
La France et l'Allemagne trouvent un accord sur le fabricant de chars KNDS, ouvrant la voie à une introduction en Bourse conjointe et à des participations égales
Paris et Berlin ont annoncé un accord sur la gouvernance et l'actionnariat à parts égales du groupe de défense franco-allemand KNDS, levant les obstacles à une double cotation en Bourse plus tard cette année.
Accord de gouvernance
Après de longues négociations, la France et l'Allemagne ont annoncé lundi un accord sur la gouvernance conjointe de KNDS, le fabricant basé à Amsterdam des chars de combat Leopard 2 et Leclerc. Selon l'accord, les deux États visent à devenir co-actionnaires avec des participations égales de 40 % chacun, d'après une déclaration conjointe publiée par la présidence française et le gouvernement allemand. L'accord met fin à des mois de querelles sur l'avenir de l'entreprise, après l'engagement pris en mai par Berlin d'acquérir une participation de 40 % lors de l'introduction en Bourse de KNDS.
Le groupe est actuellement détenu à 50 % par l'État français via une société holding, les 50 % restants étant aux mains de la famille allemande Wegmann, fondatrice de Krauss-Maffei Wegmann. Les propriétaires familiaux ont accepté de vendre une participation de 40 % au gouvernement allemand, a rapporté Bloomberg le 21 juin, citant des sources proches du dossier.
Cet accord reflète la détermination commune de la France et de l'Allemagne à renforcer les capacités industrielles et de défense de l'Europe, à soutenir leurs forces armées et à renforcer la souveraineté européenne de manière durable.
Introduction en Bourse et valorisation
KNDS devrait désormais lancer une double cotation sur les marchés boursiers de Francfort et de Paris, dans ce que les analystes considèrent comme l'une des introductions en Bourse les plus attendues de l'année en Europe. L'accord valoriserait le groupe entre 15 et 18 milliards d'euros (17,20 à 20,64 milliards de dollars), selon le prix de l'action quelques semaines après le début des transactions, d'après le rapport de Bloomberg. Le PDG de l'entreprise, Jean-Paul Alary, a déclaré que l'accord confirmait le rôle stratégique de KNDS dans la capacité de défense et la souveraineté technologique de l'Europe.
- Bloomberg rapporte que la famille Wegmann accepte de vendre une participation de 40 % au gouvernement allemand.
- La France et l'Allemagne annoncent un accord de gouvernance conjointe et de parts égales pour KNDS.
- La commission budgétaire du Bundestag doit voter sur l'acquisition de parts par le gouvernement.
- La double cotation sur les bourses de Francfort et de Paris devrait être finalisée.
Après l'échec de l'avion de combat
L'accord intervient quelques semaines seulement après l'effondrement du programme FCAS, un projet franco-allemand visant à construire un avion de combat de nouvelle génération, que plusieurs commentateurs ont décrit comme un revers sévère pour les projets de défense conjoints. L'accord de lundi sur KNDS est donc perçu comme un signal positif indiquant que Paris et Berlin peuvent encore coopérer sur des projets industriels phares.
Des responsables français et allemands ont présenté cette étape comme essentielle pour renforcer l'autonomie de défense de l'Europe face à une Russie de plus en plus affirmée et aux incertitudes quant aux engagements de sécurité des États-Unis. L'armée tchèque, par exemple, a testé plusieurs chars Leopard sur ses autoroutes la semaine dernière, soulignant la volonté de la région de moderniser ses forces.
Avec la participation de 40 % du gouvernement fédéral dans KNDS, nous sécurisons des technologies clés, la création de valeur industrielle et des emplois en Allemagne.
Ce que construit KNDS
KNDS a été créé en 2015 par la fusion de l'allemand Krauss-Maffei Wegmann et du français Nexter. Son portefeuille comprend le char de combat principal Leopard 2, le char Leclerc, le véhicule de combat d'infanterie Puma, les transports de troupes blindés Boxer et Dingo, et l'obusier automoteur Panzerhaubitze 2000. L'entreprise exploite 34 sites dans le monde, dont 11 en Allemagne (Hambourg, Remscheid, Mülheim an der Ruhr, Ebeleben) et 10 en France.
Cet accord confirme l'importance stratégique de KNDS pour la capacité de défense, la base industrielle et la souveraineté technologique de l'Europe.
Prochaines étapes
La commission budgétaire du Bundestag doit voter mercredi (24 juin) sur le plan d'acquisition de parts du gouvernement. Des responsables allemands ont indiqué que Berlin pourrait réduire sa participation par la suite, mais aucun calendrier n'a été donné. Une fois l'approbation parlementaire obtenue, la double cotation devrait être finalisée d'ici la fin de l'année.


