La Catalogne parvient à un accord provisoire pour mettre fin aux grèves des enseignants avec une augmentation de salaire de 400 € par mois d'ici 2029
Après 16 jours de négociations intenses, le département de l'Éducation de Catalogne et les principaux syndicats d'enseignants sont parvenus à un accord préliminaire pour mettre fin à des mois de grèves, offrant une augmentation salariale mensuelle cumulée de près de 400 € d'ici 2029 et plus de 6 000 nouvelles embauches de spécialistes.
Une avancée dans l'un des conflits sociaux les plus longs de Catalogne est survenue tard vendredi alors que le gouvernement régional et la majorité des syndicats d'enseignants grévistes ont signé un pré-accord. L'accord, qui doit encore être ratifié par les enseignants de base, promet de mettre fin à un cycle de débrayages qui ont vidé les salles de classe et amené des milliers de personnes dans les rues de Barcelone au cours des trois derniers mois.
La percée salariale
L'obstacle central lors des huit réunions tenues sur deux semaines était le salaire. Le Département de l'Éducation, dirigé par la ministre Esther Niubó, a amélioré son offre en ajoutant 50 € supplémentaires à une nouvelle prime salariale régionale, la portant à 172 € par mois. Combinée à une augmentation de la prime autonome existante de 210 €, la hausse régionale totale approchera les 400 € mensuels d'ici 2029. En tenant compte des augmentations projetées de la fonction publique d'État, les enseignants du primaire pourraient voir une hausse totale de 599,50 € et ceux du secondaire de 633,58 € sur quatre ans.
Des améliorations salariales, professionnelles et éducatives significatives ont été obtenues.
Promesses de dotation en personnel et d'inclusion
L'autre pilier de l'accord aborde la détérioration des conditions de travail dans l'éducation inclusive. Le gouvernement s'est engagé à déployer 6 413 postes de spécialistes, notamment des psychologues scolaires, des orthophonistes, des techniciens de la petite enfance et du personnel d'accueil en classe. Le plan fixe des objectifs concrets, comme l'affectation de techniciens spécialisés à tous les groupes I3 (première année de maternelle) et le renforcement du soutien à l'acquisition des langues pour les élèves.
Des divisions syndicales apparaissent
Tous les syndicats ne sont pas d'accord. La CGT, Intersindical et COS ont quitté la dernière session, arguant que leurs revendications fondamentales – notamment une clause de garantie salariale, une réduction de la taille des classes de primaire et un audit des conditions psychosociales dans les salles de classe – ont été ignorées. La CGT a déjà annoncé qu'elle ferait campagne pour un vote « non » lors du processus de consultation. L'USTEC, le plus grand syndicat d'enseignants, ainsi que Professors de Secundària, CCOO et UGT, ont soutenu l'accord.
Nos revendications n'ont pas été satisfaites : ni la clause de garantie salariale, ni la réduction des effectifs en première année de primaire, ni l'audit pour évaluer le climat psychosocial dans les salles de classe.
Le coût de la paix
L'enveloppe financière de l'accord ajoute environ 670 millions d'euros aux 2 milliards déjà engagés dans un pacte signé en mars uniquement avec CCOO et UGT – un accord qui avait exaspéré les autres syndicats et déclenché la vague actuelle de grèves. Au total, 23 jours de grève ont perturbé l'année scolaire en cours. Dans le cadre de la trêve, les syndicats signataires ont accepté de ne pas soulever de nouvelles revendications générales pendant la durée de validité de l'accord.
Prochaines étapes et menaces persistantes
Le pré-accord est désormais soumis à un test crucial : un vote des membres de l'USTEC ce week-end. Si les enseignants rejettent les termes, les grèves se poursuivront et pourraient s'intensifier pour coïncider avec la prochaine visite du Pape à Barcelone. L'accord prévoit également 5 000 postes de professeurs dans le secondaire, des concours annuels avec plus de 5 000 places et un plafond de 3 % pour les postes profilés dans les écoles.
- Le gouvernement signe un premier pacte de 2 milliards d'euros avec CCOO et UGT, provoquant la colère des autres syndicats.
- Une vague de grèves commence, totalisant finalement 23 jours de débrayages au cours de l'année scolaire.
- Les négociations s'enlisent après que le gouvernement a présenté une offre « finale » ; les syndicalistes organisent un sit-in nocturne au ministère de l'Éducation.
- Après une huitième session marathon, un pré-accord est conclu avec les principaux syndicats, ajoutant 50 € à la prime salariale.
- Les membres de l'USTEC votent sur la ratification ; la CGT fait campagne pour le rejet.
Parallèlement, un conflit distinct mais parallèle dans la Communauté valencienne reste non résolu. Trois syndicats majoritaires – STEPV, CCOO et UGT – ont organisé un sit-in au ministère régional de l'Éducation vendredi, exigeant une nouvelle proposition immédiate pour mettre fin à une grève illimitée qui a commencé le 11 mai. Le président valencien Juanfran Pérez Llorca a présenté un budget 2026 de 33,305 milliards d'euros, en hausse de 3,1 %, qui, selon lui, inclut les augmentations salariales et les investissements éducatifs que les syndicats ont jugés insuffisants. Une nouvelle session de négociation est prévue dimanche à 18h00.

