
Maud Bregeon et Éric Woerth apportent leur soutien à Édouard Philippe pour la présidentielle de 2027, divisant le camp centriste
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et l'ancien ministre Éric Woerth ont tous deux annoncé leur soutien à Édouard Philippe lundi, creusant la fracture dans le bloc centriste à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.
Un double soutien
Lundi 29 juin, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a annoncé sur France Inter puis sur BFMTV qu'elle soutenait l'ancien Premier ministre Édouard Philippe pour l'élection présidentielle de 2027. Quelques heures plus tard, l'ancien ministre du Budget Éric Woerth a également déclaré son soutien dans un entretien aux Échos. Les deux personnalités sont issues de différentes ailes de la coalition d'Emmanuel Macron mais ont choisi de se rallier à Philippe plutôt qu'au président du parti Renaissance, Gabriel Attal, lui aussi candidat.
Je fais le choix responsable de soutenir celui qui, à mon sens, est le plus capable de rassembler très largement les Français.
Il a le profil dont la France a besoin pour répondre aux difficultés du moment.
La campagne de Philippe prend de l'ampleur
Ces soutiens s'ajoutent à celui déjà apporté par l'ancienne ministre Nathalie Kosciusko‑Morizet. La campagne de Philippe voit dans cette vague le début d'une dynamique plus large. Il tiendra son premier grand meeting le 5 juillet à l'Adidas Arena à Paris, signe que sa campagne entre dans une phase plus publique après des mois de préparations discrètes.
- Gabriel Attal tient un meeting de campagne en présence des ministres David Amiel et Roland Lescure.
- Maud Bregeon et Éric Woerth annoncent leur soutien à Édouard Philippe.
- Édouard Philippe tient son premier grand meeting de campagne à l'Adidas Arena, Paris.
Un bloc centriste fracturé
Les annonces révèlent les divisions au sein de la majorité présidentielle. Alors que Bregeon et Woerth ont choisi Philippe, d'autres ministres restent publiquement alignés sur Gabriel Attal. Le ministre des Comptes publics David Amiel a assisté au meeting d'Attal le 30 mai, tout comme Roland Lescure. Cependant, plusieurs poids lourds, dont le ministre de la Justice Gérald Darmanin, l'ancienne Première ministre Élisabeth Borne et la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun‑Pivet, n'ont pas encore déclaré leur préférence. Darmanin, ami proche de Philippe et ancien Républicain, devrait publier un livre à l'automne et pourrait lancer sa propre candidature plus tard.
Les règles gouvernementales mises à l'épreuve
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait initialement demandé aux ministres de rester à l'écart de la campagne présidentielle. La règle a depuis été assouplie : les ministres peuvent exprimer des opinions politiques tant qu'ils n'ont pas de rôle opérationnel dans une campagne. Bregeon a confirmé qu'elle n'en aurait aucun et a informé Lecornu avant son annonce. L'Élysée reste silencieux sur le point de savoir si le président Macron a été informé ou a approuvé cette démarche.
Le chemin vers 2027
Philippe présente l'élection comme un choix en faveur de l'action plutôt qu'une rupture avec l'héritage de Macron. Pour Bregeon, ce soutien est une décision personnelle ; elle reste membre de Renaissance et déclare soutenir le président. Son geste souligne l'attraction qu'exerce Philippe sur la droite de la coalition macroniste, tandis qu'Attal continue d'incarner la ligne officielle du parti.


