
L'ancien chef de Sharia4Belgium Fouad Belkacem demande l'asile en Belgique pour éviter son expulsion vers le Maroc
Le chef condamné de Sharia4Belgium, Fouad Belkacem, a déposé une demande d'asile depuis sa prison pour éviter son expulsion vers le Maroc à la fin de sa peine, en 2027.
Demande d'asile depuis la prison
Fouad Belkacem, 44 ans, fondateur et ancien dirigeant de l'organisation terroriste Sharia4Belgium, a introduit une demande de protection internationale en Belgique depuis sa cellule. Le tribunal d'Anvers l'a condamné en février 2015 à 12 ans de prison, après l'avoir reconnu coupable d'avoir recruté des jeunes en vue d'un conflit armé en Syrie et en Irak, par l'endoctrinement idéologique, des conférences obligatoires et de l'entraînement physique. Après plus de 12 ans de détention, sa peine doit s'achever début 2027. Belkacem est né à Rumst et a grandi à Boom, mais les autorités judiciaires belges lui ont retiré sa nationalité belge en 2018, en vertu d'une loi de 2015 autorisant la déchéance de nationalité pour des infractions terroristes punies de cinq ans ou plus. Comme il conserve la nationalité marocaine héritée de ses parents, l'État belge entend l'expulser vers le Maroc à sa libération. Assisté de l'avocat Seno Devriendt, Belkacem a déposé une demande d'asile pour empêcher son transfert à l'étranger.
- Le tribunal d'Anvers condamne Belkacem à 12 ans de prison pour avoir dirigé Sharia4Belgium
- Les autorités judiciaires belges retirent à Belkacem sa nationalité belge
- Belkacem demande l'asile en Belgique depuis sa prison avant la fin de sa peine
Réaction du gouvernement et réformes procédurales
La demande d'asile a été révélée après que la députée Vlaams Belang Francesca Van Belleghem a interrogé les autorités chargées de l'immigration. En réponse, la ministre de l'Asile et de la Migration Anneleen Van Bossuyt a annoncé qu'elle utiliserait tous les mécanismes juridiques disponibles pour obtenir l'éloignement de Belkacem du territoire belge. Anneleen Van Bossuyt a confirmé que le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) examine le dossier en priorité absolue. La ministre a également indiqué que le gouvernement présenterait prochainement un paquet législatif visant à empêcher les abus de procédure, en interdisant ou en encadrant plus strictement les demandes d'asile introduites depuis les prisons et les centres fermés d'expulsion.
Anneleen Van Bossuyt a soutenu que les personnes qui cherchent à saper l'ordre démocratique ne peuvent revendiquer un droit de séjour :
Qui se retourne contre notre société et veut remplacer notre démocratie par la charia n'a rien à faire ici.
Motifs de protection et exclusions pour raisons de sécurité
Les responsables du CGRA ont mené un entretien préliminaire avec Belkacem fin septembre 2026. Sa défense pourrait invoquer son militantisme passé contre le régime marocain, notamment une manifestation du Printemps arabe à Bruxelles où il a publiquement maudit le gouvernement marocain et sa monarchie, des propos largement relayés dans les médias marocains. Belkacem aurait également déclaré à un consul marocain que le fondateur des talibans, le mollah Omar, était le seul dirigeant pieux légitime. Le droit des réfugiés permet toutefois aux autorités de refuser l'asile si le demandeur représente une menace persistante pour l'ordre public ou la sécurité de l'État.
L'avocate spécialisée dans les droits humains Kati Verstrepen a rappelé les critères juridiques auxquels la commission des réfugiés est confrontée :
Le CGRA doit évaluer si ces faits de plus de dix ans entraînent encore un risque réel de persécution. Mais s'il représente toujours une menace pour l'ordre public ou la sécurité nationale ici, il peut être exclu de la protection.
Voies juridiques et obstacles au rapatriement
La famille de Belkacem, dont son épouse belge et ses trois enfants, réside actuellement en Belgique. Si le CGRA rejette sa demande d'asile, Belkacem pourrait solliciter un titre de séjour par une procédure de regroupement familial auprès de l'Office des étrangers, qui conserve lui aussi le droit de refuser la résidence pour des motifs d'ordre public. La jurisprudence belge établie par le ministère de la Justice en 2017 confirme que le mariage avec une ressortissante belge n'empêche pas l'expulsion. Des responsables politiques de l'opposition ont rappelé les difficultés de rapatriement antérieures, citant le terroriste condamné Nizar Trabelsi, qui se trouve toujours en séjour irrégulier en Belgique un an après l'échec des tentatives de le renvoyer en Tunisie.
