
Israël et le Liban signent un accord-cadre négocié par les États-Unis, le Hezbollah rejette les termes
Les ambassadeurs israélien et libanais ont signé vendredi à Washington un accord-cadre, premier pas vers la fin de l'état de guerre officiel entre les deux pays, qui remonte à 1948. Le Hezbollah, qui n'a pas participé aux pourparlers, a rejeté l'accord.
La cérémonie de signature
Les ambassadrices Nada Hamadeh Moawad du Liban et Jechiel Leiter d'Israël ont signé l'accord en présence du secrétaire d'État américain Marco Rubio, qui a également signé au nom des États-Unis. La cérémonie a conclu le cinquième cycle de pourparlers directs entamés à Washington à la mi-avril, les premières négociations de ce type entre les deux voisins depuis des décennies. Israël et le Liban n'ont pas de relations diplomatiques officielles et restent officiellement en guerre depuis 1948. Rubio a décrit l'accord comme une première étape vers une paix permanente.
Nous sommes heureux d'annoncer un accord-cadre entre le gouvernement souverain du Liban et, bien sûr, le gouvernement d'Israël.
Les États-Unis ont joué le rôle de médiateur dans les pourparlers et continueront de soutenir le processus. L'accord-cadre vise à jeter les bases d'un règlement durable, bien qu'aucune des deux parties n'ait divulgué les détails des termes vendredi.
Points de blocage et cessez-le-feu fragile
Israël exige le désarmement complet du Hezbollah comme condition au retrait de ses forces du sud du Liban. Un porte-parole du gouvernement a déclaré jeudi que les troupes israéliennes resteraient dans la zone tant que la milice soutenue par l'Iran représenterait une menace. Le Liban, de son côté, exige un retrait israélien complet de ce qu'il considère comme un territoire occupé, y compris une zone de sécurité qui couvre environ 6 % du territoire libanais. Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 19 juin et a été largement respecté après plusieurs tentatives infructueuses, bien qu'il reste fragile. Jeudi soir, l'armée israélienne a déclaré avoir « éliminé » six membres du Hezbollah lors de deux incidents dans la zone de sécurité.
L'opposition du Hezbollah
Le Hezbollah, qui n'a pas participé aux pourparlers de Washington, a rejeté l'accord et toute normalisation avec Israël. Dans un discours télévisé marquant l'Achoura, le chef chiite Naïm Qassem a insisté sur le fait qu'Israël n'avait d'autre choix que de se retirer sans condition.
Israël n'a d'autre choix que de se retirer complètement de chaque centimètre de notre terre libanaise. Israël doit partir sans condition.
Qassem a également présenté l'accord-cadre séparé entre les États-Unis et l'Iran de la mi-juin comme une défaite pour les États-Unis et Israël. Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en tirant des roquettes sur Israël après la mort du guide suprême iranien le 28 février lors de frappes américano-israéliennes. Depuis lors, les autorités libanaises tentent de maintenir leur propre voie de négociation distincte des pourparlers plus larges sur la guerre avec l'Iran.
Le rôle de Washington et les prochaines étapes
L'accord-cadre négocié par les États-Unis s'inscrit dans le cadre d'une initiative diplomatique plus large qui a également abouti à un accord-cadre avec l'Iran. L'arrangement entre le Liban et Israël vise à consolider le cessez-le-feu existant et à construire un accord de paix complet. Bien qu'aucun calendrier n'ait été annoncé, Rubio a déclaré que les deux nations « méritent » une paix durable. La prochaine phase permettra de déterminer si le rejet du Hezbollah et la présence militaire continue dans le sud peuvent être conciliés avec une voie diplomatique.
- Des frappes américano-israéliennes tuent le guide suprême iranien ; le Hezbollah promet des représailles.
- Le Hezbollah tire des roquettes sur le nord d'Israël, entraînant le Liban dans la guerre.
- Une première trêve entre Israël et le Liban est annoncée mais ne parvient pas à arrêter les combats.
- Un nouveau cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah est largement respecté.
- L'armée israélienne déclare avoir tué six membres du Hezbollah dans le sud du Liban.
- Israël et le Liban signent un accord-cadre négocié par les États-Unis à Washington.

