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Énergie & Commerce·-2 h

Le président de l'Eurogroupe plaide pour une marge de manœuvre budgétaire sur les investissements énergétiques alors que la crise du détroit d'Ormuz persiste

Les ministres des Finances de la zone euro ont discuté d'une proposition de la Commission européenne visant à accorder aux États membres une flexibilité budgétaire temporaire pour les investissements dans la sécurité énergétique, dans un contexte de prix élevés persistants et de fermeture du détroit d'Ormuz. Le président de l'Eurogroupe, Kyriakos Pierrakakis, a soutenu le plan, tandis que l'Allemagne s'est montrée prudente.

La crise énergétique domine l'ordre du jour de l'Eurogroupe

Réunis à Luxembourg le 11 juin 2026, les ministres des Finances de la zone euro ont fait face aux retombées économiques de la crise au Moyen-Orient et à la fermeture prolongée du détroit d'Ormuz. Les marchés de l'énergie restent sous pression, et les risques pour la croissance et l'inflation se sont intensifiés, a déclaré Pierrakakis aux journalistes après la session.

Les effets de la crise au Moyen-Orient se font déjà sentir.

Le Fonds monétaire international estime que les investissements réalisés par les Européens depuis 2022 ont atténué la crise de 12 % par rapport à un scénario sans investissement, un chiffre que Pierrakakis a cité pour souligner la valeur d'un investissement soutenu dans les infrastructures.

La Commission propose une flexibilité ciblée

La Commission européenne, agissant à la demande de l'Italie, a présenté une clause de sauvegarde limitée qui permettrait aux gouvernements de canaliser des dépenses supplémentaires vers la résilience énergétique et la décarbonation. Le commissaire Valdis Dombrovskis a indiqué aux ministres que la flexibilité couvrirait des projets à grande échelle dans les énergies renouvelables, les réseaux, les interconnexions, le stockage et les mesures au niveau des ménages telles que les pompes à chaleur, les panneaux solaires, les batteries, les améliorations de l'efficacité énergétique et la mobilité électrique.

La flexibilité est limitée dans sa portée et sa durée et est conçue pour rester compatible avec la viabilité de la dette.

La Commission élabore déjà des lignes directrices détaillées pour la mise en œuvre.

Pierrakakis rallie les soutiens

Kyriakos Pierrakakis, ministre grec de l'Économie nationale et des Finances et président de l'Eurogroupe, a ouvertement approuvé cette approche. Il a fait valoir que l'investissement dans les infrastructures énergétiques est en soi la forme la plus productive de politique sociale, car il réduit structurellement les factures.

La meilleure politique sociale pour tous les Européens est d'investir dans les infrastructures énergétiques.

Il a établi un parallèle avec la clause de sauvegarde convenue pour les dépenses de défense, déclarant que les investissements dans la défense protègent la liberté de l'Europe tandis que les investissements énergétiques protègent son indépendance économique. Pierrakakis a souligné que l'Europe ne peut pas choisir entre gérer la crise d'aujourd'hui et se préparer pour demain ; elle doit faire les deux à la fois, et que la coordination budgétaire est essentielle car « l'incertitude a un coût. »

Berlin appelle à la prudence

Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, s'est abstenu d'approuver la nouvelle flexibilité. Il a déclaré que Berlin évaluerait les propositions finales de la Commission une fois qu'elles seront formalisées, notant que la sauvegarde de la stabilité financière reste la priorité. Dombrovskis a reconnu que les points de vue entre États membres divergent encore, bien que la Commission estime avoir trouvé un juste milieu équilibré.

Une stratégie énergétique à long terme

Au-delà du débat immédiat, Pierrakakis a répété ses appels en faveur de davantage d'interconnexions, de stockage d'énergie et d'investissements dans les réseaux, décrivant la sécurité énergétique comme un pilier de la sécurité européenne dans son ensemble. Il a noté que la politique budgétaire ne doit pas contredire la politique monétaire et que la triple tâche — soutenir les ménages vulnérables, faire preuve de prudence budgétaire et assurer la cohérence des politiques à court et à long terme — nécessite une approche coordonnée.

Luxembourg

5 sources

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