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Diplomatie·-3 h

Trump annonce un accord avec l'Iran pour rouvrir le détroit, mais le texte reste secret et les versions divergent

Le président Trump a annoncé dimanche un accord préliminaire avec l'Iran, affirmant qu'il permettrait de rouvrir durablement le détroit d'Ormuz et d'écarter la menace nucléaire iranienne. Toutefois, le texte n'a pas été rendu public, Téhéran présente une version contradictoire des concessions, et les services de renseignement américains doutent des intentions iraniennes.

Une annonce d'anniversaire entourée de secret

Le jour de son 80e anniversaire, le président Trump a annoncé un accord avec l'Iran, un mémorandum d'entente en 14 points qu'il a déclaré « signé ». Le pacte vise à prolonger le cessez-le-feu qui a mis fin à plus de trois mois de conflit et à rouvrir le détroit d'Ormuz, fermé par l'Iran après le début des hostilités. Lundi soir, le texte complet n'avait toujours pas été rendu public, les autorités promettant une publication sous 24 à 48 heures. Ce délai a alimenté les soupçons au sein de la classe politique, laissant alliés, analystes et certains conseillers de Trump s'interroger sur la teneur réelle de l'accord.

Détroit d'Ormuz : un soulagement immédiat encore en attente

Trump a affirmé que le détroit serait « sans péage de manière permanente » et que les navires circulaient déjà, mais les autorités maritimes ont nuancé ces propos. Le Joint Maritime Information Center, géré par la marine américaine, a averti que le blocus des ports iraniens par les États-Unis restait en vigueur jusqu'à la signature formelle prévue le vendredi 19 juin, et que le niveau de menace dans le détroit restait « SÉVÈRE ». Des responsables de l'administration ont précisé plus tard que 25 navires passaient quotidiennement et que l'objectif était d'atteindre 50 « assez rapidement », tout en reconnaissant que les mines devaient être déminées avant une réouverture totale. Le vice-président Vance a indiqué que les questions non résolues, comme l'éventuelle perception de « frais » par l'Iran, feraient l'objet de négociations techniques.

L'accord est signé. Le détroit d'Ormuz sera totalement ouvert d'ici vendredi.

Ambitions nucléaires : aucune restriction concrète pour l'instant

Le mémorandum ne prévoit le démantèlement d'aucune infrastructure nucléaire iranienne. Selon les deux parties, l'Iran s'est engagé à « ne pas produire d'armes nucléaires », mais le sort de l'uranium enrichi, des stocks de centrifugeuses et des droits d'inspection est renvoyé à une période de négociation de 60 jours. La Maison-Blanche affirme que l'accord final devra respecter « toutes les lignes rouges ». L'exigence de Trump d'un enrichissement zéro par l'Iran ne figure pas dans le texte préliminaire ; un haut responsable américain a présenté la situation sous condition : « Plus les Iraniens seront disposés à collaborer avec nous sur leur programme nucléaire, sur la vérification de l'absence de construction d'une arme nucléaire, et sur l'arrêt du financement du radicalisme et du terrorisme dans la région, plus ils seront intégrés à l'économie mondiale grâce à une combinaison d'allègement des sanctions et d'autres mesures économiques. »

Récits contradictoires et scepticisme interne

Les récits divergents ont conduit à des contradictions directes. Les responsables américains insistent sur le fait qu'« aucun » actif n'a été dégelé, tandis que les médias d'État iraniens affirment qu'au moins 12 milliards de dollars de fonds gelés seront libérés et que les sanctions pétrolières seront suspendues avant même le début des négociations. Ali Vaez, de l'International Crisis Group, qualifie cela de stratégie délibérée : « Les récits de victoire des deux côtés sont incompatibles avec leurs publics nationaux, donc par définition, ils doivent présenter l'accord de manière à ce qu'il semble qu'ils parlent d'accords différents. »

Les récits de victoire des deux côtés sont incompatibles avec leurs publics nationaux, donc par définition, ils doivent présenter l'accord de manière à ce qu'il semble qu'ils parlent d'accords différents.

Le renseignement renforce ce scepticisme. Selon deux sources, le directeur de la CIA John Ratcliffe et le secrétaire d'État Marco Rubio ont indiqué à leurs collègues que les renseignements américains suggèrent que les intentions iraniennes ne sont « pas conformes à leurs engagements ». Le vice-président Vance, l'émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner ont défendu l'accord, illustrant les divisions internes que Trump doit gérer à l'aube de 60 jours de négociations cruciales.

Jalons clés de l'accord de Trump avec l'Iran
  1. Les États-Unis et Israël lancent des frappes militaires contre l'Iran
  2. Trump prédit une victoire rapide, affirmant que la guerre sera « terminée assez rapidement »
  3. Le vice-président Vance est attendu pour négocier à Islamabad mais ne s'y rend pas
  4. Mémorandum signé électroniquement pour le 80e anniversaire de Trump, prolongation du cessez-le-feu convenue
  5. Cérémonie de signature formelle prévue à Genève ; réouverture attendue du détroit d'Ormuz

Genève et la longue route à parcourir

Une cérémonie de signature formelle est prévue vendredi à Genève, où Vance, Witkoff et Kushner rencontreront le président du Parlement iranien Mohammad-Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, ainsi que des médiateurs pakistanais et qataris. Le compte à rebours de deux mois commencera, l'allègement des sanctions et les incitations économiques étant conditionnés aux résultats obtenus par l'Iran. Mais comme l'ont montré les deux années de pourparlers sous l'administration Obama, même un cadre préliminaire laisse d'énormes lacunes. Pour l'heure, la guerre est en pause, les compagnies maritimes attendent des garanties plus claires, et le Moyen-Orient observe un accord fondé davantage sur l'espoir que sur le texte.

Washington · Téhéran · Genève

8 sources

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