Sécurité · Katmandou, Bidur et Devighat

Le Népal estime la reconstruction après l'inondation glaciaire à 4,78 milliards de dollars alors que le bilan atteint 1 428 morts

Le gouvernement népalais a projeté un coût de reconstruction de 4,78 milliards de dollars après l'effondrement glaciaire du 26 août qui a tué 1 428 personnes au Népal et au Tibet, ce qui a incité à prévoir une demande d'aide climatique aux Nations unies.

Texte IA fondé sur les articles de RFI, rts.ch, Le Soir et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Katmandou, Bidur, Devighat, Betrawati · Népal
Comment on en est arrivé là
  1. 26 aoûtLe glacier s'effondre sur la face nord du Langtang Lirung, envoyant des débris dans les vallées de la Trishuli et de la Bhotekoshi.
  2. 9 sept.Les autorités népalaises signalent 1 367 morts confirmés et 5 132 disparus après les premiers relevés par drone.
  3. 11 sept.Le ministère des Affaires étrangères annonce un budget de reconstruction de 4,78 milliards de dollars alors que le nombre total de morts transfrontaliers atteint 1 428.

Échelle de la reconstruction et pertes préliminaires

Le gouvernement du Népal a annoncé le 11 septembre que la réparation des dégâts causés par l'inondation glaciaire à la frontière nord coûtera environ 4,78 milliards de dollars. Cette projection, équivalente à 4,12 milliards d'euros ou 723,31 milliards de roupies népalaises, a été présentée par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lok Bahadur Chhetri, après des évaluations sectorielles initiales. Les planificateurs des secours ont alloué 57,67 millions de dollars aux tâches immédiates de sauvetage et de réparation au cours des six prochains mois, tandis que les 4,71 milliards de dollars restants sont destinés à la reconstruction à long terme dans les secteurs des transports, du logement et de l'énergie.

« Le budget total estimé pour la reconstruction est d'environ 4,78 milliards de dollars. »

Lok Bahadur Chhetri, porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Népal

Le responsable de l'Autorité nationale de réduction et de gestion des risques de catastrophes, Dharmaraj Uprety, a noté que les autorités ont calculé les dégâts à l'aide de relevés par drones et de données statistiques comparatives d'avant la catastrophe. L'inondation a touché des services publics essentiels, affectant 13 centrales hydroélectriques d'une capacité combinée de 759 mégawatts ainsi que cinq installations solaires produisant 24 mégawatts, ce qui a éliminé 10 % de l'approvisionnement électrique national.

Capacité de production électrique endommagée par type d'installationMW
Hydroélectrique (13 centrales)
759 MW
Solaire (5 installations)
24 MW

Données tirées du texte de l’article

Chiffres des victimes au Népal et au Tibet

La catastrophe a commencé après 08h30 le 26 août lorsqu'un glissement de terrain a déclenché un effondrement glaciaire sur la face nord du Langtang Lirung, un sommet le long de la frontière entre le Népal et la Chine. Un mur de glace, de roche et de boue a dévalé les vallées des rivières Trishuli et Bhotekoshi, aplatissant les villages riverains, les routes et les ponts. Au 11 septembre, l'agence d'urgence du Népal a signalé la récupération de 1 385 corps, avec 5 130 personnes portées disparues. Dans le Tibet voisin, les médias d'État chinois ont confirmé 43 morts et 519 personnes disparues, portant le bilan combiné des deux nations à 1 428 morts et 5 649 disparus, avec au moins 5 600 blessés.

Les équipes de recherche ont continué à dégager les tunnels hydroélectriques engorgés de boue où des dizaines de travailleurs restaient piégés. Les victimes comprenaient des résidents locaux ainsi que des randonneurs et pèlerins étrangers venus d'Inde, de Chine, du Royaume-Uni, des États-Unis et d'Australie. Alors que les localités en aval comme Devighat (à 80 kilomètres du site de l'effondrement) ont été évacuées avant que les eaux de crue ne balayent leur centre-ville, les localités en amont ont été prises sans avertissement suffisant. Des vols d'aide d'urgence ont été opérés par hélicoptère depuis Katmandou vers des bases avancées isolées comme Betrawati, tandis que les familles se rassemblaient à la base militaire de Bidur et dans les hôpitaux de Katmandou pour identifier les victimes.

Panne des télécommunications et réformes satellitaires

L'inondation a sectionné des dizaines de kilomètres de fibre optique et renversé des tours de transmission mobile, coupant les survivants dans les vallées pendant plusieurs jours. Le directeur adjoint de l'Autorité des télécommunications du Népal, Binod Shrestha, a noté que la panne démontrait des vulnérabilités critiques dans l'infrastructure d'alerte nationale, qui repose exclusivement sur les SMS cellulaires.

« Nous avons tiré des leçons de cette catastrophe. D'autres pays ont un plan d'urgence pour les communications, afin de les rétablir le plus rapidement possible. »

Binod Shrestha, directeur adjoint de l'Autorité des télécommunications du Népal

Les responsables ont depuis exploré des changements structurels pour permettre une connectivité satellitaire plus large en cas de crise. En vertu des lois existantes, les fournisseurs de satellites étrangers comme Starlink sont soumis à un plafond de 80 % d'investissement direct étranger et doivent opérer via des opérateurs nationaux. Dans l'immédiat après-coup, le fournisseur d'accès Internet local DishHome s'est associé à l'opérateur satellitaire européen Eutelsat pour rétablir la connectivité régionale.

Appel à la justice climatique aux Nations unies

Les autorités népalaises ont attribué la rupture glaciaire à la fonte accélérée de l'Himalaya causée par la hausse des températures mondiales. Le Premier ministre Balendra Shah dirigera la délégation du pays à l'Assemblée générale des Nations unies à New York pour appeler à une aide climatique internationale. Le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Amrit Bahadur Ra, a expliqué l'objectif diplomatique du gouvernement.

« Il attirera l'attention de la communauté internationale sur les pertes en vies humaines et en biens subies par le Népal à cause du changement climatique et des catastrophes qu'il provoque. »

Amrit Bahadur Ra, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères du Népal

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