
L'ONU prévient que les températures mondiales resteront à des niveaux records jusqu'en 2030, 2027 étant probablement la prochaine année la plus chaude
L'Organisation météorologique mondiale affirme qu'il y a 86 % de chances qu'une année entre 2026 et 2030 batte le record établi en 2024, avec un El Niño prévu faisant de 2027 le candidat principal.
Les températures moyennes mondiales devraient rester à des niveaux records ou proches des records au cours des cinq prochaines années, selon un nouveau rapport de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations Unies et du Met Office britannique. La mise à jour annuelle à décennale, publiée jeudi, synthétise les prévisions de 13 instituts différents dans le monde et dresse un tableau saisissant d'une planète qui continue de se réchauffer.
Une chaleur record à l'horizon
Le rapport estime à 86 % la probabilité qu'au moins une année entre 2026 et 2030 dépasse 2024 comme l'année la plus chaude jamais enregistrée. 2024 détient actuellement ce titre, avec des températures d'environ 1,55 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle de 1850-1900. Les 11 années individuelles les plus chaudes jamais enregistrées se sont toutes produites depuis 2015, et l'OMM affirme que cette tendance va se poursuivre, avec une nouvelle année la plus chaude « probable » avant 2031.
Un El Niño est prévu pour la fin 2026, ce qui augmente les chances que l'année suivante, 2027, soit la prochaine année record.
Leon Hermanson du Met Office britannique, auteur principal du rapport, a souligné le phénomène climatique cyclique El Niño comme un facteur clé. L'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) prévoit une probabilité de 96 % d'un événement El Niño entre décembre 2026 et février 2027, avec une probabilité de 35 % qu'il s'agisse d'un « super » El Niño. Le dernier El Niño a contribué à faire de 2023 la deuxième année la plus chaude et de 2024 le record absolu.
Le seuil de 1,5 °C en péril
L'Accord de Paris de 2015 visait à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, et de préférence à 1,5 °C. Le nouveau rapport de l'OMM indique que ce seuil est de plus en plus menacé. Les températures annuelles moyennes mondiales de surface pour 2026-2030 devraient se situer entre 1,3 °C et 1,9 °C au-dessus de la moyenne de 1850-1900.
Il y a 91 % de chances que les températures moyennes mondiales dépassent temporairement 1,5 °C par rapport à la référence préindustrielle pendant au moins un an au cours de la période. De plus, il y a 75 % de chances que la température moyenne pour l'ensemble de la période de cinq ans de 2026 à 2030 soit supérieure de plus de 1,5 °C à la moyenne préindustrielle.
La science est très claire : la fenêtre pour maintenir la température moyenne mondiale à 1,5 degré se referme rapidement.
Les scientifiques préviennent que le franchissement temporaire du seuil de 1,5 °C au cours d'une seule année ne signifie pas que l'Accord de Paris a échoué, car l'objectif fait référence à une moyenne à long terme sur 20 ans. Cependant, le rapport de l'OMM a constaté une probabilité inférieure à 1 % qu'une année quelconque de 2026 à 2030 dépasse de 2 °C la moyenne préindustrielle, ce qui suggère que l'objectif plus faible de 2 °C reste à portée de main si des mesures urgentes sont prises.
Amplification arctique et conditions météorologiques sévères
Le rapport souligne que l'Arctique continuera de se réchauffer à un rythme nettement plus rapide que le reste de la planète. Les températures hivernales arctiques dans l'hémisphère nord au cours des cinq prochaines années devraient augmenter de plus de trois fois et demie la moyenne mondiale, atteignant environ 2,8 °C au-dessus de la référence 1991-2020. La glace de mer arctique devrait fondre au mois de mars au cours des cinq prochaines années dans la mer de Barents, la mer de Béring et la mer d'Okhotsk.
Ce réchauffement amplifié de l'Arctique pourrait perturber les systèmes météorologiques et provoquer des événements météorologiques plus sévères, en particulier dans les régions septentrionales du monde. Le rapport prévoit également un temps plus humide dans l'hémisphère nord au cours des cinq prochains hivers, y compris des périodes humides en Europe du Nord, en Alaska et en Sibérie.
L'Europe étouffe sous un dôme de chaleur
Les perspectives de l'OMM ont été publiées alors que l'Europe occidentale subit un « dôme de chaleur » d'air chaud, battant des records de température pour mai en Grande-Bretagne, en France et en Irlande. La canicule en cours a été décrite par le chef du climat de l'ONU, Simon Stiell, comme un « rappel brutal » de la crise climatique.
La dernière canicule en Europe est un rappel brutal des impacts en spirale de la crise climatique, tant humains qu'économiques. Protéger les vies humaines, les entreprises et les économies de la chaleur extrême et des nombreux autres coûts croissants du changement climatique est une activité essentielle pour chaque nation, et cela commence par mettre fin beaucoup plus rapidement à la dépendance aux combustibles fossiles.
- Adoption de l'Accord de Paris, visant à limiter le réchauffement bien en dessous de 2 °C, de préférence 1,5 °C
- El Niño contribue à faire de 2023 la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée
- Les températures mondiales atteignent environ 1,55 °C au-dessus des niveaux préindustriels, l'année la plus chaude jamais enregistrée
- Le rapport de l'OMM prévient qu'il y a 86 % de chances qu'un nouveau record soit établi d'ici 2030, avec 2027 comme candidat probable
- El Niño devrait commencer, avec une probabilité de 96 % selon la NOAA
- Devrait être la prochaine année la plus chaude record, alimentée par El Niño
- Fin de la fenêtre de cinq ans au cours de laquelle le seuil de 1,5 °C devrait être dépassé en moyenne
Les émissions de dioxyde de carbone provenant des combustibles fossiles continuent d'augmenter, piégeant plus de chaleur et provoquant des conditions météorologiques plus extrêmes. Le réchauffement climatique est déjà estimé coûter une vie par minute, et le bilan risque de s'alourdir si les émissions ne diminuent pas rapidement. Le rapport de l'OMM souligne que chaque fraction de degré de réchauffement évité réduit les dommages, même si la fenêtre pour atteindre les objectifs de Paris se rétrécit.

