
L'administration Trump demande à la Cour suprême de rétablir les expulsions de migrants vers des pays tiers
Le ministère américain de la Justice a déposé jeudi une demande d'urgence auprès de la Cour suprême pour annuler une décision d'appel qui avait suspendu les expulsions rapides de migrants vers des pays tiers.
Appel d'urgence à la Cour suprême
Jeudi 24 septembre 2026, le ministère de la Justice a déposé une demande d'urgence auprès de la Cour suprême pour suspendre une décision d'appel qui avait interrompu l'expulsion rapide de migrants vers des pays dont ils ne sont pas citoyens. Cette requête faisait suite à une ordonnance d'un panel de trois juges de la 1ère Cour d'appel des États-Unis à Boston, qui a déterminé que le ministère de la Sécurité intérieure ne pouvait pas expulser des non-citoyens sans leur donner la possibilité de contester leur transfert. Le procureur général Todd Blanche a annoncé la requête devant la haute cour et a critiqué le panel d'appel pour avoir rendu son ordonnance tard mercredi soir sans accorder au gouvernement le temps de répondre.
Sans même laisser au gouvernement la chance de répondre, et dans l'obscurité de la nuit, une cour d'appel fédérale nous a bloqué la possibilité de procéder à toutes les expulsions vers des pays tiers d'étrangers en situation irrégulière, un outil tout à fait légal et inestimable pour endiguer le flux de l'immigration illégale.
Perturbation des vols d'expulsion
La décision de la cour d'appel a forcé les autorités de l'immigration à suspendre les opérations prévues jeudi. Des responsables fédéraux ont retiré des expulsés de vols à destination de pays comme le Costa Rica, le Honduras, le Burundi, le Rwanda et la République centrafricaine. Dans sa demande à la Cour suprême, l'administration a déclaré que le rétablissement inattendu de l'ordonnance du tribunal de district avait généré des difficultés logistiques, forcé l'annulation de vols, augmenté les dépenses et risqué des complications diplomatiques. Le gouvernement s'était auparavant appuyé sur un mémorandum du ministère de la Sécurité intérieure publié l'année dernière, qui autorisait les expulsions sans préavis à condition que les pays d'accueil fournissent des assurances diplomatiques contre la torture et les persécutions.
- Le juge de district américain Brian Murphy déclare la politique d'expulsion vers des pays tiers du DHS illégale
- La Cour d'appel du Premier Circuit suspend les expulsions sans procédure d'évaluation des craintes
- Le ministère de la Justice dépose une demande d'urgence auprès de la Cour suprême pour reprendre les vols
Expansion des accords avec des pays tiers
Sous la présidence de Donald Trump, l'administration a élargi les expulsions vers des pays tiers comme mécanisme central des expulsions massives. James Percival, le conseiller général du ministère de la Sécurité intérieure, a déclaré que les autorités ont expulsé plus de 25 000 migrants vers des pays tiers. Selon Third Country Deportation Watch, une initiative de Refugees International et Human Rights First, le gouvernement a dirigé des vols vers au moins 29 nations, le Mexique accueillant la plus grande part. L'administration a négocié des pactes d'expulsion avec environ 35 pays d'Amérique latine, d'Asie centrale, des Caraïbes et d'Afrique, y compris des destinations comme le Soudan du Sud et un centre de détention au Salvador.
Contentieux sur le droit à un procès équitable devant les tribunaux fédéraux
Le litige découle d'une action collective intentée par quatre non-citoyens faisant face à des ordres d'expulsion. En février 2026, le juge de district américain Brian Murphy à Boston a jugé la politique d'expulsion vers des pays tiers illégale, estimant que l'administration violait les garanties constitutionnelles du droit à un procès équitable en refusant aux migrants un préavis suffisant. Alors que la Cour suprême avait précédemment accordé un sursis temporaire lors des procédures antérieures, le panel de la Première Circuit a conclu que les migrants doivent avoir une opportunité réelle de démontrer une crainte de persécution avant d'être envoyés dans des pays avec lesquels ils n'ont aucun lien. Les organisations de défense des immigrés se sont opposées à cette politique, affirmant que les expulsés encourent des risques élevés dans des pays instables, tandis que l'administration maintient que les accords sont nécessaires pour expulser des personnes dont les pays d'origine refusent le rapatriement.


