
Braun-Pivet écarte les propositions punitives dans l'affaire Lyhanna et plaide pour une approche globale
La présidente de l'Assemblée nationale a estimé que la réclusion à perpétuité, l'imprescriptibilité et la castration chimique ne protégeraient pas les enfants, plaidant plutôt pour l'éducation sexuelle, de meilleurs soins médicaux et un partage accru des informations sur les délinquants.
Un fait divers tragique relance le débat
L'affaire Lyhanna, dans laquelle une fillette de 11 ans a trouvé la mort, a ravivé en France le débat sur les peines applicables aux agresseurs d'enfants. Il est apparu que le principal suspect, Jérôme B., un père de 41 ans, avait déjà fait l'objet de plusieurs accusations pour violences sexuelles sur mineurs sans qu'aucune mesure de protection n'ait été prise. L'indignation publique a poussé des responsables politiques et des figures de l'opposition à proposer des mesures plus sévères.
La réponse de Braun-Pivet
Dimanche, lors de l'émission "Questions politiques" sur France Inter, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a jugé plusieurs propositions punitives inappropriées.
Elle a estimé que ceux qui veulent à nouveau durcir la politique pénale n'ont pas compris la situation, et a plaidé pour une approche plus large.On voit bien que la perpétuité réelle, l'imprescriptibilité ou le retour de la peine de mort ne protègeront pas nos enfants aujourd'hui.
Les propositions sur la table
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a suggéré de porter les peines pour les récidivistes de viols sur mineurs de 20 ans à la perpétuité, peut-être via le projet de loi sur la protection de l'enfance attendu en juillet. La ministre Aurore Bergé souhaite rendre les violences sexuelles sur mineurs imprescriptibles. Les anciens Premiers ministres Gabriel Attal et Édouard Philippe ont proposé de supprimer le juge de l'application des peines, tandis que le président des Républicains, Bruno Retailleau, a évoqué la castration chimique. Braun-Pivet s'y est opposée, mettant en garde contre une déformation du texte et le sacrifice des enfants placés au nom d'ajouts de politique pénale.
Prenons garde à ne pas une nouvelle fois sacrifier les enfants placés, qui ont tant besoin que l'on s'occupe d'eux, pour des mesures de politique pénale qui n'ont pas leur place dans ce texte.
La prévention plutôt que la punition
Elle a appelé à se concentrer sur la santé, l'éducation sexuelle, la lutte contre la culture du viol et une meilleure écoute des enfants. Elle s'est également dite ouverte à ce que la police municipale puisse consulter le fichier des délinquants sexuels, mais pas les citoyens ordinaires. Braun-Pivet, qui en 2022 appelait à un "MeToo de l'enfance", a regretté de ne pas avoir crié plus fort plus tôt. Elle a qualifié la castration chimique de "mauvaise réponse" et s'est montrée "très réservée, voire opposée" à l'imprescriptibilité, invoquant la difficulté de juger des affaires plusieurs décennies plus tard, lorsque les preuves ont disparu.Quand on veut encore durcir la politique pénale, on n'a pas compris la situation.

