Michel Foucault à 100 ans : nouveaux livres, une exposition au Collège de France et un débat renouvelé sur le pouvoir
Michel Foucault est né à Poitiers le 15 octobre 1926. Pour le centenaire, deux textes inédits paraissent, le Collège de France ouvre une exposition sur son œuvre, et des commentateurs relient ses idées sur la surveillance et la discipline de soi à la vie numérique.
Une vie entre Poitiers et Paris
Michel Foucault est né Paul-Michel le 15 octobre 1926 à Poitiers, fils aîné de Paul-André Foucault, chirurgien et professeur d'anatomie, et d'Anne Malapert. Il est mort à Paris le 25 juin 1984, à 57 ans, des suites d'une infection au VIH. Sa première publication remonte à 1954, une étude sur la maladie mentale et la personnalité. D'autres ouvrages ont suivi, dont « Wahnsinn und Gesellschaft » en 1961 et « Überwachen und Strafen » en 1975. À partir de 1976, il entame une Histoire de la sexualité prévue en six volumes.
- Naissance de Paul-Michel à Poitiers
- Première publication, une étude sur la maladie mentale et la personnalité
- Publication de « Wahnsinn und Gesellschaft »
- Publication de « Überwachen und Strafen »
- Début de la série Histoire de la sexualité, prévue en six volumes
- Mort à Paris, à 57 ans, des suites d'une infection au VIH
- Centenaire de sa naissance
Des inédits et une exposition au Collège de France
Deux textes inédits paraissent pour le centenaire. Le Seuil publie « La Place de l'homme dans la pensée occidentale moderne », un cours donné par Foucault à Tunis en 1966 et 1967, en 324 pages à 27 euros. Flammarion publie « La Croisade des enfants », édité par Arianna Sforzini avec Henri-Paul Fruchaud, en 304 pages. Gallimard publie « Iran, quand la terre tremble », son reportage de 1978 à 1979, en 400 pages à 24,50 euros, ou 18 euros en version numérique. Le Collège de France présente l'exposition « Michel Foucault, une aventure intellectuelle », commissariée par l'anthropologue Didier Fassin. Fassin a également publié des cours sur Foucault chez La Découverte sous le titre « Ainsi pensait Michel Foucault ».
Cours, méthode et Iran
Les cours du mercredi de Foucault au Collège de France dans les années 1970 et au début des années 1980 attiraient des foules qui faisaient la queue pendant des heures, et d'autres salles du bâtiment recevaient les séances sur écran, selon un récit publié dans DIE WELT. Il apparaissait à dix heures, lisait pendant exactement une heure le manuscrit de son prochain livre, puis repartait par une porte latérale sans salutations. L'entretien de La Libre décrit sa méthode, inspirée de Nietzsche, consistant à ne jamais tenir le monde tel qu'il est pour acquis. Il cite la folie, tolérée comme marginale au Moyen Âge, enfermée à l'âge classique et traitée comme maladie à partir du XIXe siècle. Le 14 octobre, Le Monde a publié un essai de Christian Jambet, de l'Académie française, sur Foucault et l'Iran.
Pouvoir, surveillance et vérité aujourd'hui
RP Online revient sur son analyse du Panoptique de Jeremy Bentham, une prison dont les cellules sont disposées en cercle autour d'une tour de surveillance centrale. Foucault soutenait que la possibilité d'une observation constante pousse les individus à contrôler leur propre comportement. La tour a depuis disparu, mais le regard s'est multiplié à travers les caméras, les plateformes, les classements et les algorithmes. Le spécialiste de Foucault Frédéric Gros a déclaré à RP Online que la personne de l'ère numérique n'est plus seulement l'objet de la surveillance mais en devient l'actrice, et que les sociétés numériques développent un contrôle mutuel. SRF soutient que les likes, les classements et les objectifs de fitness montrent un pouvoir qui fonctionne sans commandement. SRF note aussi que Foucault est souvent mal lu, comme s'il niait la vérité, alors que son véritable intérêt porte sur les raisons pour lesquelles les gens font confiance à certaines voix plutôt qu'à d'autres. L'entretien de La Libre cite des chiffres français sur la prison : un détenu sur deux dans les maisons d'arrêt n'a pas d'emploi, et trois sur quatre appartiennent à des minorités ethnoraciales, tandis que les responsables politiques et les policiers échappent largement à la prison quelles que soient leurs infractions.
L'archive inachevée
Der Standard décrit l'archive Foucault comme produisant encore des documents. Sa mort du sida en 1984 a interrompu l'achèvement de ses recherches, et pourtant il ne se passe guère une année sans que des documents inconnus sortent de l'archive. Der Standard décrit ses derniers manuscrits, autour du projet Sexualität und Wahrheit, comme largement achevés au moment de sa mort.
