Généré par IA·En savoir plus
© AGI
Gouvernement·-2 h

Cuba annonce des réformes économiques radicales alors que Díaz-Canel déclare « des temps où le changement est nécessaire »

Le président Miguel Díaz-Canel a surpris Cuba avec un vaste ensemble de réformes orientées vers le marché, invoquant les « exigences du temps présent » alors que le pays subit un resserrement du blocus américain et une crise économique qui s'aggrave.

Le président cubain Miguel Díaz-Canel a annoncé vendredi un vaste programme de libéralisation et de décentralisation économique. Les mesures, baptisées Programme économique et social pour 2026, visent à briser les contrôles centralisés et à attirer les investissements alors que l'île est confrontée à des pénuries chroniques, des coupures d'électricité et le renforcement du blocus pétrolier de Washington.

Mesures de libéralisation essentielles

Les entreprises privées verront la liste des activités interdites considérablement réduite afin que leur champ d'action soit le plus large possible. Les demandes en attente pour de nouvelles entreprises seront approuvées dans les plus brefs délais. L'approbation des micro, petites et moyennes entreprises (mipymes) sera déléguée aux gouvernements municipaux pour réduire la bureaucratie.

Pour les formes de gestion non étatiques, la liste des activités interdites sera limitée afin que leur champ d'opérations soit le plus large possible.

Tourisme et immobilier ouverts

De nouveaux opérateurs seront autorisés à entrer dans le secteur touristique pour exploiter les infrastructures hôtelières après le retrait partiel ou total des grandes chaînes étrangères qui ont fui pour éviter les sanctions américaines. Le secteur immobilier est également réformé avec de « nouveaux modèles » et de « nouveaux acteurs », bien que le gouvernement ait fourni peu de détails.

Autonomie des entreprises d'État et agriculture

Les entreprises d'État, qui représentent environ 80 % de l'activité économique, vont gagner une autonomie bien plus grande : elles fixeront leurs propres systèmes de rémunération sans plafonds réglementaires, réinvestiront leurs bénéfices, géreront directement les importations et les exportations, et participeront au marché des changes. Les intermédiaires d'importation d'État seront supprimés pour rendre le commerce extérieur « plus dynamique ». Dans l'agriculture, les producteurs auront un accès direct aux intrants, des partenariats avec d'autres acteurs économiques, de véritables comptes bancaires en devises fortes, et une participation au marché des changes, tandis que les formalités bureaucratiques seront allégées au maximum.

Rationalisation de l'État et réorientation des subventions

Le président a annoncé une restructuration de l'appareil d'État qui réduira le nombre de ministères et réduira considérablement la masse salariale du gouvernement, un plan nécessitant l'approbation du Parlement en juillet. Le gouvernement entamera également une transition progressive des subventions généralisées aux produits vers un soutien ciblé aux personnes vulnérables.

Le pays n'est pas paralysé ; le pays fait face à cette situation intelligemment.

Le calcul politique

Díaz-Canel a insisté sur le fait que ce changement était dicté par « les exigences du temps présent » plutôt que par la pression de Washington, qui a imposé un blocus pétrolier depuis janvier et, selon un rapport, a évoqué la perspective d'une intervention militaire. Cependant, les réformes sont largement considérées comme une réponse directe à une crise qui a suscité des troubles sociaux croissants et l'exode des investisseurs étrangers.

Le mépris de l'opposition

Des voix dissidentes ont rapidement qualifié le train de mesures de simple écran de fumée. Dans un essai publié le même jour, la figure de l'opposition José Daniel Ferrer a soutenu que le régime ne faisait qu'appliquer un pansement à un « système pourri » pour gagner du temps.

Cuba n'a pas besoin de rustines. Cuba a besoin d'une réforme économique profonde et d'une réforme politique totale. Elle a besoin d'une véritable économie de marché, où les forces productives sont libérées, où la richesse est créée, et où la nourriture, les biens et les services sont produits sans le contrôle étouffant du Parti communiste.

Ferrer a exigé le retour des terres aux propriétaires privés, la pleine liberté d'importer et d'exporter, et la fin du monopole d'État qui, selon lui, a détruit à la fois l'agriculture et l'industrie.

La Havane

8 sources

Recevoir Pollar Weekly

La semaine en actu, chaque vendredi. Gratuit.

Gratuit. Sans traceurs, sans pub. Désinscription à tout moment.

Plus de Politique & Économie