
Les États-Unis et l'Iran signent un protocole de paix, des péages dans le détroit d'Ormuz après un délai de 60 jours
Les présidents des États-Unis et de l'Iran ont signé à distance mercredi le mémorandum d'Islamabad, mettant fin à des mois de guerre et s'engageant à diluer l'uranium enrichi iranien, tandis que Téhéran insiste sur le fait qu'il imposera des péages au transport maritime dans le détroit d'Ormuz après une période de grâce de 60 jours.
La signature à distance
Mercredi soir 17 juin, les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance le « mémorandum d'Islamabad », finalisant le protocole qui engage Téhéran à diluer son uranium enrichi lors de futures négociations, tandis que Washington accepte de lever les sanctions économiques. La cérémonie virtuelle a remplacé un projet antérieur de rencontre en personne à Genève vendredi. La Maison-Blanche a salué l'accord comme une « victoire majeure » sur le programme nucléaire iranien, bien que des controverses persistent sur les incitations financières offertes pour mettre fin à la guerre de plusieurs mois qui a commencé fin février.
L'engagement nucléaire de l'Iran et la levée des sanctions
Le cœur du protocole est l'obligation pour l'Iran de diluer son stock d'uranium enrichi dans le cadre d'un processus de négociation plus large, en échange de la levée des sanctions américaines. Le texte, dévoilé par les deux parties mercredi, esquisse un cadre mais laisse les détails de l'accord final contraignant aux négociations ultérieures. La Maison-Blanche présente cela comme un recul significatif des avancées nucléaires iraniennes, tandis que Téhéran insiste sur le fait que l'accord préserve ses droits en vertu du droit international.
Le contrôle du détroit d'Ormuz
Un point de tension aigu est le statut de cette voie navigable stratégique. Selon le protocole, l'Iran « fera de son mieux pour assurer le passage sûr des navires commerciaux sans frais pendant 60 jours seulement ». Après cette période de grâce, l'Iran imposera des frais de service à tous les navires. Mohammad Bagher Ghalibaf, le négociateur en chef iranien, a déclaré sans ambages dans une interview télévisée d'État :
Le détroit ne reviendra pas à la situation d'avant-guerre. L'Iran a la souveraineté sur Ormuz et, bien sûr, nous percevrons un péage pour ces services.
La fermeture du détroit depuis février a étranglé le commerce mondial et les approvisionnements énergétiques ; l'imposition de péages promet de remodeler l'économie maritime même après une réouverture complète.
- L'Iran ferme le détroit d'Ormuz, déclenchant une crise énergétique mondiale
- Trois pétroliers iraniens quittent le port de Chabahar, reprenant les exportations de pétrole vers l'Asie
- Les présidents américain et iranien signent le protocole d'Islamabad à distance
- Début de la période de libre passage de 60 jours pour les navires commerciaux dans le détroit
- L'Iran commence à percevoir des péages sur les navires transitant par le détroit
Reprise des exportations pétrolières et fluctuations du marché
Avant même que l'encre ne soit sèche, trois pétroliers iraniens ont quitté le port de Chabahar cette semaine, à destination des marchés asiatiques, signalant la volonté de Téhéran de reprendre les ventes de brut. Parallèlement, les prix du pétrole ont brièvement bondi de 5 % mercredi, les traders évaluant les implications de l'accord et l'incertitude quant au futur régime de péage du détroit. La réouverture devrait rétablir une partie de l'offre, mais le coût supplémentaire des frais iraniens pourrait maintenir une prime de risque dans les indices de référence mondiaux du pétrole.
La France intervient pour déminer les eaux
La France a annoncé qu'elle était prête à commencer le déminage du détroit d'Ormuz, la première mesure concrète vers une navigation sûre. Paris n'a toutefois pas encore vu le texte final du protocole États-Unis-Iran et note que le document « contient inévitablement sa part d'ambiguïté ». La mission de déminage, prélude à la réouverture commerciale complète, souligne l'enjeu de la communauté internationale dans cette voie navigable et la chorégraphie complexe nécessaire pour dénouer une guerre qui a secoué l'économie mondiale.

