
L'ex-ministre de la Justice Pam Bondi esquive les questions sur Trump lors de son audition à huis clos sur les dossiers Epstein, selon les démocrates
L'ancienne ministre de la Justice des États-Unis, Pam Bondi, a refusé de répondre aux questions concernant le président Donald Trump lors d'une audition à huis clos devant le Congrès vendredi, alors que les parlementaires enquêtent sur la publication bâclée par le ministère de la Justice de documents liés à l'enquête sur Jeffrey Epstein.
Un témoin récalcitrant à huis clos
L'ancienne ministre de la Justice, Pam Bondi, a comparu vendredi devant la commission de surveillance de la Chambre des représentants pour un entretien retranscrit, mais les élus démocrates ont déclaré qu'elle avait refusé de discuter de l'implication du président Donald Trump dans le traitement des dossiers de l'affaire Jeffrey Epstein. Bondi, qui a été limogée par Trump le 2 avril, était accompagnée de responsables du ministère de la Justice, dont Harmeet Dhillon, chef de la division des droits civiques, qui lui servait de conseil — une disposition que les démocrates ont qualifiée de conflit d'intérêts.
Le ministre de la Justice par intérim Blanche gérait l'ensemble de l'enquête.
Bondi a éludé de nombreuses questions en les renvoyant à son ancien adjoint, Todd Blanche, qui est désormais ministre de la Justice par intérim. Elle a déclaré aux parlementaires que Blanche était responsable de la majeure partie du traitement des dossiers Epstein, et non elle. Dans des remarques préparées et sur les réseaux sociaux après l'audition, Bondi a défendu Blanche et le travail du ministère de la Justice, le qualifiant d'engagement sans précédent en faveur de la transparence.
L'ampleur de la publication des documents
Bondi a indiqué à la commission que le ministère de la Justice avait publié près de trois millions de pages de documents pendant son mandat, y compris des photographies et des preuves vidéo. Elle a décrit le processus comme « extrêmement complexe et exigeant en main-d'œuvre » et a insisté sur le fait que le ministère s'était conformé à la loi sur la transparence des dossiers Epstein, une loi adoptée par le Congrès en novembre imposant la publication de tous les documents connexes dans un délai de 30 jours.
À ma connaissance, le ministère a produit tout ce qui était requis par la loi sur la transparence des dossiers Epstein.
Cependant, elle a reconnu qu'il y avait eu des erreurs de caviardage dans les fichiers publiés. Les critiques ont fait valoir que le ministère avait simultanément divulgué les noms et les photographies de victimes qui n'avaient pas été identifiées publiquement — les mettant en danger — tout en continuant à caviarder des informations qui auraient dû être révélées. Les documents ont finalement été rendus publics le 31 janvier, après la date limite de décembre fixée par la loi.
Les survivantes exigent des comptes
Plusieurs survivantes des abus d'Epstein se sont rassemblées devant le bureau du Capitole où l'audition a eu lieu. Elles ont tenté de se faire remarquer par Bondi lorsqu'elle est entrée dans la salle, mais plusieurs ont déclaré avoir été bousculées par des agents de police. L'une des survivantes, Charlene Richard, a critiqué la gestion des documents par le ministère de la Justice, estimant qu'il était inacceptable que des photos de nu et de la pornographie aient été publiées.
Je n'arrive pas à comprendre que le ministère de la Justice ait publié des photos de nu... le ministère de la Justice a publié de la pornographie. C'est inacceptable.
Les survivantes ont imploré les parlementaires de tenir Bondi responsable de la divulgation de leurs informations personnelles. Le représentant démocrate du Texas, Robert Garcia, a critiqué la décision du président de la commission, James Comer, de ne pas filmer l'audition, ce qui, selon lui, aurait permis au public de jauger l'attitude de Bondi.
Répercussions politiques et liens avec Trump
Le limogeage de Bondi en avril est intervenu dans un contexte de rapports faisant état de la frustration croissante de Trump à l'égard de son travail en tant que ministre de la Justice et de sa gestion des dossiers Epstein. Trump et Epstein ont fréquenté les mêmes cercles dans les années 1990 et au début des années 2000, mais Trump a répété à plusieurs reprises qu'il avait mis fin à cette relation avant qu'Epstein ne plaide coupable en 2008 de sollicitation de prostitution auprès d'une mineure. Les dossiers Epstein ont révélé les liens du financier avec des personnalités puissantes, notamment Trump, l'ancien président Bill Clinton et le prince Andrew. Tous ont déclaré n'avoir eu aucune connaissance du trafic sexuel présumé d'Epstein.
- Le Congrès adopte la loi sur la transparence des dossiers Epstein imposant la publication de tous les documents du ministère de la Justice dans un délai de 30 jours
- Le ministère de la Justice publie les dossiers Epstein après avoir manqué la date limite de décembre
- Bondi est assignée à comparaître par la commission de surveillance de la Chambre alors qu'elle est encore ministre de la Justice
- Trump limoge Bondi, en partie à cause de sa gestion des dossiers Epstein
- Bondi témoigne lors d'une audition à huis clos devant la commission de surveillance de la Chambre
Malgré son éviction, Bondi est restée dans l'orbite de Trump. Cette semaine, Trump l'a nommée à un groupe de travail de la Maison-Blanche sur l'intelligence artificielle. Bondi a également révélé cette semaine qu'elle était traitée pour un cancer de la thyroïde. L'audition de Bondi a été l'aboutissement de mois d'échanges entre les parlementaires et l'ancienne ministre de la Justice, qui avait d'abord été assignée à comparaître en mars alors qu'elle dirigeait encore le ministère de la Justice. Après son limogeage, le président Comer lui a permis de comparaître volontairement pour un entretien retranscrit plutôt que pour une déposition formelle.

