Climat · Hambourg

Classement NABU des croisières 2026 : la moitié des grands navires de croisière brûlent encore du fioul lourd alors que l'industrie reste sur une trajectoire fossile

Le classement des croisières 2026 du NABU, présenté à Hambourg le 6 août, a constaté que la moitié des grands navires de croisière fonctionnent encore au fioul lourd. Les compagnies norvégiennes Havila et Hurtigruten sont en tête mais n'ont obtenu que 7,5 points sur 17 possibles.

Texte IA fondé sur les articles de DIE WELT, Frankfurter Allgemeine, Handelsblatt et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Hambourg · Allemagne
Comment on en est arrivé là
  1. 2011Le NABU commence à examiner les impacts environnementaux des croisières ; décerne le prix « Dinosaure de l'année » à Aida et TUI Cruises
  2. 6 aoûtLe NABU présente son classement actuel des croisières à Hambourg ; Havila et Hurtigruten en tête avec 7,5 points sur 17
  3. 2027L'obligation d'électricité à quai pour les navires de croisière équipés à Hambourg entre en vigueur
  4. 2030Obligation d'électricité à quai à l'échelle de l'UE pour les navires de croisière prévue

Le classement NABU montre peu de changement

Le Naturschutzbund Deutschland (NABU) a présenté son classement environnemental annuel des compagnies de croisières à Hambourg le 6 août 2026, évaluant 15 compagnies sur la base de réponses volontaires à un questionnaire. Douze compagnies ont répondu ; Phoenix Reisen, Viking Ocean Cruises et Nicko Cruises n'ont pas répondu. Le classement, que le NABU publie depuis 16 ans, évalue des facteurs tels que l'évitement du fioul lourd, l'utilisation de l'électricité à quai, les convertisseurs catalytiques d'oxydes d'azote, les objectifs climatiques, les mesures de qualité de l'air et les navires neufs ou rénovés. Le score maximum possible est de 17 points.

Les compagnies norvégiennes Havila et Hurtigruten ont dominé le classement pour une autre année, mais avec seulement 7,5 points sur 17. La compagnie française Ponant et les opérateurs allemands TUI Cruises (Mein Schiff) et Aida Cruises sont à égalité à la troisième place. Hapag-Lloyd Cruises a obtenu 4,75 points et Aida Cruises 6 points, tous deux en milieu de peloton. Royal Caribbean, Norwegian Cruise Line et l'opérateur britannique Marella sont en bas du classement, Marella étant le dernier.

Scores du classement NABUpoints
Havila
7.5 points
Aida Cruises
6 points
Hapag-Lloyd Cruises
4.75 points

Données tirées du texte de l’article

Le fioul lourd reste dominant

Selon le NABU, la moitié de tous les grands navires de croisière fonctionnent encore au fioul lourd (Schweröl), une proportion plus élevée que dans le transport maritime par conteneurs. Les deux tiers des compagnies interrogées l'utilisent encore. Seules quatre des douze compagnies répondantes (Havila, Hurtigruten, Ponant et HX Expeditions) excluent totalement son utilisation. Aucun navire de croisière n'est équipé de filtres à particules de suie, a déclaré Raija Koch, consultante du NABU pour le transport maritime. Les polluants du fioul lourd ne peuvent être éliminés que par des épurateurs, qui lavent les contaminants des gaz d'échappement puis les rejettent dans la mer ou les éliminent à terre.

« Ce ne sont pas les solutions techniques qui manquent, mais la volonté de les mettre en œuvre. »

Raija Koch

Sönke Diesener, expert en transport maritime du NABU, a déclaré que l'industrie reste sur une trajectoire fossile malgré de petites améliorations. Il a noté que la première croisière totalement neutre en carbone pourrait être possible avant 2030, grâce à une propulsion hybride utilisant le vent ou des batteries, et grâce à l'e-méthanol. Le « Mein Schiff 7 » de TUI, en service depuis deux ans, pourrait passer à l'e-méthanol à court terme.

Électricité à quai et émissions portuaires

Des progrès sont visibles dans la réduction des émissions pendant les escales. Hambourg prévoit d'introduire une obligation d'électricité à quai à partir de 2027 pour les navires de croisière techniquement équipés, avant l'obligation européenne prévue pour 2030. Malte Siegert, président du NABU Hambourg, a salué l'approche de Hambourg mais a critiqué le fait que les navires sans connexion à l'électricité à quai puissent encore faire tourner leurs moteurs auxiliaires à quai. Il a appelé à interdire à ces navires de faire escale.

« L'industrie de la croisière réalise des bénéfices élevés et porte donc une responsabilité particulière pour montrer l'exemple en matière de protection du climat et de l'environnement. »

Malte Siegert

Réponses de l'industrie

Aida Cruises étend l'utilisation de biocarburants et se prépare aux e-fuels, selon Dirk Inger, responsable de la représentation politique, de la communication et du développement durable chez Aida Cruises. Il a reconnu des défis tels que la disponibilité dans les ports, la capacité de production à l'échelle industrielle, des conditions-cadres uniformes au niveau international, et l'absence de prix compétitifs en Allemagne et en Europe. Wybcke Meier, PDG de TUI Cruises, a déclaré que l'entreprise vise à réduire progressivement ses impacts environnementaux et s'attend à des économies de CO2 d'environ 50 000 tonnes cette année. MSC Cruises a souligné des progrès mesurables vers l'objectif zéro émission nette de gaz à effet de serre dans l'exploitation des navires. Le Meyer Werft à Papenburg a des plans pour un navire de croisière entièrement électrique, bien qu'il doive encore être acheté, selon Koch. Le NABU examine les impacts environnementaux et climatiques des voyages en croisière depuis 2011, lorsqu'il a décerné son prix « Dinosaure de l'année » à Aida et TUI Cruises, qualifiant leurs flottes d'« émetteurs de suie sales ».

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