La marine allemande lance ce lundi 13 avril 2026 un exercice de sécurité maritime de deux semaines visant à sécuriser les infrastructures critiques en mer Baltique. Cette opération, menée avec des partenaires industriels et scientifiques, intervient dans un contexte de surveillance accrue des installations sous-marines.
Opération de surveillance
La marine allemande déploie 250 experts pour tester la sécurisation des câbles et pipelines sous-marins en mer Baltique.
Réponse au sabotage
L'exercice simule des attaques contre des infrastructures critiques, suite à l'incident majeur de Nord Stream en 2022.
Innovation technologique
Utilisation de drones autonomes et collaboration avec Thyssenkrupp et l'Institut Fraunhofer pour la détection précoce des menaces.
La marine allemande débutera le lundi 13 avril 2026 un exercice de sécurité maritime de deux semaines, s'entraînant aux côtés de partenaires industriels et scientifiques pour protéger les infrastructures critiques en mer Baltique. Baptisé « Forschungsfahrt 2024 » (Mission de recherche 2024), cet exercice doit se poursuivre jusqu'au 24 avril. Il mobilisera environ 250 (personnes issues des milieux militaire, industriel et de la recherche) — personnels issus de la Marine, de Thyssenkrupp Marine Systems et de l'Institut Fraunhofer. La Marine déploiera des corvettes et des unités de lutte contre les mines dans plusieurs zones d'entraînement, notamment la baie de Mecklembourg, la baie d'Eckernförde et le Fehmarn Belt. L'exercice est organisé sous l'égide de l' initiative SeaSEC, créée fin 2023 par les ministères de la Défense de six États côtiers de la mer Baltique et de la mer du Nord. Le sabotage de Nord Stream impose une protection sous-marine urgenteCet exercice répond directement à la dégradation de l'environnement sécuritaire dans la région de la Baltique, marquée par le sabotage des gazoducs Nord Stream et plusieurs dommages causés à des câbles sous-marins. Les scénarios d'entraînement simuleront des attaques contre un câble sous-marin et une plateforme de conversion offshore, tandis que la protection d'un port sera mise en pratique à Warnemünde. Les organisateurs ont précisé qu'un objectif central est la consolidation et l'utilisation de données pour établir une image situationnelle complète, tant en surface qu'en profondeur. Des systèmes de drones autonomes et semi-autonomes — aériens et sous-marins — seront testés afin de détecter les menaces de manière précoce. L'Office des voies navigables et de la navigation de la mer Baltique a émis un avis aux navigateurs les prévenant de la présence attendue de nombreux véhicules de surface et sous-marins, dont certains opèrent de manière autonome, dans les zones désignées.Les gazoducs Nord Stream, qui transportaient du gaz naturel de la Russie vers l'Allemagne sous la mer Baltique, ont été sabotés en septembre 2022, un incident qui a attiré l'attention internationale sur la vulnérabilité des infrastructures sous-marines. Suite à ces attaques, l'OTAN a établi une cellule de coordination pour les infrastructures maritimes critiques à son siège de Bruxelles en février 2023. Un centre dédié a ensuite été créé par l'OTAN à Northwood, près de Londres, en mai 2023. Ces incidents ont accéléré les efforts des États côtiers de la Baltique et de la mer du Nord pour développer des cadres conjoints de surveillance et de défense des câbles, pipelines et plateformes énergétiques offshore. Le Digital Ocean Lab près de Rostock comme zone de test en conditions réellesUne partie de l'exercice se déroulera au Digital Ocean Lab, une zone située au large de Nienhagen, près de Rostock, où les nouvelles technologies maritimes sont testées et où une plateforme de recherche jaune est visible à la surface. L'Institut des technologies océaniques de Rostock est présenté par SeaSEC comme un acteur majeur de l'exercice. Selon des rapports précédents, le Digital Ocean Lab est également répertorié comme terrain d'essai par l' OTAN. La zone d'exercice couvre ainsi des secteurs de haute mer et un environnement de recherche dédié, permettant aux participants de tester les technologies en conditions réelles à proximité des infrastructures scientifiques établies. Une journée de l'industrie pour présenter les résultats techniques jeudiUne « Journée de l'industrie » est prévue le jeudi 17 avril, au cours de laquelle les résultats des tests techniques menés pendant l'exercice seront présentés aux participants et aux observateurs. Le personnel militaire collaborera avec des représentants d'entreprises telles que Thyssenkrupp Marine Systems et des institutions de recherche comme l'Institut Fraunhofer tout au long de cette période de deux semaines. L'exercice illustre une tendance croissante au sein des instances de défense européennes visant à intégrer l'expertise du secteur privé et les systèmes autonomes dans les cadres de sécurité maritime. L'initiative SeaSEC, qui entre dans sa troisième année d'existence, constitue l'un des efforts multinationaux les plus structurés pour répondre à la protection des infrastructures sous-marines critiques dans les eaux d'Europe du Nord.
Sources: 4 articles
- Sicherheit auf See: Marine und Industrie üben Schutz kritischer Infrastruktur (ZEIT ONLINE)
- Marine und Industrie üben Schutz kritischer Infrastruktur - WELT (DIE WELT)
- Marine und Industrie üben Schutz kritischer Infrastruktur (Süddeutsche Zeitung)
- Marine und Industrie üben Schutz kritischer Infrastruktur (stern.de)