
Le Chega portugais conteste la taxe carburant de 710 millions d'euros, le ministère des Finances défend sa légalité
Le parti d'opposition Chega a demandé des auditions parlementaires au sujet de 710 millions d'euros alloués aux infrastructures routières à partir des taxes sur les carburants en 2025, tandis que le gouvernement maintient que le modèle de financement est conforme au droit européen.
Chega conteste la taxe carburant
Le chef du parti Chega, André Ventura, a accusé lundi le gouvernement portugais de percevoir indûment des centaines de millions d'euros auprès des conducteurs via la taxation des carburants. Le litige porte sur la contribution au service routier (CSR), un mécanisme qui a généré 710 millions d'euros pour l'opérateur routier public Infraestruturas de Portugal en 2025, soit le revenu annuel le plus élevé depuis 2015. S'exprimant devant la presse à Évora le 24 août 2026, Ventura a soutenu que l'exécutif continue de facturer les automobilistes selon des règles fiscales modifiées malgré un arrêt défavorable de la Cour de justice de l'Union européenne en 2022. Il a cité une comparaison des prix du 17 août entre le Portugal et l'Espagne indiquant que les coûts de base des carburants étaient similaires, imputant la différence de prix à la consommation aux taxes nationales.
Ventura a confirmé que Chega a soumis des questions écrites formelles au ministère des Finances à l'Assemblée de la République et prévoit de convoquer le ministre pour qu'il témoigne devant les députés.
L'État nous vole sur le carburant, et c'est inacceptable.
Le gouvernement défend la légalité de la structure de financement
Le ministère des Finances a répondu en rejetant les allégations selon lesquelles une taxe illégale serait toujours en vigueur, affirmant que le cadre de financement routier du Portugal est pleinement conforme au droit de l'Union européenne et aux lois nationales. Après la décision de la Cour européenne en 2022, le gouvernement de l'époque a adopté une législation pour abolir la structure originale de la CSR. L'entretien du réseau routier sous Infraestruturas de Portugal a ensuite été financé par l'affectation d'une partie fixe des recettes perçues via la taxe standard sur les produits pétroliers et énergétiques (ISP).
Selon le ministère des Finances, les montants légaux alloués à partir de la taxe sur les carburants sont restés inchangés depuis la restructuration de 2022, s'élevant à 8,7 centimes par litre pour l'essence, 11,1 centimes par litre pour le diesel et 12,3 centimes par kilogramme pour l'autogaz.
Le financement du réseau routier national géré par Infraestruturas de Portugal, qui était auparavant assuré par les recettes de cette contribution, a été garanti par l'affectation d'une partie des recettes de la taxe sur les produits pétroliers et énergétiques.
- La CJUE déclare la contribution au service routier illégale, ce qui conduit le Portugal à abolir la taxe autonome
- Les allocations de la taxe ISP à Infraestruturas de Portugal atteignent 710 millions d'euros
- Chega soumet des questions formelles au ministère des Finances et exige des auditions parlementaires
Volatilité des prix des carburants et revendications politiques plus larges
Ce conflit fiscal coïncide avec des mois de fluctuation des prix de détail des carburants après la perturbation des marchés énergétiques internationaux le 28 février 2026. Les données de la Direction générale de l'énergie et de la géologie montrent que les prix du diesel au Portugal ont augmenté 15 fois et baissé 10 fois lors des ajustements hebdomadaires du lundi entre fin février et mi-août. Les projections de l'Automóvel Club de Portugal pour le lundi 24 août 2026 situaient les prix à la pompe à 2,061 euros par litre pour le diesel simple et 1,985 euros par litre pour l'essence 95, contre 1,596 euros et 1,681 euros enregistrés le 28 février. Le brut Brent a clôturé légèrement en dessous de 94 dollars le baril le vendredi précédent.
- Diesel (2026-02-28)
- 1.596 €/l
- Diesel (2026-08-24)
- 1.681 €/l
- Essence 95 (2026-02-28)
- 2.061 €/l
- Essence 95 (2026-08-24)
- 1.985 €/l
Lors de son passage à Évora, Ventura a également réitéré ses demandes de limogeage du ministre de l'Administration interne, Luís Neves, estimant que le ministre n'a pas les conditions pour rester en fonction. Chega avait auparavant lancé une initiative pour une commission d'enquête parlementaire et demandé un vote de destitution formel à l'Assemblée de la République. Ventura a déclaré avoir parlé directement avec le président de la République à ce sujet, critiquant le Premier ministre pour ne pas avoir exercé son autorité sur son cabinet.


