
La Suisse et la Chine concluent des négociations pour éliminer les droits de douane sur 99,8 % des exportations suisses
Les négociateurs à Berne ont achevé cinq cycles de discussions jeudi, acceptant d'élargir leur pacte de libre-échange de 2014 et d'économiser environ 244 millions de francs par an pour les exportateurs suisses.
Accord conclu à Berne
La Suisse et la Chine ont conclu des négociations jeudi 20 août 2026 pour moderniser et étendre leur accord bilatéral de libre-échange. Le président de la Confédération et ministre de l'Économie, Guy Parmelin, a rencontré le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, à Berne pour signer un protocole d'accord marquant la conclusion des pourparlers. Les négociations ont officiellement débuté en septembre 2024 et se sont achevées après cinq cycles de discussions. Le pacte actualisé s'appuie sur l'accord initial de 2014, qui était le premier accord de libre-échange de Pékin avec une économie d'Europe continentale.
- L'accord bilatéral initial de libre-échange entre en vigueur
- Les négociations sont officiellement lancées pour moderniser le pacte commercial
- Les ministres concluent les négociations après cinq cycles à Berne
- Signature prévue après achèvement de l'examen juridique
Allègement tarifaire et couverture sectorielle
L'accord révisé supprimera les droits de douane sur 99,8 % des exportations suisses vers la Chine sur des périodes de transition pluriannuelles, portant la part actuellement exonérée de droits d'environ la moitié de tous les envois. Les importations chinoises en Suisse sont déjà presque entièrement exonérées de droits en vertu de l'accord de 2014. Selon le Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche, la suppression des droits restants générera des économies potentielles d'environ 244 millions de francs suisses par an pour les exportateurs suisses. Le gouvernement suisse a détaillé le calendrier dans une déclaration officielle.
99,8 % des exportations suisses vers la Chine seront totalement exonérées de droits de douane à moyen terme.
Les secteurs industriels bénéficiant des conditions d'exonération comprennent l'horlogerie, les produits pharmaceutiques, la chimie et la construction de machines, dont la plupart ne bénéficient actuellement que de concessions douanières partielles. Dans l'agriculture, les droits de douane sur le fromage suisse et le café torréfié seront supprimés après une période de transition de 10 ans. Les produits tels que le chocolat, les préparations pour nourrissons, le vin et la viande séchée sont déjà vendus en Chine sans droits de douane. Les produits agricoles suisses sensibles, notamment les fruits frais, les légumes et les jus, verront des réductions tarifaires appliquées dans le cadre des contingents de l'Organisation mondiale du commerce et des contraintes saisonnières, tandis que les intérêts d'exportation chinois, y compris les aliments pour animaux de compagnie et les graines de tournesol, ont également été pris en compte.
Commerce bilatéral et contexte mondial
La Chine est le troisième partenaire commercial de la Suisse au niveau mondial, représentant 9 % des exportations suisses, derrière l'Union européenne et les États-Unis. Les échanges entre les deux pays ont augmenté au cours de la dernière décennie, passant de 31,7 milliards de francs suisses en 2015 à 51,2 milliards de francs en 2025. Le volume bilatéral a atteint 46 milliards de francs (soit 57,6 milliards de dollars) jusqu'en août 2026. Le gouvernement suisse a cherché à améliorer l'accès au marché pour diversifier les destinations d'exportation après que les différends tarifaires impliquant les États-Unis ont accru l'importance des marchés secondaires. La politique commerciale suisse au sens large a également progressé par l'intermédiaire de l'Association européenne de libre-échange, qui a conclu des accords avec l'Inde en 2024 et avec les États membres du Mercosur l'année dernière.
- 2015
- 31.7 milliards de CHF
- 2025
- 51.2 milliards de CHF
Portée et feuille de route d'approbation nationale
Au-delà des réductions tarifaires sur les biens physiques, le texte modernisé intègre des chapitres élargis sur le commerce des services, le commerce numérique, la politique de concurrence, l'accès aux investissements, les règles d'origine et la coopération économique et technique. Les dispositions actualisées établissent également des engagements contraignants concernant la protection de l'environnement et les droits du travail. Après l'achèvement de l'examen juridique formel dans les deux capitales, le pacte devrait être signé plus tard en 2026. L'accord fera ensuite l'objet de procédures de ratification nationales, qui en Suisse nécessitent l'approbation finale du Parlement fédéral.


