Une commission d’experts a présenté lundi un plan en 66 points pour réformer l’assurance maladie obligatoire en Allemagne. Le document, remis à Berlin à la ministre fédérale de la Santé Nina Warken, estime que sans intervention le déficit entre les recettes et les dépenses des caisses pourrait atteindre 40,4 milliards d’euros d’ici à 2030. Les propositions portent sur un volume financier potentiel allant jusqu’à 42 milliards d’euros dès l’an prochain.

Un déficit qui pourrait encore s’aggraver

La commission estime que l’écart entre recettes et dépenses du GKV pourrait atteindre 40,4 milliards d’euros d’ici à 2030 sans mesures correctrices.

Les prestataires et les assurés mis à contribution

Les cabinets, les hôpitaux, les industriels, les patients et certaines familles sont au cœur du plan d’économies et de recettes.

Une réforme encore à arbitrer politiquement

Nina Warken veut s’appuyer sur ce rapport pour préparer un texte susceptible d’être soumis au cabinet en juillet 2026.

Une commission d’experts composée de dix membres a présenté lundi un plan en 66 points pour réformer le système allemand d’assurance maladie obligatoire, en avertissant que sans intervention le déficit de financement entre les recettes et les dépenses des assureurs publics pourrait atteindre 40.4 (billion euros) — déficit projeté du GKV d’ici à 2030 d’ici à 2030. La ministre fédérale de la Santé Nina Warken, du CDU, a reçu le rapport de 480 pages de la commission lors d’une conférence de presse à Berlin. Les propositions représentent un volume financier potentiel total pouvant aller jusqu’à 42 milliards d’euros pour la seule année prochaine, soit davantage que le déficit de 15 milliards d’euros déjà projeté pour 2027. La commission, présidée par l’économiste de la santé Wolfgang Greiner, de l’université de Bielefeld, s’est appuyée sur quelque 1 700 propositions soumises par des associations et des organisations de l’ensemble du secteur de la santé avant de les ramener à 66 recommandations.

„Je suis reconnaissante que la commission nous ait présenté une boîte à outils bien remplie, dans laquelle nous allons désormais choisir les meilleurs outils.” — Nina Warken via Deutsche Welle

Mme Warken a ajouté qu’il n’y aurait pas de réformes unilatérales faisant peser la charge sur les assurés et que les fondements d’un système de santé solidaire ne seraient pas remis en cause. Selon un résultat de recherche web, Mme Warken a déclaré que les propositions de la commission serviraient de base à une législation qui devait être approuvée par le cabinet en juillet.

Les médecins et les hôpitaux sont les premiers visés par les économies

La commission a identifié les prestataires de services — cabinets médicaux, hôpitaux et fabricants de médicaments — comme disposant du plus fort potentiel d’économies, à 19 (billion euros) — objectif d’économies pour les prestataires de soins et les fabricants. Le principe central de cet objectif est que la rémunération des prestataires ne doit pas augmenter plus vite que les recettes des assureurs. 12 milliards d’euros supplémentaires pourraient être dégagés si le gouvernement fédéral prenait entièrement en charge les coûts d’assurance des bénéficiaires du Bürgergeld, que la commission classe comme une prestation non liée à l’assurance et qui ne devrait pas peser sur les caisses obligatoires. Les patients eux-mêmes devraient contribuer jusqu’à 4,1 milliards d’euros, principalement par une hausse des tickets modérateurs pour les médicaments ajustée à l’inflation — la commission recommande de relever le plafond jusqu’à 15 euros, en notant que ces tickets modérateurs sont restés largement inchangés depuis 2004. Un complément de 4,8 milliards d’euros côté recettes viendrait de la suppression de la coassurance sans cotisation pour les conjoints sans emploi, une mesure qui toucherait environ 1,6 million de personnes, avec d’éventuelles exemptions pour les parents de jeunes enfants.

Prestataires de soins et fabricants : 19, Gouvernement fédéral (Bürgergeld et prestations non assurantielles) : 12, Tickets modérateurs des patients et mesures de recettes : 4,1, Suppression de la coassurance des conjoints : 4,8

Taxes sur le sucre et prélèvements sur le tabac complètent le dispositif

Au-delà des changements structurels apportés aux cotisations et aux rémunérations des prestataires, la commission a recommandé l’instauration d’une taxe progressive sur les boissons non alcoolisées sucrées et l’augmentation des taxes existantes sur le tabac et l’alcool, les recettes supplémentaires devant être affectées au GKV. La commission a également insisté sur l’importance de renforcer les soins fondés sur les données scientifiques et d’élargir les mesures de prévention. Wolfgang Greiner a présenté l’ensemble comme un instrument destiné à éviter que le principe de solidarité du système légal ne s’érode sous l’effet de la hausse des coûts.

„Les propositions ouvrent un large champ d’action politique pour la suite des travaux. En particulier, elles contribuent à garantir que les caisses d’assurance maladie ne dépensent pas plus qu’elles ne perçoivent et qu’ainsi la hausse des cotisations, et donc des charges supplémentaires pour les assurés et les employeurs, soit évitée.” — Wolfgang Greiner via Berliner Zeitung

Sans réforme, la commission a calculé qu’un salarié moyen devrait supporter en 2027 des cotisations supplémentaires d’environ 260 euros par an, montant qui atteindrait environ 680 euros d’ici à 2030, avec une charge additionnelle maximale de 1 440 euros par an en 2030.

Un système déjà parmi les plus coûteux au monde, avec une efficacité contestée

Le système de santé allemand est l’un des plus coûteux au monde et le plus cher de l’Union européenne, selon la Berliner Zeitung, avec une dépense totale quotidienne, tous payeurs confondus, proche de 1,4 milliard d’euros. Le seul GKV en représente la plus grande part, avec environ 1 milliard d’euros dépensés par jour. Des chiffres préliminaires du ministère fédéral de la Santé montrent qu’en 2025 le GKV a enregistré des dépenses de 352,4 milliards d’euros contre des recettes de 355,9 milliards d’euros — un excédent technique — mais les dépenses ont progressé de 7,8 % tandis que les recettes de cotisations n’ont augmenté que de 5,3 %, creusant l’écart structurel. Les soins hospitaliers ont représenté environ un tiers des dépenses totales du GKV, que le ministère a identifiés comme le principal moteur de la hausse des coûts, suivis par les médicaments à 17 % et les consultations médicales à 16 %. Le président de l’Association nationale des médecins conventionnés, Andreas Gassen, a déclaré avant la présentation qu’il jugeait l’objectif d’économies prévu irréaliste, estimant que les prestations non assurantielles devraient d’abord être retirées du catalogue de prise en charge du GKV.

L’Allemagne fonctionne avec un système d’assurance maladie à deux volets dans lequel les assureurs publics, le GKV, couvrent environ 90 % de la population et ont l’interdiction légale de refuser une couverture à un demandeur. Environ 10 % de la population disposent d’une assurance privée. Les cotisations sont réparties à parts égales entre les salariés et les employeurs et sont calculées en pourcentage du revenu brut, avec un taux général de 14,6 % complété par une cotisation additionnelle moyenne qui est montée à 2,9 % au début de 2026. Le système fait l’objet de critiques récurrentes selon lesquelles les incitations financières poussent les hôpitaux et les médecins vers des traitements coûteux ou inutiles, ce qui accroît les coûts sans gains de santé correspondants.

Principales étapes du processus de réforme du GKV: — ; — ; —

Mentioned People

  • Nina Warken — Federalna minister zdrowia w rządzie kanclerza Friedricha Merza od maja 2025 roku
  • Wolfgang Greiner — Ekonomista zdrowia i przewodniczący komisji ds. finansowania ochrony zdrowia

Sources: 22 articles