
Israël et le Liban signent un accord-cadre de paix mais le Hezbollah le rejette immédiatement et une nouvelle frappe aérienne frappe le sud
Un accord-cadre en 14 points signé à Washington vise à mettre fin à des décennies de conflit entre Israël et le Liban, mais le rejet immédiat du Hezbollah et une nouvelle frappe aérienne israélienne samedi soulignent la fragilité de la voie à suivre.
L'accord-cadre
Israël et le Liban ont signé un accord-cadre en 14 points à Washington vendredi 26 juin, après des négociations menées par les États-Unis. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio l'a qualifié de « début du début » d'une voie vers une paix permanente. Le texte affirme le droit de chaque État de vivre en paix et un désir mutuel de sécurité en tant que pays souverains voisins.
L'accord engage le Liban et Israël à « cesser toute action hostile ou négative dans les forums politiques ou juridiques internationaux » (article 13), à libérer les prisonniers et à restituer les corps, et – surtout – au désarmement vérifié des groupes armés non étatiques et à l'élimination des infrastructures connexes. Le Hezbollah, soutenu par l'Iran, est désigné comme la cible principale. Le désarmement est lié à un retrait progressif des forces israéliennes du territoire libanais. L'armée libanaise rétablirait une souveraineté effective, d'abord dans deux zones pilotes où la reconstruction commencerait et où les civils retourneraient sous le contrôle exclusif de l'État. Un groupe de coordination militaire soutenu par les États-Unis supervisera la mise en œuvre.
C'est le début du début.
La réponse du Hezbollah
Le chef du Hezbollah, Naim Qassem, a rejeté l'accord samedi, le qualifiant de « nul et non avenu », d'« erreur grave » et d'« abandon de souveraineté ». Il a accusé le gouvernement de Beyrouth de légitimer l'« occupation » israélienne. La déclaration de Qassem est intervenue quelques heures après que des partisans de la milice chiite ont manifesté dans la capitale libanaise.
L'accord-cadre de Washington est humiliant, honteux et représente un abandon de souveraineté.
Le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, est allé plus loin, avertissant que le gouvernement libanais ne pourrait appliquer l'accord que s'il « s'engage dans une guerre civile » avec le soutien des États-Unis. Le groupe n'est pas partie à l'accord et on ne sait pas s'il retirera ses combattants du sud du fleuve Litani comme exigé.
Préoccupations juridiques
Des experts juridiques ont averti que l'article 13 pourrait empêcher les victimes de crimes de guerre israéliens de demander des comptes. Selon Farouk al-Moghrabi, ancien conseiller du ministère des droits de l'homme, cela pourrait empêcher le Liban d'accorder la compétence à la Cour pénale internationale ou même de soutenir une mission d'enquête de l'ONU.
Cela tuera tout espoir d'accorder la compétence à la CPI, même tout espoir d'une mission d'enquête de l'ONU.
Nizar Saghieh, directeur de l'ONG libanaise Legal Agenda, a déclaré que le gouvernement « normalise le crime et renonce à ses droits de garantir toute enquête ou poursuite de ces crimes, ou même d'aider la victime dans sa quête de justice ».
La violence continue
Un jour après la signature, l'armée israélienne a mené une frappe aérienne sur la région de Nabatiyeh dans le sud du Liban. Une porte-parole de l'armée a déclaré que la cible était des « suspects terroristes » qui avaient menacé des soldats israéliens. La frappe souligne à quel point la situation sur le terrain reste inchangée. Depuis que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël le 8 octobre 2023 « en solidarité » avec le Hamas, les frappes israéliennes ont tué plus de 8 000 personnes au Liban ; des dizaines de soldats israéliens et au moins 49 civils sont morts dans des attaques du Hezbollah. Un cessez-le-feu négocié par les États-Unis signé le 16 avril 2026 n'a guère arrêté les tirs transfrontaliers.
L'accord avec l'Iran sous pression
La reprise des violences complique également l'architecture de paix plus large entre les États-Unis et l'Iran. Téhéran a accusé Washington d'une « violation flagrante » après les récentes frappes américaines sur ses installations de défense dans le sud. Washington craint que les tensions persistantes entre Israël et le Hezbollah ne compromettent l'accord plus large avec l'Iran qui prévoit la fin des hostilités « sur tous les fronts », y compris le Liban.
- Le Hezbollah lance des roquettes sur Israël « en solidarité » avec le Hamas, déclenchant des invasions israéliennes du sud du Liban et des bombardements massifs.
- Un cessez-le-feu négocié par les États-Unis est signé entre Israël et le Hezbollah, mais les affrontements transfrontaliers se poursuivent.
- Israël et le Liban signent un accord-cadre en 14 points à Washington, sous médiation des États-Unis.
- Le chef du Hezbollah, Naim Qassem, rejette l'accord comme nul et non avenu ; Israël mène une frappe aérienne dans le sud du Liban.


