
Retraites en Allemagne : la Cour des comptes fédérale alerte sur 46 % des recettes fiscales d'ici 2040
Dans un rapport remis à la commission du budget du Bundestag, la Cour fédérale des comptes avertit que les transferts fédéraux vers le régime légal de retraite atteindront 36,7 % des recettes fiscales d'ici 2040 en droit applicable, et pourraient approcher 46 % si les réformes proposées sont adoptées.
Une part croissante des recettes fiscales
Les versements du budget fédéral au régime légal d'assurance retraite occupent une part croissante des finances publiques allemandes. Dans un rapport remis à la commission du budget du Bundestag, la Cour fédérale des comptes indique que 36,7 % de l'ensemble des recettes fiscales fédérales seront nécessaires aux subventions aux retraites d'ici 2040 en droit applicable. Cet indicateur, le ratio de recettes fiscales, s'établit actuellement autour de 29 % à 30 %. Sans le paquet retraites adopté fin 2025, ce ratio n'aurait progressé que plus lentement, à 32,7 % d'ici 2040. Si les réformes proposées sont adoptées sans garde-fous budgétaires stricts, le système de retraite pourrait absorber près de 46 % de l'ensemble des recettes fiscales fédérales d'ici 2040.
- Actuel
- 29 %
- 2040 sans le paquet de 2025
- 32.7 %
- 2040 en droit applicable
- 36.7 %
- 2040 avec la réforme prévue
- 46 %
Les engagements budgétaires pour 2026 et 2027
Les transferts fédéraux vers les retraites légales représentent aujourd'hui près d'un quart de l'ensemble des dépenses du budget fédéral. Le projet de budget fédéral pour 2026 prévoit 127,4 milliards d'euros pour l'assurance retraite légale, tandis que le projet de budget fédéral pour 2027 inscrit 132,0 milliards d'euros. La Cour des comptes a averti les parlementaires que les trajectoires budgétaires actuelles font peser une pression disproportionnée sur la fiscalité générale plutôt que sur des cotisations partagées.
Dans sa contribution au Parlement, la Cour des comptes livre une évaluation directe de cette tendance.
L'indicateur de charge révèle une charge excessivement élevée pour l'État fédéral du fait des versements à l'assurance retraite.
Le coût des mesures de la coalition de 2025
Une part substantielle de la pression budgétaire projetée provient du paquet retraites approuvé par le gouvernement de coalition fin 2025. Cette législation a généré 210 milliards d'euros de dépenses fédérales supplémentaires jusqu'en 2040. La suspension du facteur démographique jusqu'en 2031, destinée à éviter un ralentissement des retraites, en représente 145 milliards d'euros. Les 65 milliards restants découlent de l'extension de la pension des mères. Pour éviter une hausse plus rapide des taux de cotisation, les parlementaires ont orienté ces coûts vers des subventions fédérales supplémentaires.
- Suspension du facteur démographique
- 145 mds €
- Extension de la pension des mères
- 65 mds €
Les débats autour des propositions de la commission retraites
Le gouvernement allemand prépare actuellement une réforme plus large des retraites sur la base des 33 recommandations présentées fin juin par une commission consultative sur les retraites. La commission proposait de répartir les ajustements futurs entre retraités, cotisants et budget fédéral, sans plafonner les engagements budgétaires de l'État. Un point contesté des négociations est la suppression progressive de la retraite anticipée sans décote après 45 années de cotisation, qui coûte actuellement plus de 10 milliards d'euros par an aux cotisants. La commission a également déconseillé de fixer durablement le niveau des retraites légales à 48 % sur les seuls fonds fédéraux, proposant à la place une composante de retraite par capitalisation. Les auditeurs avertissent que si l'introduction de la retraite par capitalisation est retardée ou dégage de faibles rendements, le budget fédéral devra combler l'écart.
Les auditeurs ont déconseillé aux parlementaires d'affaiblir les réformes proposées aux dépens des fonds publics.
Si certaines charges sont réduites, il faut veiller à ce que le budget fédéral ne soit pas sollicité de manière encore plus unilatérale.


