
Le Venezuela rend hommage aux 5 546 morts des séismes de juin, des milliers de disparus
Des commémorations à La Guaira et Caracas alors que les autorités portent le bilan à 5 546 morts, 16 740 disparus et 23 000 personnes réfugiées dans des abris après les séismes du 24 juin.
Un mois de deuil
Les deux séismes qui ont frappé le Venezuela le 24 juin, enregistrés à des magnitudes de 7,2 et 7,5, ont dévasté l'État côtier de La Guaira et une partie de Caracas. Le 24 juillet à 18 h 04, exactement un mois plus tard, des dizaines de personnes en deuil se sont rassemblées sur les ruines du complexe de logements sociaux OPP à Caraballeda. Les opérations de secours se sont interrompues et le bruit des marteaux-piqueurs et des foreuses a cédé la place à une minute de silence. Des hommages similaires ont eu lieu sur les places publiques de la capitale après un appel sur les réseaux sociaux à une commémoration nationale.
Les familles ont déposé des fleurs, des photographies et allumé des bougies près d'un autel improvisé fait de jouets et de peluches récupérés dans les décombres. Le complexe, dont les tours atteignaient 12 étages, s'est effondré en totalité, ensevelissant des milliers de personnes. Une femme serrant un chapelet a mené des prières pour le repos éternel des victimes, tandis que les secouristes de la protection civile, les pompiers et les volontaires se tenaient parmi les personnes en deuil.
Je veux vraiment que tous les proches prient pour ceux qui ne sont plus avec nous. Et ceux d'entre nous qui ont encore de la famille là-bas, nous voulons prier pour qu'ils puissent sortir.
Nous sommes un peuple illettré dans ce système de séismes. Et cela nous a complètement pris par surprise. Nous ne savions même pas à quoi servait l'alarme. Cela ne nous aurait de toute façon pas laissé le temps. Alors aujourd'hui, j'élève la voix pour eux. Que tous ceux qui sont tombés dans ces deux séismes reposent en paix. Et que la lumière perpétuelle brille sur eux.
Le bilan officiel s'alourdit
Le président du Parlement, Jorge Rodriguez, a publié vendredi des chiffres actualisés : 5 546 morts confirmés et 16 740 disparus. Dans la foulée, l'ONU avait estimé que le bilan pourrait atteindre 50 000, bien que le gouvernement n'ait pas publié de liste officielle des personnes disparues. Les autorités indiquent qu'environ 23 000 personnes vivent dans des abris de fortune, 190 bâtiments se sont effondrés et près de 900 autres ont été endommagés au point d'être inhabitables.
- Morts confirmés
- 5546
- Disparus
- 16740
- Personnes déplacées (abris)
- 23000
- Bâtiments effondrés
- 190
- Bâtiments endommagés
- 900
Une communauté en deuil
Après la minute de silence, les travaux de recherche ont repris, avec les équipes de la protection civile, les pompiers et les volontaires fouillant des montagnes de béton, de ferraille tordue et de pierres. Les autels se sont agrandis chaque jour à mesure que d'autres jouets d'enfants étaient retrouvés, un rappel tragique des jeunes vies perdues. Les familles se sont embrassées et ont pleuré sur le site, beaucoup attendant encore des nouvelles de leurs proches enterrés sous les anciens blocs de 12 étages. Lors d'une cérémonie militaire télévisée, la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a évoqué le premier mois de l'anniversaire, bien que ses remarques aient été écourtées dans le fil de l'AFP.
Réponse nationale
Le gouvernement n'a pas encore publié de listes officielles de personnes disparues, et les critiques soulignent des retards dans la distribution de l'aide. Les deux cérémonies à La Guaira et à Caracas ont mis en lumière une nation encore aux prises avec l'ampleur des pertes et des déplacements, des milliers de personnes dormant encore dans des abris de fortune.


