
La crise politique lyonnaise s'aggrave : Aulas démis de ses délégations à la Métropole après une plainte pour viol
Jean-Michel Aulas, ancien président de l'Olympique Lyonnais et premier vice-président de la Métropole de Lyon, a été temporairement démis de ses délégations après qu'une plainte pour viol visant un ancien collaborateur de campagne a déclenché une crise politique.
Accusations et plainte
Une jeune militante ayant participé à la campagne municipale de Jean-Michel Aulas a déposé plainte en mai pour viol par soumission chimique contre le directeur de la communication de la campagne. Selon la plainte, l'agression présumée aurait eu lieu en janvier dans une chambre d'hôtel à Lyon. La militante a informé Aulas et plusieurs de ses proches collaborateurs des accusations en février. Aulas a déclaré qu'à partir de ce moment, il avait tenu le conseiller éloigné du quartier général de campagne mais ne l'avait pas licencié. Le conseiller, par l'intermédiaire de son avocat, « conteste fermement et avec sérénité toute accusation ». L'affaire a été rendue publique lorsque la presse a rapporté la plainte le 10 juin.
Retrait progressif du conseil municipal
Le 11 juin, Aulas a refusé de se retirer de son poste de premier vice-président de la Métropole de Lyon, malgré les appels de la nouvelle présidente LR, Véronique Sarselli. Le lendemain, il a cependant annoncé qu'il se retirait de son poste de chef de l'opposition au conseil municipal de Lyon. Un communiqué de son groupe, Cœur Lyonnais, a déclaré : « Jean-Michel Aulas, Président du groupe, et Laure Cédat, Vice-présidente, ont formulé la proposition de se mettre en retrait de la gouvernance du groupe pour préserver l'unité du collectif. » Cette décision n'a pas apaisé la situation.
Intervention de la présidente de la Métropole
Le 13 juin, Sarselli a annoncé qu'elle retirait temporairement les délégations d'Aulas et de deux autres élus du groupe Grand cœur lyonnais : Laure Cédat et Emmanuel Imberton. Elle a déclaré au Progrès qu'elle devait « garantir l'exemplarité et le fonctionnement de l'institution métropolitaine qui est plongée en plein malaise ». Sarselli a reproché aux trois élus de ne pas l'avoir informée de l'affaire pendant la campagne municipale et de ne pas avoir signalé les allégations aux autorités judiciaires, ajoutant qu'ils avaient maintenu le conseiller en poste jusqu'à la fin de la campagne.
Fractures au sein du groupe politique
Malgré le retrait, deux conseillers ont quitté Cœur Lyonnais immédiatement après une réunion tendue le 12 juin. Pierre Oliver, le maire LR du 2e arrondissement de Lyon, a déclaré : « On ne peut plus siéger avec eux. » Trois autres conseillers (Emmanuel Hamelin, Samuel Soulier et Nina Bouffet) ont également quitté le groupe, qui rassemblait des personnalités de droite, du centre et de la société civile. Ces départs ont souligné la profondeur de la fracture interne.
Déroulement de la crise
- Viol présumé par soumission chimique dans une chambre d'hôtel à Lyon.
- La victime informe Aulas et ses proches collaborateurs des allégations.
- Dépôt de plainte formelle par la jeune militante.
- L'affaire est révélée à la presse.
- Aulas refuse de se retirer de la vice-présidence de la Métropole malgré les appels.
- Aulas se retire de son rôle d'opposition au conseil municipal ; deux conseillers quittent son groupe.
- La présidente de la Métropole retire les délégations d'Aulas et de deux autres élus.
L'enquête judiciaire est désormais en cours. Aulas reste conseiller métropolitain, Sarselli ayant reconnu que la loi ne lui permet pas de le forcer à démissionner. L'épisode a déjà remodelé les rapports de force dans le paysage politique lyonnais, affaiblissant l'alliance qui a porté Sarselli à la présidence en mars.


