Abbas reporte les élections législatives palestiniennes à septembre 2027, premier scrutin depuis 2006
Le décret reporte le scrutin législatif prévu le 28 novembre 2026 au 11 septembre 2027, le même jour qu'une présidentielle. Des responsables palestiniens invoquent les restrictions israéliennes et la situation à Gaza et à Jérusalem-Est.
Le décret fixe de nouvelles dates
Le président palestinien Mahmoud Abbas a reporté les élections législatives prévues le 28 novembre 2026 au 11 septembre 2027, et a convoqué une présidentielle pour le même jour. Le décret, rapporté par l'agence de presse officielle palestinienne WAFA, a été publié samedi 10 octobre, après une réunion le matin même d'un comité de hauts responsables palestiniens consacrée au report. La présidentielle était attendue pour début 2027, un calendrier qu'Abbas avait fixé par décret en juin. Le décret appelle les Palestiniens de Jérusalem, de Cisjordanie et de Gaza à voter à la nouvelle date, et indique que le report était nécessaire pour établir des conditions politiques, sécuritaires et de terrain propices à des élections « libres, équitables et inclusives ». Abbas avait réaffirmé le calendrier de novembre dans son discours du 24 septembre devant l'Assemblée générale de l'ONU.
- Abbas remporte l'élection présidentielle
- Dernière élection législative ; le Hamas remporte 74 des 132 sièges
- Le Hamas prend le contrôle exclusif de Gaza après des combats avec le Fatah
- Fin du mandat présidentiel régulier de quatre ans d'Abbas
- Un tribunal ordonne la dissolution du Conseil législatif palestinien
- Un décret d'Abbas fixe la présidentielle à début 2027
- Abbas réaffirme le calendrier de novembre devant l'Assemblée générale de l'ONU
- Les dirigeants du Fatah et du Hamas s'accordent au Caire sur le report des élections
- Le ministre israélien des Affaires étrangères accuse Abbas de tromper la communauté internationale
- Un décret reporte les élections législatives au 11 septembre 2027
Les mesures israéliennes en Cisjordanie
Le décret impute les difficultés de préparation aux attaques militaires israéliennes, à l'expansion des colonies, à la violence des colons et aux restrictions de circulation en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. Il cite également le maintien par Israël du blocage des recettes fiscales palestiniennes. Le Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine, que préside Abbas, a déclaré que les conditions à Jérusalem-Est occupée, en Cisjordanie et à Gaza ne permettaient pas la tenue des élections. Israël n'a pas autorisé l'entrée à Gaza du matériel électoral ni des observateurs internationaux, selon le comité. Les restrictions israéliennes à l'accès des agents de la commission électorale et des observateurs à Gaza et à Jérusalem-Est ont encore compliqué les préparatifs, selon le décret.
La situation à Gaza et une logistique bloquée
Pour Gaza, le décret invoque des conditions sécuritaires et humanitaires exceptionnelles, le retrait incomplet des forces israéliennes, l'absence de progrès sur la reconstruction et la non-application des dispositions prévoyant le déploiement d'une force internationale de stabilisation et de policiers. WAFA a rapporté que l'absence de progrès sur la force de stabilisation avait également pesé dans la décision. Les autorités palestiniennes avaient indiqué plus tôt cette semaine qu'Israël refusait à leurs responsables électoraux l'accès à Jérusalem-Est et à la bande de Gaza. Les principaux groupes politiques n'avaient pas encore enregistré leurs listes électorales, et les questions logistiques du vote à Gaza et à Jérusalem-Est restaient en suspens.
Discussions entre factions au Caire
Deux responsables palestiniens ont déclaré jeudi à Reuters que les dirigeants du Fatah et du Hamas s'étaient accordés lors d'une réunion au Caire mercredi sur le report des élections. Une source a déclaré jeudi à l'AFP que les factions palestiniennes, dont le Fatah, s'étaient entendues pour tenir un dialogue national avant le scrutin législatif et souhaitaient son report. Le décret indique que la décision fait suite à des consultations avec les factions et les forces politiques palestiniennes, et que le délai permettrait un dialogue national palestinien global. Au sein du Fatah, Dimitri Diliani, porte-parole de sa faction démocratique réformiste, a déclaré que le report prolongeait le pouvoir autocratique d'Abbas. Il a accusé l'Union européenne de porter la responsabilité politique de ce pouvoir.
Contexte et réactions
La dernière élection législative a eu lieu le 25 janvier 2006, le Hamas ayant remporté 74 des 132 sièges du Conseil législatif palestinien. Le Hamas a pris le contrôle exclusif de Gaza un an plus tard après des combats avec le Fatah, et le Parlement a été largement incapable de fonctionner avant qu'un tribunal n'ordonne sa dissolution fin 2018. Abbas a remporté la présidentielle le 9 janvier 2005, et son mandat régulier de quatre ans a pris fin en 2009. Vendredi, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a accusé Abbas de « tromper la communauté internationale » en prévoyant d'annuler les élections promises. Le report laisse les dirigeants palestiniens en place sans opposition et menace d'éroder davantage la crédibilité de l'Autorité palestinienne auprès des Palestiniens et des donateurs qui la financent.

