ont affirmé avoir de nouveau attaqué l'aéroport de Riyad et avoir aussi visé une base aérienne à Khamis Mushait, une ville du sud. La coalition a indiqué avoir abattu deux missiles au total. Selon les autorités saoudiennes, citées par Tages Anzeiger, le missile de samedi a touché un groupe de pèlerins se rendant à La Mecque et tué un Palestinien.
La pression sur le prince héritier
Mohammed ben Salmane n'est pas apparu en public depuis les attaques, selon la SRF, alors même qu'il concentre entre ses mains un pouvoir considérable. Une conférence sur l'énergie réunissant plusieurs ministres des Affaires étrangères et des centaines de dirigeants économiques s'est tenue à Riyad malgré le risque sécuritaire. Seul le ministre de l'Énergie s'est exprimé publiquement, déclarant que les attaques mettraient l'Arabie saoudite à l'épreuve. Le New York Times a écrit que ben Salmane n'a pas d'issue confortable et que les houthis ont relevé leurs exigences pour mettre fin au conflit, rendant plus difficile un règlement négocié. L'analyste Yasmine Farouk, citée par le New York Times, s'attend à ce que Riyad cherche à affaiblir militairement les houthis avant de négocier, et estime qu'il est encore trop tôt pour parler, le groupe pouvant lancer de nouvelles attaques à tout moment.
Enjeux économiques et stratégiques
La SRF rapporte que l'élan d'investissement s'est enrayé, en partie à cause de la guerre entre les États-Unis et l'Iran. Les investissements et les recettes hors pétrole ont tous deux reculé au premier semestre. Une enquête du Wall Street Journal a constaté que la construction de la ville du futur Neom est pratiquement à l'arrêt, et que d'autres projets de Vision 2030 ont été réduits ou suspendus. La Neue Zürcher Zeitung note que l'Arabie saoudite ne reconnaît pas officiellement Israël, malgré une inquiétude partagée à propos de l'Iran et des houthis. Riyad exige toujours une voie crédible vers un État palestinien indépendant sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale.
La guerre au Yémen
La BBC fait état de combats intenses qui ont repris dans le sud du Yémen, notamment dans une zone de la province de Lahij proche du détroit de Bab al-Mandab, qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden. Un commandant des Forces du Sud, alignées sur le gouvernement, a déclaré qu'environ 500 combattants houthis restaient sur des hauteurs au-dessus du corridor et que ses troupes avaient repris environ 85 % d'une zone saisie par les houthis lors d'une offensive en septembre, des affirmations difficiles à vérifier de manière indépendante. Le commandant a montré à la BBC l'épave d'un drone qui, selon lui, transportait des explosifs C4, et a indiqué que les combattants utilisent des snipers, de l'artillerie, des missiles balistiques et des pièges. Les houthis ont pris Sanaa en 2014, et une coalition dirigée par l'Arabie saoudite est intervenue en 2015 sans les repousser de manière décisive. Le groupe est soutenu par l'Iran, principal rival régional de l'Arabie saoudite.

