
Feijóo qualifie Sánchez de « président autoritaire » lors d’un sommet à Madrid, évoquant la défiance envers la justice et le mépris du Parlement
Prenant la parole au Forum Libertas du PPE à Madrid le 15 juillet 2026, le chef de l’opposition espagnole Alberto Núñez Feijóo a décrit Pedro Sánchez comme un « président autoritaire » qui « se méfie des juges » et « méprise les majorités parlementaires », un jour après que le frère de Sánchez a été condamné à neuf ans d’inéligibilité.
Le cadre du Forum Libertas
Alberto Núñez Feijóo, chef du Parti populaire espagnol, a ouvert le Forum Libertas du Parti populaire européen (PPE) à Madrid, mercredi 15 juillet 2026. Ce rassemblement de deux jours a réuni plus de 60 formations politiques de 42 pays européens et ibéro-américains. Parmi les participants figuraient le président du PPE Manfred Weber, le vice-Premier ministre italien Antonio Tajani, le Premier ministre portugais Luís Montenegro, le vice-Premier ministre belge Vincent Van Peteghem et la présidente élue du Pérou Keiko Fujimori, qui s’est jointe par vidéoconférence. Les figures de l’opposition vénézuélienne Edmundo González et María Corina Machado ont également participé, cette dernière à distance.
La « check-list » de l’autoritaire
Feijóo n’a pas nommé directement Pedro Sánchez, mais sa description ne laissait aucun doute sur la cible. Il a déclaré à l’auditoire que reconnaître un autoritaire ne nécessite pas d’interroger ses convictions, mais seulement d’observer ce qu’il cherche à contrôler.
S’il se méfie des juges, s’il méprise les majorités parlementaires quand elles ne lui sont pas favorables, s’il remplace le mérite et l’effort par la dépendance à l’État, s’il remet en cause l’indépendance des institutions et s’il craint les urnes quand elles ne lui garantissent pas le pouvoir, ne cherchez pas plus loin : c’est un président autoritaire.
Ces propos ont été salués par de vifs applaudissements de la part d’environ 400 responsables du PPE et du PP présents dans la salle, selon El Mundo.
Déclencheur national : la condamnation de David Sánchez
Ce discours intervenait un jour après qu’un tribunal de Badajoz a condamné David Sánchez, le frère du Premier ministre, à neuf ans d’inéligibilité pour prévarication administrative liée à sa nomination comme directeur du bureau des arts du spectacle du conseil provincial de Badajoz. Cette peine lui interdit d’occuper toute fonction publique ou de se présenter à une élection pendant cette période, mais n’implique pas de peine de prison. Feijóo a présenté ce verdict comme une preuve du mépris de l’exécutif pour l’indépendance judiciaire, déclarant devant l’auditoire international que l’Espagne « souffre de la menace d’une démocratie affaiblie, attaquée depuis les plus hautes institutions qui devraient la défendre avant tout ».
« Enlever leurs masques »
Feijóo a exhorté ses collègues conservateurs à « enlever les masques » des dirigeants autoritaires, insistant sur le fait que « la démocratie ne peut jamais être subordonnée au projet personnel de quiconque ». Il a opposé sa propre position à celle de dirigeants qui parlent depuis le calme de démocraties consolidées, affirmant qu’il s’adressait au forum depuis un pays où les normes démocratiques sont mises à rude épreuve. Il a également mis en garde contre le populisme, regroupant « communistes, populistes, autoritaires, dictateurs et radicaux » comme des forces qui ont appris à tolérer leurs différences pour agir ensemble contre les démocraties libérales occidentales.
Le pont ibéro-américain
Un thème récurrent a été le lien transatlantique entre l’Europe et l’Amérique latine. Feijóo a demandé à Manfred Weber de faire de l’Ibéro-Amérique la priorité du PPE et a prédit que l’Espagne quitterait bientôt une époque où un gouvernement démocratiquement élu « blanchissait et faisait des affaires avec des dictatures ». Il a cité les gouvernements de droite en Argentine, en Équateur et au Pérou comme preuve d’un « réveil démocratique » et s’est dit confiant que l’Espagne rejoindrait cette tendance. « Le changement en Espagne est proche », a-t-il déclaré, ajoutant que le pays ne commettrait pas l’erreur de basculer vers le populisme dont d’autres s’éloignent aujourd’hui.
L’Espagne, tôt ou tard, rejoindra le réveil démocratique qui nous permettra de reconstruire nos institutions, nos libertés individuelles et nos alliances historiques.
La suite
Le Forum Libertas se poursuit jusqu’à jeudi. Plus tard mercredi, la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, devait prendre la parole. L’escalade rhétorique de Feijóo contre Sánchez, passant d’accusations antérieures de « tendance autoritaire » à l’étiquette complète de « président autoritaire », marque une nouvelle intensité dans la confrontation politique espagnole, alors que le PP se positionne pour les prochaines élections législatives.


